Yılmaz Güney

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Yılmaz Güney

Description de l'image  YILMAZ GUNEY--1-4-1937-9-9-1984 2013-05-15 05-34.jpg.
Naissance 1er avril 1937
Adana, Turquie
Nationalité Drapeau de la Turquie Turque
Décès 9 septembre 1984 (à 47 ans)
Paris, France
Films notables Yol, la permission

Yılmaz Güney (1er avril 1937 Adana, Turquie - 9 septembre 1984 à Paris, France) est un réalisateur, scénariste, metteur en scène, acteur et écrivain turc d'origine kurde[1],[2].

Il est célèbre pour ses nombreux films soulignant les mœurs et les conditions de vie du monde paysan kurde et du petit peuple des quartiers populaires restreints à des métiers précaires, pénibles et laborieux, puis forcés de se plier à l'oppression politique et au capitalisme affluant qui les annihilent inéluctablement. Ayant acquis une renommée mondiale et alors qu'il a encore un grand nombre de projets cinématographiques, Yilmaz Güney meurt d'un cancer de l'estomac, à l'âge de 47 ans.

Son film Yol (« la permission », littéralement « la route ») obtint la Palme d'or ex æquo au festival de Cannes en 1982.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un acteur populaire et un cinéaste doué[modifier | modifier le code]

Né dans une famille pauvre de sept enfants, Yilmaz réussit à suivre des études supérieures à Ankara puis à Istanbul. Pour vivre, il exerce plusieurs petits métiers puis débute par de petits rôles dans le cinéma. Ses talents de scénariste l'amènent bientôt à assister Atif Yilmaz de 1958 à 1961. Parallèlement il publie quelques nouvelles qui l'envoient 18 mois en prison pour « propagande communiste ». À sa sortie, il joue dans une quarantaine de films où ses rôles d'antihéros victimes d'injustices sociales le rendent très populaire auprès du public.

À partir de 1966, il se lance dans la réalisation avec Seyyit Han, Les loups ont faim et, surtout, L'Espoir (1970), sans doute son meilleur film. Dans chacun de ses films, les personnages de Güney se meuvent sur le terrain glissant des dures réalités quotidiennes : déshérités matériellement, ils n'ont pas non plus les moyens d'analyser leurs conditions d'existence dans le contexte social et politique nouveau d'un pays où les nantis font souvent la loi.

Le maître du cinéma turc engagé[modifier | modifier le code]

En 1971, Güney enchaîne pas moins de six films et le succès grandissant qu'il rencontre commence à inquiéter les autorités, irritées par la tonalité critique de son œuvre. Il est finalement arrêté en 1974 pour avoir hébergé des étudiants anarchistes et condamné à 2 ans de prison. Libéré peu après grâce à une amnistie générale, il tourne immédiatement un nouveau film L'Ami / Camarade qui traite du rôle et de la place des classes moyennes dans la vie politique turque. Il est une nouvelle fois arrêté et est condamné à 15 ans de prison pour avoir été mêlé à un meurtre.

En prison, le cinéaste continue d'écrire : il publie trois romans, des Lettres de prison et demande à son ami Zeki Ökten de réaliser sur ses indications plusieurs films dont il écrit le scénario. Après Sürü (Le troupeau) en 1978 et Düşman (L'Ennemi) en 1979, Güney, du fond de sa geôle obtient la consécration avec Yol, la permission en 1982. Ce film bouleversant sur l'histoire de cinq prisonniers en permission, remporte un immense succès international ainsi que la Palme d'or du Festival de Cannes. Peu après, Güney parvient à s'évader de prison et se réfugie en France où il termine son existence dans la clandestinité. Alors qu'il est caché en France, sous la menace d'une expulsion, il est interviewé par Wim Wenders pour Chambre 666.

En 1983, déchu de sa nationalité par le gouvernement turc, il signe sa dernière œuvre Duvar (Le Mur), un film sur les enfants prisonniers du pénitencier central d'Ankara.

Enterrement[modifier | modifier le code]

Güney est enterré à Paris dans le cimetière du Père-Lachaise division 62, aux côtés d'Ahmet Kaya. Lors de son enterrement, des milliers de personnes entonnent L'Internationale, ainsi que des chants révolutionnaires kurdes[3].

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1992 ses films sont autorisés en Turquie à condition de censurer les termes « kurde » et « Kurdistan ».

La levée d'interdiction de l'œuvre de Yilmaz Güney et de ses collaborateurs, a été officialisé par la projection, en 1995, de ses films majeurs au Festival du cinéma d'Ankara.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Films documentaires sur Yilmaz Güney[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur institutkurde.org.
  2. Voir sur universalis.fr.
  3. Profession producteur, Marin Karmitz, p. 95 (Hachette Littératures, 2003).

Liens externes[modifier | modifier le code]