Armand Jean du Plessis de Richelieu

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Armand Jean du Plessis de Richelieu
Image illustrative de l'article Armand Jean du Plessis de Richelieu
Richelieu, par Philippe de Champaigne.
Biographie
Naissance 9 septembre 1585
Paris, Royaume de France Royaume de France
Décès 4 décembre 1642 (à 57 ans)
Paris, Royaume de France Royaume de France
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
5 septembre 1622
Par le pape Grégoire XV
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 17 avril 1607
Par S.É. Anne de Pérusse d'Escars de Givry
Évêque émérite de Luçon
1605 (confirmé le 18 décembre 1606)29 avril 1624
Précédent Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu Aimeri de Bragelone [1] Suivant
Abbé de Cîteaux
(coadjuteur à partir de 1627)
19 novembre 16354 décembre 1642
Précédent Pierre III Nivelle Claude Vaussin Suivant
Abbé et général de Cluny
(coadjuteur à partir de 1627)
1635 – 4 décembre 1642
Précédent Jacques IV Vény d'Arbouze Armand de II Bourbon-Condé [réf. souhaitée], prince de Conti Suivant

Signature

Blason
« Candorem purpura servat et dirigit et firmat[2] »
« Expertus fidelem jupiter »
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Armand Jean du Plessis de Richelieu, dit le cardinal de Richelieu, cardinal-duc de Richelieu et duc de Fronsac, est un ecclésiastique et homme d'État, né le 9 septembre 1585 à Paris et mort le 4 décembre 1642 dans cette même ville. Pair de France, il a été le principal ministre du roi Louis XIII.

Initialement destiné au métier des armes, il est contraint d'entrer dans les ordres afin de conserver à sa famille le bénéfice de l'évêché de Luçon. Temporairement ministre des affaires étrangères en 1616, il est cardinal en 1622 et principal ministre de Louis XIII en 1624. Il reste en fonction jusqu'à sa mort, en 1642, date à laquelle le cardinal Mazarin lui succède.

La fonction exercée par Richelieu auprès de Louis XIII est souvent désignée par l'expression de « premier ministre », bien que le titre ne soit utilisé à l'époque que de façon officieuse pour désigner le ministre principal du roi dont l'action englobe aussi bien des dimensions politiques, diplomatiques et coloniales que culturelles et religieuses.

Réputé pour son habileté voire pour son caractère jugé retors, souvent critiqué pour sa fermeté intransigeante, il rénove la vision de la raison d'État et en fait la clé de voûte de ses méthodes de gouvernement et de sa conception de la diplomatie et de la politique. En lutte à l'extérieur contre les Habsbourg, et à l'intérieur contre la noblesse et les protestants, il réprime sévèrement tant les duels meurtriers que les révoltes antifiscales paysannes.

Richelieu est considéré comme l'un des fondateurs majeurs de l'État moderne en France. Son action est un dur combat pour un renforcement du pouvoir royal.

Par son action, la monarchie s'affirme sous une nouvelle forme qui sera plus tard désignée par le terme d'absolutisme, et ce de manière triomphante sous le gouvernement personnel de Louis XIV (1661-1715), puis de manière plus apaisée sous celui du cardinal de Fleury (1726-1743).

L'évêque de Luçon[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Richelieu naît à Paris, rue du Bouloi, bien qu'une ancienne polémique situe sa naissance dans le fief familial, au château des Richelieu, en Poitou, polémique née du fait que son acte de baptême a disparu[3]. Sa famille, d'ancienne noblesse (noblesse de robe et d'épée) à la fois poitevine et parisienne mais pauvre, est très honorablement connue : son père, François du Plessis, seigneur de Richelieu, est un soldat et un courtisan qui occupe la charge de Grand prévôt de France ; sa mère, Suzanne de La Porte, est la fille d'un avocat au parlement[4]. Il est le quatrième d'une famille de six enfants[5] :

  • Henri né en 1578 ;
  • Alphonse, né en 1582 ;
  • Isabelle, née en 1582[6] ;
  • Armand-Jean lui-même, né en 1585, ;
  • Françoise, née en 1586 ;
  • Nicole, née en 1587.

Il est aussi question d'une « Marguerite » dans les registres de naissances de l'église de Braye-sous-Faye, paroisse du château de Richelieu en Poitou, mais, faute d'éléments, on peut penser que cette enfant est morte en bas-âge.

Alors que le jeune Armand n'est âgé que de cinq ans, son père, capitaine des gardes d'Henri IV, meurt le 10 juin 1590 de fièvre pernicieuse. Il laisse une famille endettée mais la générosité royale lui permet d'éviter les difficultés financières. Antérieurement, pour la récompenser de la participation de François du Plessis à son service durant les Guerres de Religion, le roi Henri III avait donné en 1584 l'évêché de Luçon à sa famille [7]. Celle-ci en perçoit ainsi pour son usage privé la plus grande partie des revenus, ce qui mécontente les ecclésiastiques qui auraient préféré que ces fonds fussent utilisés pour l'Église[8].

À l'âge de neuf ans, le jeune Armand-Jean est envoyé à Paris, par son oncle Amador de la Porte, en septembre 1594 au Collège de Navarre, pour étudier la philosophie. Il reçoit ensuite une formation à l'académie équestre de Monsieur de Pluvinel, qui forme les gentilshommes à la carrière militaire. Il y apprend l'équitation, mais aussi la voltige équestre, l'escrime, la danse, la littérature, les mathématiques et le dessin. Il vit alors la vie typique d'un officier de l'ère, le médecin Théodore de Mayerne devant le traiter pour une gonorrhée en 1605[9].

Investiture canonique[modifier | modifier le code]

Destiné à une carrière militaire, Richelieu se trouve dans l'obligation en 1605 de se tourner vers une carrière religieuse : son frère Alphonse-Louis du Plessis refuse l'évêché de Luçon (gardé depuis 20 ans dans la famille) pour devenir moine en entrant à la Grande Chartreuse, et la famille refuse de perdre ce qu'elle considère comme une importante source de revenus. Il est frêle et maladif (migraines dues peut-être à des crises d'épilepsie et à la tuberculose en fin de vie) : la perspective de devenir évêque ne lui déplaît nullement. Les études universitaires l’attirent : il commence des études de théologie en 1605.

Prêtre sans vocation mais attaché à ses devoirs[10], il est nommé évêque de Luçon le 18 décembre 1606 par le roi Henri IV, et se rend à Rome où il reçoit l'investiture canonique le 17 avril 1607 des mains du cardinal de Givry[11]. Selon Tallemant des Réaux, il aurait triché sur son âge (il a 22 ans, alors que l'âge requis pour être évêque est de 26 ans)[12] et, après un aveu supposé du nouvel évêque devant le pape Paul V, celui-ci aurait commenté d'une simple phrase : « S'il vit longtemps, il sera un grand fourbe »[12]. Michel Carmona estime néanmoins que l'anecdote, pour plaisante qu'elle soit, n'est pas conforme à la réalité : Richelieu s'étant précisément rendu à Rome pour obtenir une dispense liée à son jeune âge, il ne pouvait guère mentir sur celui-ci[11].

Il rencontre le chapitre de Luçon à Fontenay-le-Comte le 15 décembre 1608 et ne se rend à Luçon que l'année suivante. Peu après son installation dans son diocèse, il montre son caractère de réformateur catholique en étant le premier évêque en France à mettre en œuvre les réformes institutionnelles que le Concile de Trente avait prescrites entre 1545 et 1563.

Richelieu devient alors l’ami de François Leclerc du Tremblay (plus connu sous le nom de « Père Joseph »), un moine capucin, devenant son confident le plus proche. Cette intimité avec Richelieu (qu’on appelait « Son Éminence ») et la couleur grise de son froc vaut au Père Joseph le surnom d’« éminence grise ». Richelieu l'emploie par la suite souvent comme émissaire et agent à l’occasion de tractations diplomatiques.

Ascension politique[modifier | modifier le code]

Armoiries cardinalices de Richelieu : d'argent, à trois chevrons de gueules surmontés d'une couronne ducale et d'un chapeau de cardinal[13].

En août 1614, à 29 ans, grâce à l'appui du secrétaire particulier de la reine, Denis Bouthillier, il se fait élire député du clergé poitevin aux États généraux qui doivent se tenir à Paris, puis porte-parole de l'assemblée[14]. Il se met alors au service de la régente sur les recommandations du cardinal du Perron qui lui a vanté ses qualités intellectuelles[15]. Marie de Médicis, la reine mère, le fait nommer en novembre 1615 Grand Aumônier auprès de la jeune reine Anne d'Autriche puis le 25 novembre 1616 Ministre des affaires étrangères au Conseil du roi où il succède à Villeroy. Il fait partie avec Claude Barbin et Claude Mangot des principaux ministres au service de Concino Concini, maréchal d'Ancre et favori de la reine mère[16]. Ce premier ministériat ne durera que 6 mois.

Le 24 avril 1617, l'assassinat de Concini, dont Louis XIII et le duc de Luynes sont les instigateurs, entraîne la mise à l'écart de la reine mère de l'entourage du roi. Louis XIII croisant Richelieu au Louvre lui dit « Me voila délivré de votre tyrannie, monsieur de Luçon »[17]. Richelieu se trouvant alors du mauvais côté, doit suivre la reine mère en disgrâce à Blois. Il essaie dans un premier temps de s'entremettre entre la reine mère et le duc de Luynes, puis se retire le 11 juin dans son prieuré de Coussay sans en avertir la reine qui se montrait de plus en plus méfiante envers son chef de Conseil. Affligé, voyant sa carrière politique perdue, il y rédige son testament[9]. Le roi le bannit même en avril 1618 à Avignon où il entraîne dans sa disgrâce son frère aîné Henri et son beau-frère Pont-Courlay (époux de Françoise)[18]. Il y consacre la majorité de son temps à écrire, composant par exemple L’Instruction du chrétien[9].

Marie de Médicis en résidence surveillée au château de Blois s'en échappe le 22 février 1619 avec la complicité du duc d'Épernon et prend la tête d'une rébellion aristocratique. Luynes fait alors appel à Richelieu qu'il charge de négocier un accommodement entre la mère et le fils. Il réussit à rapprocher Louis XIII et Marie de Médicis, fait conclure le traité d'Angoulême (30 avril 1619) et organise la première réconciliation au château de Couzières le 7 septembre 1619[19] acquérant une réputation de fin négociateur. Marie de Médicis n'est pas satisfaite et relance la guerre (« deuxième guerre de la mère et du fils »). Richelieu se trouve cette-fois-ci clairement dans le camp des rebelles mais joue la prudence, ce qui lui permet, après la défaite de la coalition nobiliaire, de participer à la réconciliation solennelle au château de Brissac, en août 1620, et au traité d'Angers le 10 août.

Même si Luynes se rapproche de Richelieu en mariant son neveu M. de Combalet à sa nièce Marie-Madeleine, Louis XIII et son favori agissent en sous-mains contre lui. Alors que le chapeau de cardinal lui a été promis contre son arbitrage, ce sont La Valette et Bentivogio qui sont nommés par Paul V, sur proposition de la France. Finalement, la mort de Luynes au combat crée un vide politique qui profite à Marie de Médicis. Celle-ci obtient du nouveau pape Grégoire XV le cardinalat pour son protégé, qui est intronisé à Lyon le 12 décembre 1622[19]. La même année, Richelieu devenu cardinal est suggéré par Marie de Médicis au jeune roi. Cependant Louis XIII — qui garde un amer souvenir de Concino Concini — refuse dans un premier temps de faire appel au cardinal. Mais ce n'est que le 29 avril 1624 que Richelieu entre à nouveau au Conseil du roi, avec la protection de la reine mère. Cette nomination marque un tournant décisif dans le règne de Louis XIII.

Marie de Médicis fait don, le 28 juin 1627, à son favori Richelieu, du Petit Luxembourg qui sera le cadre de la journée des Dupes[20].

La politique d'État du cardinal de Richelieu[modifier | modifier le code]

Triple portrait du Cardinal de Richelieu par Philippe de Champaigne, Londres, National Gallery.

À un Louis XIII ombrageux et soucieux d’affirmer l’autorité royale, Richelieu propose le programme suivant :

D’abord méfiant, Louis XIII accorde ensuite sa confiance à Richelieu.

À la tête du parti dévot, Marie de Médicis finit par s’offenser de la volonté de Richelieu de contrer l’hégémonie de la maison catholique des Habsbourg : il est prêt dans cet objectif à s’allier avec des États protestants. Au cours de la journée des dupes (1630), elle exige du roi la destitution du cardinal qu’elle juge trop indépendant. Ce dernier, qui doit tout à la reine mère, se croit perdu. Son ami le cardinal de La Valette le retient de prendre la fuite. Mais le roi confirme sa confiance à Richelieu : ce sont Marie de Médicis et le chancelier Michel de Marillac qui doivent partir. L’exil de la Reine Mère confirme l'abandon d'une politique qui, pour assurer le triomphe du catholicisme en Europe, consentait à laisser le premier rôle à l’Espagne. Marie de Médicis ne pardonnera jamais à sa « créature » de l'avoir trahie[9].

Soumission politique et militaire des protestants[modifier | modifier le code]

À la suite de l'édit de Nantes, les protestants de France forment un État dans l’État : ils ont leurs assemblées politiques, une organisation territoriale et leurs places fortes militaires. Leur métropole est la ville de La Rochelle qui s’est de fait depuis un demi siècle affranchie de l’autorité royale. Quand Richelieu accède au pouvoir, le roi a mené plusieurs campagnes militaires contre les protestants mais vainement étant mal servi par son favori Charles d'Albert de Luynes. Le cardinal va poursuivre la politique du roi avec une volonté inflexible.

Dans un contexte de tension entre la France et l'Angleterre, cette dernière encourageant la sédition des réformés, la ville de La Rochelle entend préserver ses libertés, notamment celle d’entretenir directement des relations avec des puissances étrangères, en particulier l’Angleterre. Richelieu décide de soumettre définitivement la ville. Il entreprend le siège et ne recule devant aucun moyen : une digue est édifiée qui bloque toute communication de la ville avec la mer. Le siège prend alors une tournure dramatique : La Rochelle résiste pendant plus d’une année au prix de la mort de la plus grande partie de sa population. La reddition de la ville (1628) sonne le glas de l’autonomie politique et militaire des protestants. Louis XIII confirme cependant la liberté de culte par l’édit de grâce d’Alès (1629).

Par ailleurs, le climat religieux de l'époque est à l’heure d’une contre-offensive du catholicisme. C’est la contre-réforme : Louis XIII est profondément catholique depuis toujours, contrairement à son père Henri IV qui s’est converti du protestantisme au catholicisme pour accéder au trône. Il impose en 1620 le rétablissement du culte catholique dans la province protestante du Béarn (dans laquelle il avait été interdit depuis 1570, par décision de Jeanne d'Albret). Richelieu lui-même inaugure l'église Saint-Louis de l'ordre des Jésuites à Paris.

Suprématie du pouvoir royal contre les Grands[modifier | modifier le code]

Face à la noblesse turbulente et ses prises d'armes régulières, Richelieu répond par la fermeté : il supprime les hautes charges que les grands seigneurs exercent auprès du roi et fait raser plus de 2 000 châteaux forts qui ne sont plus utiles à la défense du royaume (notamment Pamiers et Mazéres).

Il donne davantage de pouvoir aux Intendants qui sont envoyés pour faire appliquer les décisions royales dans les provinces. Les assemblées provinciales (les États) sont parfois supprimées. L'institutionnalisation de cette intendance de police, justice et finances, permet d'imposer à partir de 1635 le « tour de vis fiscal » qui suit l'entrée en guerre de la France, considéré comme abusif et qui accroît l'impopularité de Richelieu à cette époque[21].

Les gouverneurs des provinces, parfois de puissants notables, sont surveillés et Richelieu n'hésite pas à sévir avec les plus Grands : il fait décapiter le duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, qui prend les armes avec Gaston d'Orléans en 1632 et défend les réclamations de la province. Il finit par assigner à résidence dans la forteresse de Loches le vieux duc d’Épernon, gouverneur de Guyenne et fidèle de Marie de Médicis qui rapportait les effets négatifs sur la population des prélèvements fiscaux croissants du pouvoir central.

Par ailleurs, Richelieu doit déjouer les nombreuses intrigues organisées par tous ceux que son action gêne, notamment la reine mère Marie de Médicis et le frère du roi Gaston d'Orléans. Les comploteurs ne craignent pas d'envisager l'assassinat du cardinal ou de faire appel aux puissances étrangères. Richelieu fait exécuter le comte de Chalais en 1626 et le marquis de Cinq-Mars en 1642.

Profondément affecté par la mort, le 8 juillet 1619, de son frère Henri au cours d'un duel, Richelieu réprime avec la plus grande sévérité cette pratique et fait mettre à mort les nobles pris en flagrant délit de se battre. Le 22 juin 1627 sont exécutés François de Montmorency-Bouteville et son cousin François de Rosmadec, comte de Chapelles, meurtriers en duel du marquis de Bussy d'Amboise.

Abaissement de la Maison d'Autriche[modifier | modifier le code]

Après avoir rétabli l’autorité du roi en France, Richelieu entreprend de rabaisser les prétentions de la maison d’Autriche en Europe. Les Habsbourg ont réussi grâce à une heureuse politique patrimoniale à réunir sous leur coupe un grand nombre d’États européens : Autriche, Bohême, Espagne, Milan, Naples, Pays-Bas, Portugal. Au nom d’un catholicisme militant, ils cherchent à établir leur autorité en Allemagne et à y réduire les États protestants lors de la guerre de Trente Ans (1618-1648).

La France finance déjà la Hollande et la Suède, puissances protestantes en guerre contre les Habsbourg. Dans un premier temps, Richelieu replace sous contrôle français la vallée de la Valteline, un nœud de communications essentiel en Europe, que l'Espagne lui disputait (1626). Il assure au duc de Nevers le duché de Mantoue et le Montferrat en forçant le pas de Suse (1629) : c'est l'épisode de la guerre de Succession de Mantoue.

En 1632, l'armée du roi occupe les États de Charles IV, duc de Lorraine, hostile à la France.

Louis XIII déclare la guerre à l’Espagne en 1635. Les premiers temps de guerre sont difficiles : la chute de Corbie sur la Somme en 1636 laisse craindre une attaque sur Paris. Richelieu est effondré mais Louis XIII organise la défense de la capitale. À partir de 1640, l’effort de guerre fait basculer le sort en faveur de la France. Richelieu qui s'est attribué le titre de « Grand Maître et Surintendant de la Navigation » développe une armée de terre mais aussi une marine de guerre permanente.

Il accroît considérablement les prélèvements fiscaux qui suscitent de nombreuses révoltes de la paysannerie durement réprimées.

Il exploite le manque de cohésion au sein de la monarchie espagnole. La Catalogne fait sécession en 1640. Peu après, le Portugal restaure son indépendance, mettant fin à l'Union ibérique à laquelle il avait été contraint soixante ans auparavant sous le règne de Philippe II d'Espagne.

Les armées du roi de France font la conquête de l’Alsace et de l’Artois en 1640, puis du Roussillon en 1642. Après la mort du cardinal, un brillant chef militaire, le futur prince Louis II de Condé remporte les victoires de Rocroi (1643), Fribourg-en-Brisgau (1644), Nördlingen (1645) et Lens (1648).

Autres réalisations d'intérêt général[modifier | modifier le code]

Il donne une grande extension aux établissements coloniaux, faisant occuper notamment les Petites-Antilles, Saint-Domingue, la Guyane, le Sénégal, etc. Pour soutenir Samuel de Champlain en Nouvelle-France et conserver le poste de Québec, il fonde en 1627 la Compagnie des Cent-Associés, puis rend le Canada à l’autorité française de Champlain par le Traité de Saint-Germain-en-Laye (1632), après que la colonie eut été prise par les frères Kirke en 1629. Ce succès permet à la colonie de se développer par la suite et de devenir le centre de la culture francophone en Amérique du Nord.

Richelieu est aussi célèbre pour le soutien qu’il apporte aux arts ; le fait le plus connu est la fondation en 1635 de l'Académie française, société responsable des questions concernant la langue française.

Mort et succession[modifier | modifier le code]

Richelieu sur son lit de mort, peint par Philippe de Champaigne.

Richelieu souffre dans les dernières années de sa vie de fièvres récurrentes (peut-être la malaria), de rhumatismes et de goutte (il ne se déplace plus que dans une chaise à porteur et litière), de ténesme (provoqué par des hémorroïdes à répétition et probablement contracté par sa gonorrhée lors de sa formation militaire, ce qui suscite des sarcasmes triviaux au sujet du « cardinal au cul pourri »[22]), de tuberculose intestinale (avec comme conséquence des fistules et une ostéite tuberculeuse qui fait suppurer son bras droit) et de migraine, ce qui accentue son hypocondrie. Les lavements et saignées pratiqués par ses médecins ne font que l'affaiblir. Crachant fréquemment du sang, il meurt le 4 décembre 1642, probablement des suites d'une tuberculose pulmonaire, son autopsie ayant révélé des nécroses caséeuses des poumons[23].

Les exigences de sa politique ont rendu le cardinal tellement impopulaire qu'à l'annonce de sa mort, le peuple allume des feux de joie pour fêter l'événement[réf. nécessaire].

Sur le plan politique, Richelieu recommande au roi son successeur, Jules Mazarin. Sur le plan personnel, il possède à son décès 22 millions de livres[24] (une des fortunes les plus importantes de l'époque et, dit-on, la plus importante de tous les temps en France, après celle de Mazarin qui légua une fortune de 35 millions de livres) qui provient des largesses du roi, de ses nombreuses fonctions au gouvernement mais aussi des revenus et prébendes issus des quinze abbayes qu'il dirige (abbaye de Cluny, de Fontevraud)[25]. Il établit sa famille comme l'une des grandes maisons nobiliaires. Il transmet le duché de Richelieu à l’aîné de ses petits-neveux, Armand-Jean de Vignerot du Plessis. La descendance directe de ce dernier comprend le maréchal de Richelieu, ami de Louis XV, ainsi que le duc de Richelieu, premier ministre de Louis XVIII de 1815 à 1818.

Le cardinal accorde en outre le duché d’Aiguillon à sa nièce bien-aimée Marie-Madeleine de Vignerot d'Aiguillon, dont un héritier, duc d’Aiguillon, est secrétaire d’état aux affaires étrangères de 1771 à 1774.

Le prince de Condé attaque avec succès la succession en justice au nom des intérêts de sa belle-fille (Richelieu a marié sa nièce Claire-Clémence de Maillé au futur Grand Condé).

Inhumations[modifier | modifier le code]

Statues du cénotaphe de Richelieu dans la chapelle de la Sorbonne.

Le corps du cardinal est inhumé dans la chapelle de la Sorbonne, puis dans un caveau sous un mausolée en marbre de Carrare commandé par son héritière la duchesse d'Aiguillon, sculpté par François Girardon à partir de dessins de Le Brun et achevé qu’en 1694. Ce monument funéraire supporte un groupe sculpté représentant le cardinal demi-couché, une main sur son cœur et sur le cordon de l’Ordre du Saint-Esprit, l'autre ouverte sur le livre, les yeux tournés vers l’autel et le Créateur, s'abandonnant dans les bras de l'allégorie de la Piété et à ses pieds l'allégorie de la Doctrine chrétienne (ou de la Science ?)[précision nécessaire] également affligée de sa mort. Sur les côtés, deux anges portent ses armoiries, qui se trouvent reproduites sur les vitraux des trois fenêtres qui éclairent le porche intérieur. Au-dessus de lui pend, à trente pieds de hauteur, le chapeau rouge authentique du cardinal orné de glands de la même couleur. Selon la légende, lorsque le cordon lâchera, le chapeau tombera et l’âme du cardinal montera au Paradis[26].

Le 5 décembre 1793, les révolutionnaires saccagent son tombeau et ce malgré l'intervention physique d'Alexandre Lenoir. Les assaillants exhument le corps du cardinal, puis le décapitent ; le reste du corps est soit jeté à la Seine soit placé dans un des caveaux de la Sorbonne faisant office de fosse commune avec ceux de plusieurs membres de sa famille, dont le Maréchal de Richelieu. Cette profanation suscite un trafic de reliques sans que l'on puisse attester de leur authenticité, telle la tête, des cheveux et un petit doigt du cardinal[27]. La tête du Cardinal en partie momifiée aurait été emportée par un commerçant parisien nommé Cheval, bonnetier ou épicier rue de la Harpe qui, la Terreur finie, peut-être repentant, offre avec insistance la partie antérieure[28] à l'Abbé Boshamp[29] lequel, à sa mort en 1805, la lègue à son tour à l'Abbé Nicolas Armez, curé de Plourivo. Nicolas Armez étant le grand-oncle paternel de Louis Armez, député des Côtes-du- Nord, ce dernier rapportait parfois la tête momifiée à Paris pour la montrer à ses collègues de l'Assemblée Nationale. En 1846, la tête est prêtée au peintre Bonhomé pour réaliser un portrait en pied du cardinal pour le Conseil d'État. Mise à l'abri à Saint-Brieuc où elle est exposée tous les ans aux élèves à la remise des prix du collège, la relique ne retrouve la Sorbonne que le 15 décembre 1866 lors d'une cérémonie funèbre en présence de Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique et d'une délégation de l'Académie Française[30].

En 1896, Gabriel Hanotaux, ministre des Affaires étrangères et biographe du cardinal, s'empare du crâne pour l'examiner une dernière fois, en faire des photographies et des moulages[31],[32], avant de le placer dans un coffret scellé et de le faire recouvrir d'une chape de ciment armé, dans un lieu tenu secret à proximité du tombeau[33]. Le 4 décembre 1971, la tête est inhumée à nouveau dans la chapelle et son cénotaphe replacé à sa place originelle, au centre du chœur, lors d'une cérémonie officielle en présence de Jacques Duhamel, ministre de la Culture, des corps constitués et d'une délégation de l'Académie française[34].

L'héritage de Richelieu[modifier | modifier le code]

Œuvre architecturale[modifier | modifier le code]

La Sorbonne[modifier | modifier le code]

Élu le 29 août 1622 proviseur de la Maison et Société de Sorbonne, Richelieu entreprend un ambitieux programme de rénovation du collège et de sa chapelle pour lequel il a dépensé 500 000 livres[35].

Le palais Cardinal (actuel Palais-Royal)[modifier | modifier le code]

En 1624, Richelieu achète l’hôtel de Rambouillet qui présente pour lui le double avantage d’être proche du Louvre et d’être bordé par un fragment de l’enceinte de Charles V qui peut, s'il est démoli, fournir un grand espace en pleine ville derrière son hôtel. C'est le cas en 1633, un brevet royal lui donnant la propriété des terrains. Il entreprend alors, en faisant appel à l’architecte Jacques Lemercier, la transformation de l’hôtel en un véritable palais, le Palais-Cardinal, avec des appartements somptueux et un théâtre qui demeurera longtemps le plus beau de Paris. Sauval[36] a laissé des témoignages précis sur la galerie des Hommes Illustres du Palais-Cardinal qui comportait, accompagnés de quatre statues et trente-huit bustes de marbres antiques, vingt-cinq portraits (dont celui de Louis XIII et le sien) peints par Philippe de Champaigne et Simon Vouet.

La cité de Richelieu[modifier | modifier le code]

Grande-Rue de la cité de Richelieu (Indre-et-Loire).

En 1631, au faîte de sa puissance, il obtient du roi l'autorisation de construire en Touraine le château et le bourg de Richelieu, en lieu et place du domaine de ses ancêtres où il vécut sa prime enfance. Ce lieu est considéré aujourd'hui comme l'un des chefs-d'œuvre de l'urbanisme occidental du XVIIe siècle.

Le château du Val[modifier | modifier le code]

En 1633, Richelieu acquiert à Rueil le château du Val, qu'il aménage à grand frais pendant des années pour en faire un véritable palais et qui devient sa résidence favorite. Loin des cabales et du bruit de la ville, il est idéalement placé sur la route entre Paris et Saint-Germain-en-Laye, où le roi aime aller chasser.

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Le cardinal a beaucoup écrit et sous les formes les plus diverses pour justifier les objectifs de sa politique et ses actes.

  • Ordonnances synodales, 1610.
  • Brève et facile instruction pour les confesseurs, 1610.
  • La Défense des principaux points de la foi catholique contre la lettre des quatre ministres de Charenton, 1617.
  • Œuvres théologiques , 1647.
    • Tome I « Traité de la perfection du Chrétien », Paris, Honoré Champion éd., 2002, 500 p.
    • Tome II « Traité qui contient la méthode la plus facile et la plus assurée pour convertir ceux qui se sont séparés de l’Église », Archives de sciences sociales des religions, juin 2007, document 138-75.
  • Succincte narration des grandes actions du Roy Louis XIII .
  • Mémoires, nouvelle édition, 10 vol., Paris, Sté de l’histoire de France, 1908-1931.
  • Testament politique
    • édition critique, introd. et notes par L. André ; préface de Léon Noèl, de l'Institut. Paris, Robert Laffont, 1947.
    • édition présentée par Arnaud Teyssier, Perrin, 2011, ISBN 978-2-262-03592-1

Citations et maximes célèbres[modifier | modifier le code]

Les citations suivantes sont extraites des Mémoires du cardinal de Richelieu, et de son Testament politique.

  • « La politique consiste à rendre possible ce qui est nécessaire. »
  • « Des petites étincelles naissent les grands embrasements. »
  • « Faire une Loi et ne pas la faire exécuter, c'est autoriser la chose que l'on veut défendre. »
  • « Il faut dormir comme un lion, sans fermer les yeux. »
  • « Il ne faut pas se servir des gens de bas-lieu : ils sont trop austères et trop difficiles. »
  • « L'autorité contraint à l'obéissance, mais la raison y persuade. »
  • « La méthode ne vaut que par l'exécution. »
  • « Sire, il est question de couper la gorge aux duels, ou bien de couper la gorge aux lois de Votre Majesté. »
  • « Les rois n'ont pas de pieds pour marcher en arrière. »
  • « Nul ne voit jamais si clair aux affaires d'autrui que celui à qui elles touchent le plus. »
  • « Perdre bientôt la mémoire d'un bienfait est le vice des Français. »
  • « Pour perdre un rival, l'artifice est permis : on peut tout employer contre ses ennemis. »
  • « Poursuivre lentement un dessein, et le divulguer, est identique à parler d'une chose pour ne pas la faire. »
  • « Qui a la force a souvent la raison, en matière d'État. »
  • « Savoir dissimuler est le savoir des rois. »
  • « Le secret est l'âme des affaires. »
  • « Donnez-moi deux lignes de la main d'un homme, et j'y trouverai de quoi suffire à sa condamnation. »
  • « Les dépenses les plus nécessaires pour la subsistance de l'État étant assurées, le moins qu'on peut prélever sur le peuple est le meilleur. »
  • « Il en est des États comme des corps humains : la bonne couleur qui apparaît au visage de l'homme fait juger au médecin qu'il n'y a rien de gâté au-dedans. »
  • « Il faut écouter beaucoup et parler peu, pour bien agir au gouvernement d'un État. »
  • « Il n'y a pas au monde de nation si peu propre à la guerre que la nôtre. »
  • « En matière d'État, il faut tirer profit de toutes choses, et ce qui peut être utile ne doit jamais être méprisé. »
  • « En matière de crime d'État, il faut fermer la porte à la pitié. »
  • « Si Dieu défendait de boire, aurait-il fait ce vin si bon ? »
  • « Quand une fois j'ai pris ma résolution, je vais droit au but et renverse tout de ma robe rouge. »
  • « Les plus nobles conquêtes sont celles des cœurs et des affections. »

Petite histoire[modifier | modifier le code]

Quelques allusions à la galanterie supposée du Cardinal[modifier | modifier le code]

Trois sources, jamais documentées par les historiens, prêtent des liaisons au Cardinal, toutes rapportées par Tallemant des Réaux : les Historiettes de Tallemant des Réaux où il affirme que « le Cardinal aimait les femmes ; mais il craignait que le roi soit médisant[37] », Galanterie des rois de France et l’album du maréchal de Bassompierre.

  • Marion Delorme, prostituée notoire (selon Tallemant des Réaux[38] et l’ouvrage Galanteries des rois de France[39]).
  • Marie-Madeleine de Vignerot d'Aiguillon (1604 - 1675). Nièce du Cardinal, femme d’une grande beauté, elle est plus connue sous le titre de Madame d’Aiguillon. Une chanson sarcastique de l’époque, contre le Cardinal, lui suppose sans équivoque des relations avec sa nièce, parlant de Mme d’Aiguillon et de la princesse de Condé, maîtresse du Cardinal de La Valette : « La Combalet et la princesse, ne pensant point faire de mal, et ne s’en iront point à confesse, d’aimer chacune un Cardinal, car laisser lever sa chemise, et mettre ainsi leur corps à l’abandon, n’est que se soumettre à l’église, qui leur donnera son pardon »[40]. Il y aurait eu des enfants de cette liaison ; le journal d’Olivier Lefèvre d’Ormesson annonce que le 16 août 1647, la belle-sœur de Mme d’Aiguillon présente une requête pour désavouer ses enfants, elle affirme qu’ils sont à Mme d’Aiguillon et au Cardinal [41].
  • Madame de Chaulnes, femme du maréchal[42].

Le chat comme animal de compagnie[modifier | modifier le code]

Richelieu en compagnie de ses chats et du père Joseph.

Pour l'anecdote, le Cardinal de Richelieu a contribué à faire considérer les chats comme animaux de compagnie. Il a installé une chatterie au Palais-Cardinal et les chroniqueurs rapportent qu'il avait toujours un chat sur ses genoux lorsqu'il travaillait. À sa mort, il possédait quatorze félins, la plupart des persans au poil Angora, dont les noms sont parvenus jusqu'à nous : Félimare, Lucifer, Ludovic-le-Cruel, Ludoviska, Mimi-Piaillon, Mounard-Le-Fougueux, Perruque, Rubis-sur-l'ongle, Serpolet, Pyrame, Thisbe, Racan, Soumise et Gazette[43].

Représentation de Richelieu dans les arts[modifier | modifier le code]

Arts plastiques[modifier | modifier le code]

Buste de Richelieu (1640-1641) par Le Bernin, musée du Louvre, Paris.
  • Richelieu commande plusieurs portraits de sa personne au peintre Philippe de Champaigne, qui est son portraitiste attitré et seul peintre autorisé à le représenter en habit de cardinal. En tout, Champaigne réalise onze portraits de Richelieu.
  • Le Bernin, le plus célèbre sculpteur de l'époque, réalise un buste du Cardinal aujourd'hui conservé au musée du Louvre dans la galerie de sculpture italienne.
  • François Girardon, statue du cardinal de Richelieu (1585-1642) dans la chapelle de la Sorbonne, sur son tombeau.
  • Abraham Dupré, une médaille du cardinal.

Littérature[modifier | modifier le code]

Certains voient en lui l'un des plus importants ministres qui aient gouverné la France : Ses visions politiques sont fécondes et sont mises à exécution avec une persévérance, une fermeté inébranlables. La tradition populaire — influencée par le portrait qu'en a tracé Alexandre Dumas — retient l'image d'un personnage froid et machiavélique, presque maléfique[44], qui mérite — au regard de l'histoire réelle — d'être sérieusement nuancé. On lui reproche de s'être montré implacable et d'avoir quelquefois exercé des vengeances personnelles sous le prétexte des intérêts de l'État. La couleur rouge de sa cape ou la couleur pourpre de sa soutane cardinalice s'accordent — disent ses adversaires — à son caractère sanguinaire. Comme en témoigne le vers par lequel se termine Marion de Lorme : « Regardez tous ! Voilà l’homme rouge qui passe ».

  • Corneille a des sentiments mitigés au sujet de Richelieu qui avait encouragé les critiques de l'époque au sujet de La « querelle du Cid », aussi compose-t-il ces vers à la mort du cardinal-ministre (1643)[45] :

Qu’on parle mal ou bien du fameux cardinal
Ma prose ni mes vers n’en diront jamais rien ;
Il m’a trop fait de bien pour en dire du mal ;
Il m’a trop fait de mal pour en dire du bien.

Ci-gît un fameux Cardinal
Qui fit plus de mal que de bien ;
Le bien qu'il fit, il le fit mal ;
Le mal qu'il fit, il le fit bien.

  • À l'annonce de la mort du cardinal, son intransigeance aurait dicté cette réflexion au pape Urbain VIII : « Si Dieu existe, il [Richelieu] devra répondre devant lui de beaucoup de choses. Sinon, ma foi, il aura bien réussi dans la vie »[47].
  • Voltaire, qui conteste la paternité de son Testament politique, l'admire mais lui reproche son trop grand pouvoir[48], comme Montesquieu dans ses Pensées[49].
  • Alexandre Dumas en fait un des personnages principaux des Trois mousquetaires: il le dépeint comme l'homme d'État par excellence, machiavélique et empli de sa mission gouvernementale (D'Artagnan devient lieutenant des mousquetaires grâce à Richelieu).
  • Michel Zévaco, dans L'Héroïne, en fait la cible d'une vengeance féminine après l'assassinat de la mère de l'héroïne, Annaîs de Lespars. Richelieu est enterré dans la chapelle de la Sorbonne.
  • Alfred de Vigny, dans son Cinq-Mars paru en 1826, est l'un des premiers auteurs à poser « l'Homme rouge » . Le cardinal y est l'ennemi du jeune marquis d'Effiat, qui va tout tenter pour l'éliminer et affranchir l'infortuné Louis XIII de l'influence de son tout-puissant Ministre. Richelieu est dépeint par Vigny comme un être omnipotent, quasi-omniscient, machiavélique, égocentrique et valétudinaire.
  • Victor Hugo sera influencé par cette perception du Cardinal-duc, dans sa pièce Marion Delorme[50] : « Meure le Richelieu, qui déchire et qui flatte ! L’homme à la main sanglante, à la robe écarlate ! »[51].
  • Robert Merle, dans les tomes 10 à 13 de Fortune de France, dépeint un personnage formidablement subtil et calculateur mais essentiellement obsédé par le service du roi ; l'auteur présente les manœuvres du cardinal comme toujours inspirées par le bien public.

Cinéma, télévision et théâtre[modifier | modifier le code]

Si Richelieu a connu de nombreuses incarnations au cinéma et à la télévision, là encore, le personnage est le plus souvent traité d'après l'œuvre d'Alexandre Dumas.

Interprètes du cardinal de Richelieu (liste non exhaustive) :

Numismatique[modifier | modifier le code]

La médaille Richelieu[modifier | modifier le code]

En mémoire de celui qui avait tant fait pour l'établissement, l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne a créé la médaille Richelieu, une décoration décernée depuis 2010 à des personnalités « qui par leur position, leurs déclarations et/ou leurs actes, contribuent activement au respect et à la défense des valeurs de l'Université, tout en favorisant la diffusion d'un savoir universitaire d'excellence[54] ».

Généalogie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Feuillet de Conches, Causeries d'un curieux
  • Le Moniteur
  • L'Intermédiaire.
  • Mémoires, par le Cardinal de Richelieu.
  • Testament politique, par le Cardinal de Richelieu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A.D. de la Fontenelle de Vaudoré, Histoire du Monastère et des évêques de Luçon, Deuxième partie, Paris, 1847
  2. "La pourpre (épiscopale) maintient intacte la bonne foi (la candeur, l'innocence...), la dirige et la renforce"
  3. Gabriel Hanotaux, Auguste de Caumont duc de La Force, Histoire Du Cardinal de Richelieu, Plon,‎ 1932, p. 65
  4. Historiettes, Tallemant des Réaux, Bibliothèque de la Pléiade ISBN 2-07-010547-4, notes P 898
  5. http://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr;p=francois;n=du+plessis+de+richelieu;oc=2
  6. Son existence a été redécouverte récemment Cf. Roland Mousnier, L'Homme rouge, Robert Laffont (ISBN 978-2221065921)
  7. « La Vendée catholique : Les Richelieu et l'évêché de Luçon », vendee.catholique.fr.
  8. Arnaud Teyssier, Richelieu : La Puissance de gouverner, Éditions Michalon,‎ 2007 (ISBN 2841863964), p. 21-22
  9. a, b, c et d Cécile d'Albis, Richelieu : L'Essor d'un nouvel équilibre européen, Armand Colin,‎ 2012, p. 220
  10. « Armand-Jean du Plessis, cardinal de Richelieu », larousse.fr.
  11. a et b Michel Carmona, Richelieu : L'Ambition et le Pouvoir, Paris, Fayard, 1983, p. 35.
  12. a et b Gédéon Tallemant des Réaux, Louis Jean Nicolas Monmerqué (éditeur scientifique), Hippolyte de Châteaugiron (éditeur scientifique) et Jules-Antoine Taschereau (éditeur scientifique), Les Historiettes de Tallemant Des Réaux : Mémoires pour servir à l'histoire du XVIIe siècle, t. 1, Paris, Alphonse Levavasseur,‎ 1834, 21 cm, 427 p. (notice BnF no FRBNF31430281, lire en ligne), p. 345
    La vue 349, dans la reproduction sur Gallica, correspond à la page 345 du tome 1. « Il alla à Rome et y fut sacré évêque (en 1607). Le Pape Paul V lui demanda s'il avoit l'âge ; il dit que ouï, et après il lui demanda l'absolution de lui avoir dit qu'il avoit l'âge, quoiqu'il ne l'eût pas. Le Pape dit : « Questo giovane sara un gran furbo » ».
  13. Michel Popoff, Armorial de l'ordre du Saint-Esprit, d'après l'œuvre du père Anselme et ses continuateurs, Le Léopard d'or,‎ 1996, p. 35
  14. Marie-Catherine Vignal Souleyreau, Richelieu ou la Quête d'Europe, Éditions Flammarion,‎ 2008, p. 27
  15. Pierre-Jean Dufief, L'Écrivain et le Grand Homme, Librairie Droz,‎ 2005, p. 169
  16. Françoise Hildesheimer, Richelieu, Flammarion, 2004, p.65.
  17. Les Historiettes de Tallemant Des Réaux, Bibliothèque de la Pléiade, notes p.234 (ISBN 2-07-010547-4).
  18. Hildesheimer, op. cit. p.90.
  19. a et b Hildesheimer, op. cit., p.98.
  20. M.-N. Baudouin-Matuszek, Béatrice de Andia, Marie de Médicis et le Palais du Luxembourg, DAAVP,‎ 1991, p. 235
  21. Guy Saupin, La France à l'époque moderne, Armand Colin,‎ 2010, p. 142
  22. Paul Servant, Les Derniers Jours de Richelieu, C. Blot,‎ 1886, p. 36
  23. Augustin Cabanès, « Le Médecin de Richelieu », Le Cabinet Secret de l'Histoire, 4e série, Paris, Dorbon Ainé, 1905, p. 16-43
  24. Dont il faudrait retrancher un passif de 6,5 millions de dettes[réf. nécessaire].
  25. Jean-Claude Hocquet, Le Sel et le Pouvoir : De l'an mil à la Révolution française, Albin Michel,‎ 2012, p. 327
  26. Auguste Vitu, Paris, il y a 100 ans, J. de Bonnot,‎ 1975, p. 125
  27. Jean Chasse, « À la recherche de la tête et du petit doigt de Richelieu », Historia n°196, mars 1963.
  28. À sa mort, son crâne avait en effet été scié pour en extraire le cerveau.[réf. nécessaire]
  29. À moins que ce ne soit lui qui ait directement subtilisé la relique.[réf. nécessaire]
  30. Clémentine Portier-Kaltenbach, Histoires d'os et autres illustres abattis, Lattès,‎ 2007 (ISBN 978-2709628303, lire en ligne), p. 41-56
  31. La moustache est caractéristique mais la pointe de la barbichette manque, le médecin de Richelieu ayant raconté qu'elle avait été coupée quelques jours avant sa mort, car le cardinal en mettait partout dessus lorsqu'il mangeait alité.
  32. Masque mortuaire du cardinal duc de Richelieu dans une vitrine de la salle des Actes de la Sorbonne
  33. Les Dernières Demeures de nos célébrités à Paris
  34. Marie-Louise Marchand-Thébault, Histoire de l'Université de Paris, Chancellerie des Universités de Paris,‎ 1973, p. 152
  35. Antoine Adam, Richelieu, Hachette,‎ 1972, p. 227
  36. Henri de Sauval, Histoire et Recherches des Antiquités de la Ville de Paris, Paris, 1724, p. 158-172.
  37. Historiettes, Tallemant des Réaux, Bibliothèque de la Pléiade, (ISBN 2-07-010547-4), p. 265.
  38. Tallemant des Réaux, op. cit. p. 264.
  39. Tallemant des Réaux, op. cit. p. 937.
  40. Tallemant des Réaux, op. cit., p. 982.
  41. Tallemant des Réaux, op. cit., p. 985.
  42. Louis Dutens, Mémoires d'un voyageur qui se repose, Chez Bossange, Masson et Besson,‎ 1806, p. 196
  43. Laurence Bobis, Une histoire du chat : de l'antiquité à nos jours, Seuil,‎ 2006, p. 258
  44. Alfred de Vigny, Cinq-Mars.
  45. Louis Mayeul Chaudon, Antoine François Delandine, Nouveau dictionnaire historiqueChez Bruyset, 1804, p. 623
  46. Franck Ferrand, « Richelieu, l'homme rouge », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 21 septembre 2012
  47. Michel Clévenot, Les chrétiens du XVIIe siècle, Retz,‎ 1989, p. 33
  48. Voltaire, Supplément au Siècle de Louis XIV (1753), Gallimard,‎ 1957, p. 1272
  49. Céline Spector, Montesquieu. Pouvoirs, richesses et sociétés, PUF,‎ 2004, p. 104
  50. La troisième maîtresse de Richelieu selon Guy Patin
  51. Victor Hugo, Œuvres complètes de Victor Hugo, Volume 1, Adolphe Wahlen et C°,‎ 1837 (lire en ligne), p. 59
  52. Intrigues secrettes et politiques du Cardinal de Richelieu, Paris,‎ 1803 (lire en ligne), p. 39
  53. [ http://www.wikitimbres.fr/timbres/4496/tricentenaire-de-lacademie-francaise-fondee-par-richelieu-1635-1935 Voir la fiche technique du timbre-poste]
  54. La médaille Richelieu sur le site de l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne.
  55. Généastar : Ascendants d'Armand-Jean DU PLESSIS

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Desmarets de Saint-Sorlin et Richelieu, Europe, comédie héroïque, H. Le Gras, Paris, 1643 (lire en ligne) ; rééd. précédée d’un essai de Sylvie Taussig, Brepols, 2006
  • Jean Desmarets de Saint-Sorlin, Tombeau du grand cardinal duc de Richelieu, H. Le Gras, Paris, 1677 (lire en ligne)
  • Vincent-Marie de Vaublanc, Mémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie, 4 vol., Paris, 1833 (disponible sur Gallica : tomes 1, 2, 3 et 4)
  • Gédéon Tallemant des Réaux, Historiettes : Le Cardinal de Richelieu, A. Levavasseur, Paris, 1834 (lire en ligne) ; édition complète Bibliothèque de la Pléiade, 1960 (ISBN 2-07-010547-4)
  • Edmond Bonnafé, Recherches sur les collections des Richelieu, Plon, Paris, 1883
  • Léon-Gabriel Toraude, Les Tribulations posthumes du masque de Richelieu, Imprimerie du Palais, Paris, 1925
  • Gabriel Hanotaux, Histoire du cardinal de Richelieu, Plon, Paris, 1932
  • Auguste Bailly, Richelieu, Fayard, Paris, 1934
  • Louis Battifol, Richelieu et le Roi Louis XIII, suivi de Autour de Richelieu, Calmann-Lévy, 1934
  • Henri Carré, La Jeunesse et la Marche au pouvoir de Richelieu, Bernard Grasset, Paris, 1944
  • Philippe Erlanger, Richelieu, coll. Tempus, Perrin, Paris, 1967
  • Cesare Giardini, Jean-Michel Charlier (trad.), Richelieu, coll. Les Grands de tous les temps, Dargaud, 1969
  • (en) Louis Auchincloss, Richelieu, Viking Press, New York, 1972
  • Pierre Chevallier Louis XIII, roi cornélien, Fayard, Paris, 1979
  • Renée Casin, Le Cardinal de Richelieu. Un Prophète de l'unité, Résiac, Paris, 1980
  • Michel Carmona, Marie de Médicis, Fayard, Paris, 1981
  • Michel Carmona, Richelieu, l'ambition et le pouvoir, Fayard, Paris, 1983
  • Michel Carmona, La France de Richelieu, Fayard, Paris, 1984
  • (en) John H. Elliott, Richelieu and Olivares, éd. Université de Cambridge, 1984 ; éd. française, Presses universitaires de France (PUF), Paris, 1991
  • Richelieu et le Monde de l'esprit, Imprimerie nationale, Paris, 1985
  • Léopold Lacour, Richelieu dramaturge, Librairie Ollendorff, Paris, avril 1925
  • L'abbé L. Lacroix, Richelieu à Luçon : sa jeunesse, son épiscopat. Paris, Letouzey, 1890. Publié par l'abbé Jean Prim, 1986
  • Roland Mousnier, L'Homme rouge. Vie du cardinal de Richelieu (1585-1642), coll. Bouquins, Robert Lafont, Paris, 1992 (ISBN 2-221-06592-1)
  • Joseph Bergin, Pouvoir et fortune de Richelieu, Robert Laffont, Paris, 1987
  • Joseph Bergin, L'Ascension de Richelieu, Philippe Delamare (trad.); coll. Bibliothèque historique, Payot, 1994 (ISBN 2-228-88738-2)
  • André Castelot et Alain Decaux, Louis XIII et Richelieu, Liriade, 1997
  • Richelieu Mémoires complets , éditions Paleo, coll. Sources de l'histoire de France.
  • François Bluche, Richelieu, Perrin, Paris, 2003
  • Françoise Hildesheimer, Richelieu, Flammarion, Paris, 2004
  • Pierre Blet, Richelieu et l'Église, Via Romana, 2007
  • Marie-Catherine Vignal Souleyreau, Richelieu ou la Quête d'Europe, Pygmalion, 2008
  • Ouvrage collectif, Richelieu, patron des arts, avec une contribution de Grégory Vouhé sur le château de Richelieu, éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, coll. Passages, 2009
  • Marie-Catherine Vignal Souleyreau, Le Cardinal de Richelieu à la conquête de la Lorraine : correspondance, 1633, Paris, L'Harmattan,‎ 2010, broché, 783 p. (ISBN 978-2-296-11566-8, OCLC 613308516)
  • Marie-Catherine Vignal Souleyreau, Le Trésor pillé du roi : correspondance du cardinal de Richelieu, année 1634, 2 vol., L'Harmattan, Paris, 2012

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]