Vase Médicis

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Le jeune Cosme III de Médicis dessinant le vase, gravure de Stefano Della Bella, 1656.
Le vase Médicis, copie de Jean Cornu (1683), parc de Versailles. Photo d'Eugène Atget.

Le vase Médicis est un cratère en cloche en marbre néo-attique généralement daté du milieu du Ier siècle av. J.-C.[1],[2] Il doit son nom à la famille Médicis qui en a été le propriétaire au XVIe siècle. Il est aujourd'hui exposé à la Galerie des Offices de Florence.

Historique[modifier | modifier le code]

Ni l'endroit exact où était situé le vase durant l'antiquité, ni le lieu de sa découverte n'est connu. Le vase apparaît en 1598 dans l'inventaire de la Villa Médicis à Rome sous le libellé « pilier de marbre racontant l'histoire d'Iphigénie »[3]. En 1780, il entre à la Galerie des Offices de Florence où il se trouve toujours, à l'exception d'un déplacement à Palerme de 1800 à 1803 pour échapper aux troupes françaises[3].

Avec le vase Borghèse, qui lui ressemble beaucoup à l'exception du thème iconographique, le vase Médicis est l'un des vases antiques les plus admirés et les plus recopiés de l'époque moderne[3]. Il apparaît comme sujet décoratif dans de nombreuses peintures ou gravures anciennes : Stefano Della Bella montre en 1656 le jeune héritier qui allait devenir Cosme III de Médicis assis près du vase et le dessinant ; il est représenté dans le guide des antiquités romaines de Bartoli et Bellori avec une attribution fantaisiste à Phidias qui témoigne de l'estime dans laquelle on tenait le vase[3].

Description[modifier | modifier le code]

Développé du décor, gravure de 1778 par Piranèse.

Le vase, haut de 1,73 m (piédestal compris), reprend la forme classique du cratère en forme de cloche inversée avec deux anses annelées, rattachées au vase par des têtes de satyres sont disposées à la base de la panse. Le bord supérieur du cratére s'évase en un rebord mouluré. Posé sur socle carré et sur un pied godronné, il présente une surface entièrement sculptée en bas-relief.

La scène mythologique représentée n'est pas d'interprétation certaine. Selon l'hypothèse la plus courante, elle représenterait la consultation des chefs de l'armée grecque à Delphes : la femme à demi-drapée serait Iphigénie assise au pied du socle d'une statue d'Artémis et entourée de plusieurs guerriers en qui on pourrait reconnaître notamment Agamemnon et Achille.

Influence et copies[modifier | modifier le code]

Copie interprétée du vase (sans anses) par Nikolaus Friedrich von Thouret (1816) exposé au Château de Ludwigsbourg.

Les cratères monumentaux étaient destinés à orner les jardins des riches clients romains dans ce qui était appelé horti marmorei (jardins de marbre). Un jardin restitué au Musée du Bardo à partir des éléments retrouvés dans les fouilles de l'épave de Mahdia permet de se rendre compte de la façon dont pouvaient être exposés de tels éléments qui n'étaient pas seuls.

Dès la Renaissance, le retour au jour de plusieurs grands vases antiques impulsa une mode décorative qui gagna toute l'Europe et constitua une sorte de canon classique dont le vase Borghèse et le vase Médicis sont les meilleurs modèles. Au XVIIe siècle, tous les jardins des palais européens s'ornèrent de copies plus ou moins fidèles de ces grands vases. Â Versailles, Jean Cornu fut chargé de sculpter en marbre trois répliques de chacun de ces deux vases pour décorer le parterre de Latone[4]. Par la suite, la forme a été réutilisée jusqu'à nos jours pour produire des vases moins luxueux, en porcelaine, en terre cuite ou en fonte de fer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. B.S. Ridgway, Hellenistic Sculpture, vol. III : The Styles of ca. 100-31 B.C., 2003, p. 79.
  2. G. A. Mansuelli, Galleria degi Uffizi. Le sculture I, 1958, p. 189-192, fig. 180.
  3. a, b, c et d Haskell et Penny 1988, p. 348.
  4. Phillips 1967, p. 248.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) John Goldsmith Phillips, « The Choisy-Ménars Vases », The Metropolitan Museum of Art Bulletin, vol. 25, no 6,‎ 1967, p. 242-250
  • (de) Dagmar Grassinger, Römische Marmorkratere, Mayence, Von Zabern,‎ 1991, p. 163-168
  • Francis Haskell et Nicholas Penny (trad. François Lissarague), Pour l'amour de l'Antique [« Taste and the Antique. The Lure of Classical Sculpture 1500–1900 »], Paris, Hachette,‎ 1988 (édition originale 1981), p. 348-349

Liens externes[modifier | modifier le code]