Zygmunt Bauman

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Zygmunt Bauman

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Zygmunt Bauman, à Varsovie, en février 2005

Nom de naissance Zygmunt Bauman
Naissance (88 ans)
Poznań, Drapeau de la Pologne Pologne
Nationalité Drapeau de la Pologne Pologne
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Pays de résidence Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Profession Sociologue
Autres activités
Distinctions
Famille
Janina Bauman (écrivain), épouse
Michael Sfard (avocat), petit-fils

Zygmunt Bauman, né à Poznań en Pologne le , est un sociologue possédant la double nationalité britannique et polonaise . Il est professeur émérite à l'Université de Leeds.

Il est un des principaux représentants de l'École postmoderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Zygmunt Bauman nait de parents juifs polonais non-pratiquants à Poznań en 1925. Lorsque la Pologne est envahie par l'Allemagne en 1939, sa famille s'enfuit vers l'Union soviétique. En 1944 il intègre la Première armée polonaise sous contrôle soviétique, il y devient commissaire politique. Il prend part aux batailles de Kolberg et Berlin.

Il est membre du Parti ouvrier unifié polonais au pouvoir (PPR/PZPR) jusqu’en 1968. Selon les déclarations d'un historien à l'Institut polonais de la mémoire nationale (IPN) publiées dans le magazine polonais Ozon en mai 2006, de 1945 à 1953 Zygmunt Bauman aurait occupé la fonction de commissaire politique dans le Corps de la sécurité intérieure (KBW), une unité militaire formée pour lutter contre les nationalistes ukrainiens et une partie des restes de la résistance polonaise antisoviétique. Dans le KBW, Zygmunt Bauman avait atteint le grade de major quand il est soudainement licencié en 1953, après que son père a pris contact avec l'ambassade d'Israël à Varsovie en vue d'émigrer en Israël. En outre, l'auteur apporte la preuve que Zygmunt Bauman a travaillé comme informateur pour le renseignement militaire entre 1945 et 1948. Dans une interview au Guardian, Zygmunt Bauman reconnait qu'il a été un communiste convaincu pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Il a admis, cependant, que l'adhésion au service de renseignement militaire à 19 ans était une erreur.

Pendant son service dans le KBW, Zygmunt Bauman étudie d'abord les sciences sociales à l'Académie des sciences sociales de Varsovie (école des cadres du Parti ouvrier unifié polonais), puis il continue à étudier la philosophie à l'Université de Varsovie : la sociologie avait temporairement été rayée des universités polonaises comme discipline « bourgeoise ». Ses professeurs à Varsovie étaient Stanisław Ossowski et Julian Hochfeld, entre autres. Il obtient sa maîtrise de philosophie en 1954 et devient professeur à l'Université de Varsovie, où il enseigne la philosophie et la sociologie. Il est contraint par le régime communiste de quitter la Pologne en 1968 lors des persécutions antisémites. Il rejoint l'université de Leeds en 1973.

Thématiques[modifier | modifier le code]

Zygmunt Bauman décrit la télé-réalité comme une métaphore du monde global, où « ce qui est mis en scène, c'est la jetabilité, l'interchangeabilité et l'exclusion[1] ». Les problèmes sont globaux et la politique locale, le lien entre pouvoir et politique est desserré. Il décrit la société comme liquide[2], parce que les liens permanents entre homme et femme sont devenus impossibles. Plus exactement il définit les relations sociales comme de plus en plus impalpables dans la société actuelle. Il prend l'exemple de l'amour ou du sentiment comme témoin de l'impalpabilité des nouvelles relations. Il définit comme responsable la société de consommation actuelle et le modèle économique.

Le concept de redondance de la misère peut aussi lui être attribué. Dans Vies perdues, il le définit comme le développement de zones de pauvretés concentrées autour des villes, et dans les zones de récupération des déchets consommables. Il prend pour illustrer ce concept la métaphore d'Italo Calvino de la ville des nouveautés et des montagnes de récupération.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zygmunt Bauman, S'acheter une vie, Chambon, 2008.
  2. La société liquéfiée du capitalisme global, L'Humanité 2006

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • Le coût humain de la mondialisation, Hachette, 1999
  • Modernité et holocauste, La Fabrique, 2002, rééd. Complexe, 2009
  • La Vie en miettes. Expérience postmoderne et moralité, Paris, Hachette, 2003
  • L'Amour liquide, De la fragilité des liens entre les hommes (Liquid Love, 2003), Éditions du Rouergue, 2004
  • La société assiégée (Society Under Siege, 2002), Le Rouergue/Chambon, 2005 (ISBN 2-84156-699 4)
  • La Vie liquide, Le Rouergue/Chambon, 2006
  • Vies perdues : La modernité et ses exclus, Payot, 2006
  • La Décadence des intellectuels. Des législateurs aux interprètes, Chambon, Actes Sud, 2007.
  • Le présent liquide, Seuil, 2007.
  • S'acheter une vie, Chambon, 2008.
  • L'éthique a-t-elle une chance dans un monde de consommateurs?, Climats/Flammarion, 2009
  • Identité, L'Herne, 2010.
  • « Guerres d'entropie négative », in Entropia, no 8 : Territoires de la décroissance, Parangon, printemps 2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cédric Biagini, « Zygmunt Bauman » in Radicalité. 20 penseurs vraiment critiques, L'Échappée, 2013, (ISBN 978-29158304-1-5).
  • Pierre-Antoine Chardel, Zygmunt Bauman. Les illusions perdues de la modernité, CNRS Éditions, 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]