Religion saami

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Un chamane saami avec son tambour magique (gravure du XVIIIe siècle)

La connaissance de l’ancienne religion saami est essentiellement basée sur des sources archéologiques et des témoignages des missionnaires chrétiens dans le nord de la Scandinavie entre le Moyen Âge et le début du XVIIIe siècle. Certaines de ces descriptions sont cependant biaisées, les mœurs qu’ils décrivent relevant pour nombre d'entre eux du paganisme.

On a par ailleurs identifié divers endroits sieidi en Scandinavie septentrionale, lieux de pratiques religieuses anciennes. Des objets sont aussi occasionnellement retrouvés. Certains, datant de la période allant du IXe au XIVe siècle, sont généralement qualifiés de « dépôts métalliques saami », de par la présence importante d’objets en métal. Ce sont généralement des pièces de monnaie originaire de Grande-Bretagne et d’Allemagne, ainsi que des pointes de flèches ou de lances. Des outils en bois de rennes sont aussi souvent retrouvés.

La religion des Saami relevait essentiellement du chamanisme. Le chaman, dénommé noaidi (same du nord) ou nåejtie (same du sud), intervenait à différents moments et circonstances dans la vie d’une communauté, et il ou elle faisait office d’intermédiaire entre la communauté et les dieux, les esprits et les ancêtres.

L’instrument privilégié du chaman lors des cérémonies était le tambour magique (meavrresgárri), qui lui permettait d’accéder à l’état de transe. Une flûte magique appelée fadno était parfois utilisée. Le chant saami traditionnel, le joik, était pratiqué au cours des cérémonies, faisant entrer le chamane en transe où il pouvait pénétrer le monde magique du saivo, lieu de discussion avec les dieux, esprits et ancêtres concernant le destin de la communauté ou d'un de ses membres.

Le tambour magique était généralement composé d’un arceau de bois sur lequel était tendu une peau épilée de renne, la géométrie du tambour pouvait être légèrement ovale, tout comme les tambours de chaman trouvés en Sibérie. Sur le tambour magique étaient peint, avec une encre faite de sève d’aulne mélangée à de la salive, divers motifs liés à la mythologie des Saamis. Au centre généralement un losange avec quatre rayons symbolisant le soleil. Un marteau (ballem ou vietjere) en bois de renne était utilisé pour battre le tambour. Des baguettes (árpa ou baja) en os ou laiton étaient parfois utilisées. Les femmes chamanes utilisaient une ceinture ou une baguette plutôt que le tambour magique. Des essais effectués sur de vieux tambours saami montrent que l'on frappait chaque tambour en un nombre limité d'endroits, correspondant aux caractéristiques sonores dudit instrument[1].

Les hommes se confessaient aux dieux sacrificiels masculins, alors que les femmes s’adressaient aux divinités féminines de fertilité. Des sacrifices d’animaux étaient aussi pratiqués, et les objets métalliques y avaient une importance particulière. Les « animaux blancs » (rennes, vaches, moutons,… blancs.) étaient généralement vénérés. De nombreuses pierres existent encore, présentant toujours des traces d’huile de poisson ou de renne.

Comme d’autres religions circumpolaires, la religion des Saamis incorporait des évocations de chasse, en particulier d’ours (culte de l'ours). Il y avait également des éléments de la mythologie nordique, de même que du christianisme dans les dernières années.

L’ancienne religion des Saamis n’est plus pratiquée depuis longtemps. Les premiers missionnaires chrétiens entrèrent en contact avec les Saamis dès le XIIIe siècle. Ils s’attachèrent à éradiquer les croyances traditionnelles, ce qui fut pratiquement achevé au début du XVIIIe siècle. Le luthérianisme puritain prôné par Lars Levi Laestadius (1800–1861) à partir de 1840 en extirpa les derniers éléments.

Les Saamis de nos jours sont chrétiens, et souvent avec plus de dévotions que leurs voisins norvégiens, finnois, suédois ou russes[réf. nécessaire]. Il reste cependant un substrat des anciennes croyances dans les pratiques religieuses et rebouteuses.

Les « shamans » proposant leurs services dans les journaux ou organisant des représentations à l’attention des touristes, n’ont généralement pas grand chose à voir avec les anciennes pratiques religieuses saami. Il s’agit le plus souvent de pratiques relevant du New Age ou du néopaganisme[réf. nécessaire].

Un tambour magique au Musée arctique de Rovaniemi

Organisation du monde[modifier | modifier le code]

Le monde était partagé en trois entités distinctes : le monde supérieur, habité par les dieux, le monde lui-même, habité par les mortels et le monde inférieur, celui des morts. Ce dernier était lui-même divisé en trois : Savoaimo, pour les chamans défunts, Rutaimo pour le dieu Ruto et Jabaimo pour les hommes défunts.

Panthéon[modifier | modifier le code]

Le panthéon reprenait notamment plusieurs dieux issus des mythologies nordiques

Dieux de la nature[modifier | modifier le code]

  • Horagállis ou Dierpmis, le dieu du tonnerre, à la fois bon et mauvais, maître des pluies et des tempêtes. Objet d’un important culte et de nombreux sacrifices
  • Beaivi (le soleil), qui chassait les mauvais esprits
  • Beaivi-Nieida (la vierge du soleil), la personnification de Beaivi
  • Bieggolmmái (l’homme du vent), chassant les démons et aidant de sa puissance bénéfique
  • Leaibolmmái (l’homme du sang ou des aulnes), le maître des animaux sauvages
  • Čáhcolmmái (l’homme de l’eau), le maître des lacs, aidant les pêcheurs
  • Ruonanieida, la déesse du printemps
  • Aske ou Mánnu (la lune), vénérée pendant les nuits polaires

Dieux personnifiés[modifier | modifier le code]

  • Varaldenolmmái, le dieu de la fertilité, qui donnait et reprenait l’âme du corps
  • Máttaráhkká, la femme chef, qui créait le corps
  • Sáráhkká, fille de Máttaráhkká, protégeant le fœtus
  • Uksáhkká (femme de la porte), veillait sur la maison
  • Juokshkká, qui déterminait le sexe de l’enfant

Dieux abstraits[modifier | modifier le code]

  • Ráddiáhcci (le père souverain), son fils Ráddibárdni et Ráddiáhká, sa femme
  • Ipmil ou Jupmel, le dieu suprême en certaines régions

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

La pierre sacrée "Nordkapphornet" ("Corne du cap Nord en norvégien") à flanc de falaise du Cap Nord

Quelques-uns des lieux de culte identifiés :


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. P. vitebsky, Les chamanes, le grand voyage de l'âme, forces magiques, extase et guérison, Evergreen-Tashen,‎ 2006

Source[modifier | modifier le code]

  • Odd Mathis Hoetta, L’ancienne religion et les croyances populaires des Sami, brochures du musée d'Alta (1994)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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