Taforalt

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Taforalt ou Tafoughalt est un village se situant dans le Rif oriental, au nord-est du Maroc, dans la province de Berkane. La grotte des Pigeons se trouve dans le nord-est du Maroc, à proximité du petit village, dans le massif montagneux des Rifains de Ait Iznassen, à une altitude de 720 m et à environ 40 km de la mer Méditerranée. La grotte a été signalée pour la première fois en 1908, mais elle n'a connu des fouilles importantes qu'à une époque plus tardive par Armand Ruhlmann (1944–1947), ensuite par l'abbé Jean Roche (1950–1955, 1969–1977, en 1980 en collaboration avec Jean-Paul Raynal) et enfin depuis 2003 par Abdeljalil Bouzouggar (Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine, Rabat-Maroc) et Nick Barton (Oxford University, UK).

Toutes les opérations de fouilles archéologiques dans la grotte n'ont jusqu'à maintenant pas encore révélé la présence néolithique. Seules les occupations paléolithiques ont été reportées aussi bien par les anciens travaux[1] que les nouvelles recherches[2].

Le Paléolithique moyen[modifier | modifier le code]

D'après les fouilles de l'abbé Jean Roche[3], l'Atérien est précédé par le Moustérien. Mais peu d'indications sont disponibles sur leur date (environ 30 000 ans B.P.) et sur leur localisation dans le gisement.

Les nouvelles fouilles ont plus mis l'accent sur la précision du cadre stratigraphique, chronologique et paléoenvironnemental. Compte tenu de la complexité de la stratigraphie du remplissage, la cavité a été subdivisée dans un premier lieu en plusieurs secteurs puis dans un second lieu une interprétation de l'ensemble du site a été proposée[4]. Le Paléolithique moyen est principalement identifié dans les secteurs 1 et 2. La plus importante caractéristique de cette période correspond à plusieurs niveaux atériens dont la base date au moins de 82 500 ans B.P. et le sommet de la séquence est encore difficile à interpréter malgré l'obtention de plusieurs dates, car les objets archéologiques trouvés dans des niveaux sûrs, présentent des caractères à la fois du Paléolithique moyen et du Paléolithique supérieur.

D'après les auteurs des nouvelles recherches dans la grotte des Pigeons à Taforalt, elle a révélé le plus ancien niveau atérien au Maroc contenant des objets de parure (Nassarius gibbosulus) ocrés considérés comme parmi les plus anciens au monde et qui ont été datés par quatre méthodes différentes qui ont fourni un âge de 82 500 ans[4].

Le Paléolithique supérieur[modifier | modifier le code]

D'après l'abbé Jean Roche, le Paléolithique supérieur représenté dans la grotte par l'Ibéromaurusien date de 21 900 ans B.P., ce qui fait de ce site, avec le gisement de Tamar Hat en Algérie[5], le plus ancien témoin du Paléolithique supérieur en Afrique du Nord, qui a perduré jusqu'à environ 10 800 ans B.P.

La grotte des Pigeons a également fonctionné au cours d'une période du Paléolithique supérieur, comme une nécropole. Les fouilles de l'abbé Jean Roche ont mis au jour plus de 180 squelettes[6] qui ont été étudiés en détail par Denise Ferembach[7]. Dans le niveau de la nécropole a été également exhumé un squelette dont le crâne présente les traces d'une trépanation considérée comme la plus ancienne au monde. Les radiographies[8] ont démontré la présence d'un processus de cicatrisation ce qui impliquerait que l'individu a survécu à cette opération.

Si les phases récentes du Paléolithique supérieur dans la grotte sont claires et ne diffèrent guère de ce qui a été décrit par l'abbé Jean Roche[6], les phases anciennes sont très difficiles à interpréter et correspondraient à l'un des plus anciens faciès de l'Ibéromaurusien en Afrique du Nord[9].

L'identification des charbons de bois (anthracologie), montre la présence du cèdre à la base de l'Ibéromaurusien et au sommet de la séquence dans cette grotte[10].

Plusieurs questions concernant le Moustérien, sa relation avec l'Atérien et la fin de celui-ci restent encore sans réponse. Seules les recherches qui se poursuivent dans la grotte peuvent fournir de nouveaux éléments.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Roche 1953, 1963, 1967, 1969, 1976
  2. Bouzouggar et al., 2005 ; Bouzouggar et Barton, 2006 ; Barton et al., 2007 ; Bouzouggar et al., 2007
  3. Roche, 1953, 1967 et 1969
  4. a et b Bouzouggar et al., 2007
  5. Saxon et al., 1974
  6. a et b Roche, 1963
  7. Ferembach et al., 1963
  8. Ferembach, 1962
  9. Barton et al., 2007
  10. Ward, 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Barton, R.N.E., Bouzouggar, A., Bronk-Ramsey, C., Collcutt, S.N., Higham, T.F.G., Humphrey, L.T., Parfitt, S., Rhodes, E.J., Schwenninger, J.L., Stringer, C.B., Turner, E. and Ward, S. (2007). Abrupt climatic change and chronology of the Upper Palaeolithic in northern and eastern Morocco. In Bar-Yosef, O., Mellars, P., Stringer, C., & Boyle, K (eds). Rethinking the Human Revolution: New Behavioural & Biological Perspectives on the Origins and Dispersal of Modern Humans. Research Monographs of the Macdonald Institute, Cambridge, pp. 177-186.
  • Belcastro M-G, S. Condemi & V. Mariotti, 2010. "Funerary practices of the Iberomaurusian population of Taforalt (Tafoughalt; Morocco, 11-12,000 BP): the case of grave XII." Journal of Human Evolution, 58/6, 522-532
  • Ben-Ncer, A., 2004. Etude de la sépulture ibéromaurusienne 1 d’Ifri n’Baroud (Rif oriental, Maroc). Antropo 7, 177-185.
  • Bonfiglioli B., V. Mariotti, F.Facchini, M. G. Belcastro & Condemi S. "Masticatory and Non-masticatory Dental modifications in the Epipaleolithic Necropolis of Taforalt (Marocco), Int. Jour. of Osteoarcheology, 2004, 14, pp. 448-456. *Bouzouggar, A, Barton, R.N.E., Collcutt, S.N., Parfitt, S., Higham, T.F.G., Rhodes, E. and Gale, R. (2006). Le Paléolithique Supérieur au Maroc: apport des sites du Nord-Ouest et de l’Oriental. In Sanchidrián, J-L, Márquez, A. and Fullola, J.M. (eds), La cuenca mediterránea durante el Paleolítico Superior (38.000 – 10.000 años) IV Simposio de Prehistoria Cueva de Nerja (Fundación Cueva de Nerja, & Málaga UISPP, Com.8, Málaga), pp. 138-150.
  • Bouzouggar, A., Barton, N., Vanhaeren, M., d'Errico, F., Collcutt, S., Higham, T., Hodge, E., Parfitt, S., Rhodes, E., Schwenninger, J-L., Stringer, C., Turner, C., Ward, S., Moutmir, A and Stambouli, A. (2007). 82,000 year-old shell beads from North Africa and implications for the origins of modern human behavior. Proceedings of the National Academy of Sciences (USA) 104 (24): 9964-9969.
  • Dastugue, J., 1962. II. Pathologie osseuse. In: Ferembach, D., Dastugue, J., Poitrat-Targowla, M.-J. La Nécropole Épipaléolithique de Taforalt (Maroc oriental). Études des Squelettes Humains. Edita-Casablanca, Rabat, CNRS, Paris, pp.135-158.
  • Dutour, O., 1988. L’homme de Taforalt au Sahara ou le problème de l’extension saharienne des cromagnoïdes du Maghreb. Bull. et Mém. de la Societé d’Anthropologie de Paris 5, série XIV, 4, 247-256.
  • Ferembach, D., Dastugue, J. & Poitrat-Targowla, M.J. (1962). La Nécropole Epipaléolithique de Taforalt (Maroc Oriental): Étude des squelettes humains. Edita Casablanca, Rabat.

Ferembach, D., 1985. On the Origin of the Iberomaurusians (Upper Palaeolithic : North Africa). A New Hypothesis. J. Hum. Evol. 14, 393-397.

  • Mariotti V., Bonfiglioli B., Condemi S., Facchini F., Belcastro M.G., 2009. Funerary practices of the Iberomaurusian population of Taforalt (Tafoghalt) (Morocco, 11-12000 BP): new hypotheses based on a per-grave inventory of the osteological remains and signs of deliberate activity on the human bones, Journal of Human Evolution, 56/4: pp. 340–354.
  • Merriman, J.D., 2003. Fossil children. An exploration of developmental patterns found in subadult skeletons from Epipaleolithic North Africa. Ph.D. Dissertation, State University of New York.*Humphrey, L.T., Bocaege, E., 2008. Tooth Evulsion in the Maghreb: Chronological

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  • Humphrey, L., Bello, S.M., Turner, E., Bouzouggar, A., Barton, N., 2012. Iberomaurusian funerary behaviour: Evidence from Grotte des Pigeons, Taforalt, Morocco. J. Hum. Evol. 62, 261-273.
  • Irish, J. D., 2000. The Iberomaurusian enigma: North African progenitor or dead end? J. Hum. Evol. 39, 393-410.
  • Raynal, J.-P. (1979-1980). Taforalt. Mission Préhistorique et paléontologique française au Maroc: rapport d'activité pour l'année. Bulletin d’Archéologie Marocaine 12: 69-71.
  • Roche, J. (1953). La grotte de Taforalt. Anthropologie 57: 375-380.
  • Roche, J., (1963). L’Epipaléolithique Marocaine. Fondation Calouste Gulbenkian, Lisbon.
  • Roche, J. (1967). L'Aterian de la grotte de Taforalt (Maroc oriental). Bulletin d’Archéologie Marocaine 7: 11-56.
  • Roche, J. (1969). Les industries paléolithiques de la grotte de Taforalt (Maroc oriental). Quaternaria 11: 89-100.
  • Roche, J., (1976). Cadre chronologique de l’Epipaléolithique marocain. Actes du IXè Congrès de l’UISPP : Chronologie et synchronisme dans la préhistoire circum-méditerranéenne, pp. 153-67.
  • Saxon, E.C., Close, A., Cluzel, C., Morse, V. & Shackleton, N.J., (1974). Results of recent excavations at Tamar Hat. Libyca 22: 49-91.
  • Ward, S. (2007). Reconstructing Late Pleistocene Vegetation Dynamics from Archaeological Cave Sites in the Western Mediterranean: Links with Climate and Cultural Changes. DPhil Doctoral Thesis. University of Oxford.

Liens externes[modifier | modifier le code]

34° 48′ 38″ N 2° 24′ 30″ O / 34.81056, -2.4083 ()