Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū

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Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū (天真正伝香取神道流?) est l'une des plus anciennes écoles d'arts martiaux japonais ou Koryū (古流) '''Bujutsu''' (武術). Elle fut fondée par le duc Iizasa Ienao en 1447, lors de sa retraite au temple de Katori-jingū situé à Sawara, qui était consacré à Futsunushi no Mikoto (経津主之命), une divinité tutélaire des arts martiaux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Iizasa Ienao (飯篠 長威斎 家直 Iizasa Chōi-sai Ienao, c.1387–c.1488) était un homme d'armes respecté qui fut encouragé par son daimyō à abandonner son ménage pour l'étude des arts martiaux par isolement et rites shintoïstes de purification. La légende révèle qu'à l'âge de soixante ans, il passa mille jours au temple de Katori pratiquant les arts martiaux jour et nuit, jusqu'à ce que le kami (神) du temple, Futsunushi no Mikoto (経津主之命) lui apparut en rêve pour lui transmettre ses secrets de stratégie martiale dans un rouleau nommé Mokuroku Heiho no Shinsho. Ienao mourut en 1488, il avait 101 ans.

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'enseignement de cette école s'articule autour de la pratique d'armes sous la forme de katas mais aussi de stratégie et de logistique militaire. On peut citer :

  • Kenjutsu : techniques du sabre (4 katas de base Omote no Tachi, 5 avancés Gōgyo no Tachi et trois katas improprement appelés secrets, Gokui Shichijo, très rarement démontrés en public.
  • Iaijutsu : techniques de la coupe en tirant le sabre du fourreau (6 katas à genou Suwari iaï ou Iaï goshi, 5 katas debout Tachi iaï Battōjutsu et 5 katas avancés, Gokui no iaï)
  • Ryōtōjutsu : techniques des deux sabres (4 katas)
  • Kodachijutsu : techniques du petit sabre (3 katas Gokui no Kodachi)
  • Bojutsu : techniques du bâton (6 katas de base Omote no Bō et 6 katas avancés Gōgyo no Bō)
  • Naginatajutsu : techniques de la hallebarde (4 katas de base Omote no Naginata)
  • Sojutsu : techniques de la longue pique (6 katas Omote no Yari)
  • Shurikenjutsu : techniques du lancer de pointes[1] (7 katas de base Omote no Shuriken)
  • Senjutsu : techniques de stratégie
  • Shikujojutsu : techniques de construction de fortifications
  • Ninjutsu : techniques d'espionnage
  • Jujutsu : techniques à mains nues (36 katas)

En plus des enseignements de base (kamae et kata), certains bujutsu de l'école Katori comportent des kata, dénommés Gogyo et Gokui, destinés aux pratiquants expérimentés ou Yudansha. Ces techniques sont parfois appelées exagérément secrètes par l'exigence en maîtrise et investissement personnel dans la discipline mais aussi parce qu'elles sont connues et maîtrisées par un très petit nombre de pratiquants. Ainsi elles permettent de travailler certaines notions telles que le nebari (traduit par persévérance, adhérence) qui consiste à garder le contact avec l'arme du partenaire à chaque instant ou encore le Maai (間合い?) (traduit par distance, intervalle) qui réfère à l'espace entre les deux pratiquants, suffisant pour attaquer sans être atteint.

D'autres notions, propres aux arts martiaux et plus particulièrement aux disciplines traditionnelles (budō), sont enseignées à tous les pratiquants. Elles constituent les bases de la pratique martiale. Nous pouvons citer le shisei (史成?) (traduit par attitude, position du corps), le kime (決め?) (traduit par concentration de l'énergie), le zanshin (残心?) (traduit par vigilance), le kiai (気合?) (traduit par concentration de l'esprit, souffle).

Particularités par rapport aux autres écoles d'armes[modifier | modifier le code]

  • On retrouve particulièrement l'esprit martial dans le Katori Shinto Ryu par la durée d'exécution des katas de kenjutsu qui est en général plus longue que dans les autres écoles d'armes ceci afin de privilégier l'endurance, nécessaire durant les campagnes militaires.
  • Le bōjutsu quant à lui, se distingue par la forme, la prise et le maniement du par rapport aux autres kobudos:
    • Alors que le karate d'Okinawa repose sur la saisie d'une arme lourde et épaisse à chaque tiers et des attaques par moulinets, le pratiquant de Katori Shinto Ryu tient un bâton de 180 cm de long et 2,5 cm de diamètre à approximativement un poing de l'extrémité et coulissera l'arme en arrière avant de frapper en arc de cercle avec la partie la plus longue.
    • Dans certaines formes de l'école, les attaques d'estoc (piquées ou encore tsuki 突き en japonais) sont semblables à celles pratiquées avec une yari, c'est-à-dire avec l'arme remontée au niveau de l'aisselle.
  • L'école Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu, avec le concours de Risuke Otake sensei, a été reconnue "patrimoine culturel immatériel" par le Ministère de la Culture Japonais en avril 1960. C'est la seule école d'arts martiaux à ce jour portant cette distinction[2].
  • L’école Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu, représentée par Otake Risuke, garde les anciens principes propres aux koryu. Tout élève souhaitant rejoindre l’école doit, au préalable, signer de son sang, un serment de respect et d’allégeance aux principes de l’école, le Keppan. Cette règle, est tenue en grande considération par Otake sensei, qui souhaite en premier lieu s'assurer que les groupes qui pratiquent le ryu à travers le monde, sous son autorité, pratiquent tous le même Katori, dans la forme et dans l'esprit, ceci afin de préserver et transmettre une tradition vieille de plusieurs siècles comme les anciens ont pu le faire jusqu'à nos jours. Cependant, les différentes variantes de l'école dans le monde et au Japon, représentées en France principalement par l’Aikibudo, ne requièrent pas le Keppan et utilisent le système moderne de « dan » en lieu et place de l’ancien système de graduation « menkyo » encore en vigueur au dojo d’Otake Risuke.
  • Les katas de Suwari Iaï de l'école Katori commencent tous à partir d'une position semi-accroupie avec le genou gauche au sol appelée Tate Hiza alors que certaines autres écoles de iaïjutsu (e.g. Muso Jikiden Eishin Ryu) peuvent démarrer à partir de la position à genou, Seiza.

Personnalités influentes contemporaines[modifier | modifier le code]

  • Yasusada Iizasa (飯篠 修理亮 快貞 Iizasa Shūri-no-suke Yasusada) - 20e Soke (héritier de Iizasa Choisai Ienao), ce dernier ne pratique pas et joue un rôle essentiellement représentatif.
  • Risuke Otake (1926) Shihan - enseignant principal de l'école Katori à Narita, préfecture de Chiba.
  • Yoshio Sugino (1904-1998), 10e Dan - Kinijiro Iizasa (19e Soke) l'autorisa à enseigner le Katori Shinto Ryu[réf. nécessaire], en 1940. Son fils, Yukihiro Sugino enseigne à son tour, indépendamment, au Yuishinkan Sugino Dojo à Kawasaki, (Kanawaga).
  • Minoru Mochizuki (1907-2003), 8e Dan Katori Shinto Ryu - À l'origine du style Yoseikan, du nom de son dojo à Shizuoka, préfecture de Shizuoka.
  • Goro Hatakeyama (1928-2009), 9e Dan, Menkyo Kaiden et ancien assistant principal de Me Sugino. Il enseignait indépendamment à Yokohama, (Kanagawa).

Toutes ces personnes (mis-à-part le Soke) ont apporté leurs visions des techniques martiales enseignées dans l'école Katori, relatives à leur personnalité, physique et expérience dans les budos, entraînant de ce fait de nombreuses différences distinguables visuellement au sein de cette même école.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Risuke Otake, Le sabre et le divin. Héritage spirituel de la Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu, Budo Éditions, 2002 (ISBN 978-2-84617-003-1) (titre original en japonais Mukei Bunkazai Katori Shinto-ryu).

Ce livre écrit par le Shihan de l'école Tenshin Shoden Katori explique l'origine de l'école et de son fondateur, certains préceptes ésotériques propres au shintoïsme et au budo, et dans une large part, il illustre les différents katas de kenjutsu, bojutsu et naginatajutsu par des photographies N/B de 1977.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Description de shurikens de l'École Katori et d'autres écoles sur http://www.secrets-of-shuriken.com.au/design.htm
  2. http://www.city.narita.chiba.jp/DAT/p16_5.pdf Histoire du classement de l'école au patrimoine culturel immatériel grâce à Otake Risuke Sensei (en japonais)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]