Les Facéties du sapeur Camember

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Les Facéties du sapeur Camember est une série de bandes dessinée française créée par Christophe.

Sommaire

Personnages [modifier]

  • François Baptiste Éphraïm Camember, fils d'Anatole Camember et de Polymnie Cancoyotte (la cancoillotte est un fromage franc-comtois), sapeur à Besançon.
  • Le colonel, chef du régiment.
  • La colonelle, épouse du colonel.
  • Mademoiselle Victoire, bonne et cuisinière du colonel, d'origine alsacienne, elle est l'égérie de Camember (qu'elle appelle Mossieur Gamempre) qui, amoureux d'elle, l'épouse à son retour de la guerre de 1870.
  • Le major Eusèbe Mauve, médecin du régiment, toujours fier de la réussite des traitements qu'il ordonne à Camember (lequel en fait une utilisation toujours farfelue).
  • Cancrelat, fusilier dans le même régiment que Camember, aussi facétieux que simplet.
  • Le capitaine Brizard.
  • Les sergents Bitur et Briquemol.

Caractère [modifier]

Camember est un personnage de soldat illettré (il ne reconnaît bien que la très utile lettre H) et un peu simplet dont les agissements sont souvent absurdes. Né le 29 février 1844 dans le village imaginaire de Gleux-lès-Lure (Saône-Supérieure), il ne peut fêter son anniversaire que tous les quatre ans, et se trouve donc (après une enfance tapageuse) mobilisé dès sa cinquième bougie.

Il est affecté comme sapeur, c'est-à-dire soldat du génie militaire, ce qui est déjà une pointe d'ironie eu égard à sa faiblesse d'esprit.

« Sergent ! interroge Camember, et la terre du trou ? — Que vous êtes donc plus herméfitiquement bouché qu’une bouteille de limonade, sapeur ! Creusez un autre trou ! — C’est vrai ! » approuve Camember.

Sa simplicité s'illustre, par exemple, lorsqu'il creuse un trou pour y mettre la terre d'un autre ; il est vrai qu’il est alors dépassé en sottise par son supérieur, le sergent Bitur, qui le traite de « double mulet cornu » et lui reproche de ne pas avoir fait le deuxième trou assez grand pour qu’on puisse y mettre sa terre avec celle du premier[1].

Camember s'exprime dans un français qu'il voudrait châtié, mais qui dénote une espèce d'inculture pédante ; par exemple, s'adressant à Victoire : « Serai-je-t-y assez heureux si vous me feriez celui de me demander un service que je serais rudement satisfaisant d'vous obtempérer ? » ; de même, s'adressant au colonel : « mon colonel peut s'ingurgiter par soi-même que le sapeur ne l'a point-z-enduit d'erreur […] comme mon colonel peut se l'obtempérer lui-même par sa vue visuelle et subséquente ».

Ce qui frappe tout au long de l’album, c’est l’incapacité du pauvre sapeur à comprendre la langue que lui parlent ses supérieurs, qui d’ailleurs ne se soucient jamais de se mettre à sa portée. C’est fréquent avec le major, c’est-à-dire le médecin : celui-ci dit à Camember, qui se plaint d’avoir des « guernouilles » dans le ventre, de se mettre des sangsues sur l’estomac ; le sapeur va chercher ses sangsues à l’infirmerie, les fait cuire et les mange, puisqu’il faut se les mettre sur l’estomac.

Une autre fois le major constate que Camember souffre d’ophtalmie et que cela pourrait devenir purulent ; il lui conseille donc de se procurer des conserves fumées (c’est-à-dire des verres teintés) qu’il devra porter tout le temps. Le sapeur a compris qu’il a de « l’eau de salmis » dans les yeux et qu’il risque de devenir un « pur Uhlan », il se rend alors chez le charcutier pour se procurer les « conserves fumées », si bien que l’adjudant le rencontre avec un jambon sous chaque bras et des saucisses enroulées autour de son bonnet. Ne comprenant rien aux explications du pauvre Camember il l’expédie à l’ombre, remède excellent contre les maux d’yeux et le sapeur se retrouve guéri.

Style [modifier]

Les autres ouvrages de Christophe (Famille Fenouillard, Savant Cosinus, Plick et Plock...) se caractérisent par un style châtié, un vocabulaire riche et de fréquents clins d'œil culturels. Le choix délibéré de rusticité du personnage a mis cet aspect du style de l'auteur entre parenthèses dans cet ouvrage précis.

Publication [modifier]

Les aventures du sapeur Camember sont parues en feuilleton de 1890 à 1896, puis ont été rassemblées en un album.

Le réalisateur Jean-Christophe Averty réalisa pour la télévision une adaptation du Sapeur Camember tournée avec de vrais acteurs dans les dessins de Christophe par des techniques d'incrustation vidéo, considérées comme révolutionnaires à l'époque.

Notes [modifier]

  1. Visuel de l'histoire

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Sources [modifier]