Standard & Poor's

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Standard & Poor's

Description de l'image  Standard&Poors.svg.
Création 1860
1941
Siège social Drapeau des États-Unis 55, Water street, Manhattan, État de New York (États-Unis)
Direction Douglas Peterson, président
Activité Secteur financier
Société mère McGraw-Hill
Effectif 10 000
Site web www.standardandpoors.com

Standard & Poor's (S&P) est une filiale de McGraw-Hill qui publie des analyses financières sur des actions et des obligations. C'est une des trois principales sociétés de notation financière, avec des concurrents comme Moody's, Fitch Ratings et Dagong.

Ses origines remontent aux activités de son fondateur Henry Poor en 1860.

Elle est connue sur le marché américain pour son indice boursier S&P 500, pour son pendant australien, le S&P 200, ainsi que pour l'équivalent canadien, le S&P TSX.

Standard & Poor's est sous le coup d'une enquête de la SEC (U.S. Securities and Exchange Commission) [1],[2] , l'agence fédérale américaine chargée de surveiller les marchés financiers, concernant sa notation d'une émission de titres structurés en 2007 (CDO) juste avant l'effondrement du marché immobilier, correspondant au début de la crise dite des subprimes, à l'origine de la crise financière de 2007 à 2011.

Publications[modifier | modifier le code]

Standard & Poor's publie 48 fois par an une lettre d'information hebdomadaire d'analyse du marché boursier. Intitulée The Outlook, littéralement « Perspectives », elle est disponible aux abonnés en édition papier et électronique.

Début 2011, sur fond de tensions entre les républicains et les démocrates, et dans l'incapacité de sortir d'un blocage financier, l'agence de notation a émis l'hypothèse d'un abaissement de la notation des États-Unis qui possèdent des dettes publiques d'environ 98 % de leur PIB (avril 2011), ce qui en fait un des pays les plus endettés au monde.

Le 5 août 2011, l'agence de notation abaissait la note attribuée à la dette publique à long terme des États-Unis de « AAA », la note maximale, au niveau immédiatement inférieur (« AA+ »), ce qui n’était pas arrivé à ce pays depuis 1917[3],[4]. Elle qualifiait de « négative » sa perspective à long terme, avec la possibilité d’une nouvelle baisse de la notation dans les deux ans à venir et justifiait sa décision, entre autres critères, par les « risques politiques » de voir le pays prendre des mesures insuffisantes contre son déficit public. La note de la dette à court terme attribuée par Standard & Poor's restait cependant inchangée à « A-1+ »[5]. Parmi les éléments économiques à l'appui de cette dépréciation figurait initialement une projection de dette de deux mille milliards de dollars qui avait été comptabilisée deux fois par erreur[6]. Malgré la reconnaissance implicite de cette erreur, Standard & Poor’s maintenait et justifiait la dégradation de la dette à long terme[7]. L'incident jetait un doute grave sur la crédibilité et le sérieux des agences de notation financière en général et de S & P en particulier, qui pourrait faire l'objet d'une enquête de la Securities and Exchange Commission (SEC)[8]. Ce manque de rigueur s'illustrera à nouveau le 10 novembre 2011, date à laquelle la société annonce par erreur à certains de ses abonnés que la « note » de la France a été dégradée alors qu'il n'en est rien[9], avec comme conséquence un suivi plus poussé de l'entreprise par l'Autorité européenne des marchés financiers. Mais dans ce cas-ci elle déclara ne pas avoir l'intention de toucher à la note de la France[10]. Le 13 janvier 2012 elle finit par baisser la note de la France de AAA à AA+ et à 13 autres pays de l'Union européenne. Seuls 14 pays au monde conservent la note maximale de AAA, dont 7 font partie de l'Union Européenne (l'Allemagne, la Finlande, la Suède, le Luxembourg, le Royaume-Uni, le Danemark et les Pays-Bas).

Grille de notations[modifier | modifier le code]

Entrée du siège social au 55 Water Street à New York en 2008.
Échelle de notation financière selon les principales
agences de notation
Signification
de la note 
Moody’s Standard
& Poor’s
Fitch
Ratings
Dagong
Long
terme
Court
terme
Long
terme
Court
terme
Long
terme
Court
terme
Long
terme
Court
terme
Prime
Première qualité
Aaa P-1

Prime
-1
AAA A-1+ AAA F1+ AAA A-1
High grade
Haute qualité
Aa1 AA+ AA+ AA+
Aa2 AA AA AA
Aa3 AA− AA− AA−
Upper medium
grade

Qualité moyenne
supérieure
A1 A+ A-1 A+ F1 A+
A2 A A A
A3 P-2 A− A-2 A− F2 A− A-2
Lower medium
grade

Qualité moyenne
inférieure
Baa1 BBB+ BBB+ BBB+
Baa2 P-3 BBB A-3 BBB F3 BBB A-3
Baa3 BBB− BBB− BBB−
Non-investment
grade,
speculative

Spéculatif
Ba1 Not
prime


Non
prime
BB+ B BB+ B BB+ B
Ba2 BB BB BB
Ba3 BB− BB− BB−
Highly
speculative

Très spéculatif
B1 B+ B+ B+
B2 B B B
B3 B− B− B−
Risque élevé Caa1 CCC+ C CCC C CCC C
Ultra spéculatif Caa2 CCC
En défaut, avec
quelques espoirs
de recouvrement
Caa3 CCC−
Ca CC CC CC
C C/CI/R C C
En défaut sélectif SD D RD D D D
En défaut D D

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]"Subprime" : la SEC lance une enquête sur Standard and Poor's, La Tribune et AFP, 27/09/2011
  2. [2]CDO Boom Masks Subprime Losses, Abetted by S&P, Moody's, Fitch, Richard Tomlinson and David Evans for Bloomberg, 31/05/2007
  3. [3]Obama risque d'être le président qui a perdu la note «AAA» des États-Unis, La Presse.ca, 28 juillet 2011
  4. [4]Barack Obama le président qui pourrait perdre le triple A, France-Amérique et AFP, 28/07/2011
  5. Research Update: United States of America Long-Term Rating Lowered To 'AA+' On Political Risks And Rising Debt Burden; Outlook NegativeStandard & Poor’s , Global Credit Portal, RatingsDirect, 5 août 2011, 8 pp.
  6. [5]Ces agences méconnues qui notent la France, Sophie Roquelle, Le Figaro, 14/01/2012
  7. [6] L'administration Obama passe à l'offensive contre Standard & Poor's , LeMonde.fr et AFP, 7 août 2011.
  8. Selon le Wall Street Journal. Voir « États-Unis : enquête sur les méthodes de calcul de Standard & Poor's », La Tribune de Genève, 14 août 2011 ; Aitkacimi, Nessim « S & P dans le collimateur du régulateur américain », Les Échos, 16 août 2011.
  9. [7]Standard and Poor's annonce par erreur la dégradation de la note de la France, Le Monde avec AFP et Reuters, 10/11/2011
  10. [8] L'agence Standard & Poor's s'explique sur son erreur sur la note française, Le Monde.fr, 12 novembre 2011