Raketa

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Raketa

Description de cette image, également commentée ci-après

en haut : le logo translitéré en alphabet latin ; en bas : le logo russe (en alphabet cyrillique)

Création 1961
Fondateurs URSS
Siège social Drapeau de Russie Peterhof (Russie)
Activité Horlogerie
Produits Montres
Société mère Usine de montres de Petrodvorets
Site web www.raketa.com
Montre Raketa de 1985 surnommée “Raketa Big Zéro” par les collectionneurs

Raketa, en russe : Ракета (quelquefois orthographié à tort Paкema du fait de la ressemblance entre en écriture manuscrite entre le T cyrillique minuscule et le M latin minuscule) est une marque de montres russes produite depuis 1961[1],[2] par l'Usine de montres de Petrodvorets à Saint-Pétersbourg.

Fondée en 1721 par Pierre le Grand et initialement spécialisée dans la taille de pierres précieuses, c'est la plus vieille usine de Russie. Sous l'ère soviétique l'usine devient le fournisseur principal en pierres de précision pour l'industrie horlogère nationale. À partir de 1949 l'usine assemble les montres Zvezda et Pobeda puis se spécialise dans la fabrication de montres à partir de 1954. La marque Raketa est lancée à partir de 1961 suite au premier vol habité dans l’espace de Youri Gagarine. Dans les années 1980, la production de Raketa était d'environ 5 millions de montres par an. Les montres Raketa étaient utilisées par l’Armée rouge, la Marine soviétique, par les explorateurs du Pôle Nord et la population civile soviétique mais ont également été exportées en occident, sous cette dénomination ou sous diverses autres marques (Sekonda, Cornavin, etc.)

Les origines de la marque[modifier | modifier le code]

Dans les années 1920, avant que l’Usine de montres de Petrodvorets ne produise des mécanismes horlogers, elle produisait des pierres techniques pour l’industrie militaire et l’industrie horlogère. En 1949 l’Usine a produisit ses premières montres sous les marques Zvezda et Pobeda. La production horlogère de cette usine sera ensuite diffusée sous plusieurs autres marques : Baltika, Cardinal, Cbet, Cornavin, Corsar, Exacta Raketa, Leningrad, Majak, Neva, Peterhoff, Petrodvoretz, Pilot, Polarnie, Rekord, Russia, Sekonda, Start, etc.

C'est en l'honneur de Youri Gagarine que l’Usine de Petrodvorets estampille ses nouveaux modèles sous le nom de Raketa (“fusée” en russe) en 1961. Mais à l’apogée de la guerre froide, les pays occidentaux ont interprété négativement cette nouvelle marque, pensant qu’elle faisait référence au lancement de la nouvelle génération de missiles intercontinentaux R-16 (Raketa en russe pouvant aussi vouloir dire “missile”). Cette image négative à l’ouest ne s’est pas arrangée en 1976 : lorsque le gouvernement soviétique décide de retirer les R-16 du service, les milliers d’employés de l’Usine de montres de Petodvorets décident de venir au travail habillés de noir pour porter le deuil en mémoire du retrait de ces missiles. Cette boutade fit la une de certains journaux soviétiques “Les montres Raketa perdent leur grand frère le R-16”.

Le mouvement “Raketa – 2609N” a servi de base pour produire deux douzaines de mécanismes : dont des mécanismes emblématiques avec calendrier, avec cadran 24 heures pour les explorateurs polaires et les sous-mariniers, mais aussi des montres antimagnétiques et des modèles spéciaux pour l’armée. Les montres mécaniques Raketa ont été exportées dans tous les pays d’influence communiste et au-delà. Il s’affichèrent jusqu’aux poignets de Mikhaïl Gorbatchev et Fidel Castro : En 1985, en la faveur d'une visite en Italie, les journalistes s'intéressèrent de près à la montre portée par Mikhaïl Gorbatchev et dont le 12 avait laissé place à un zéro. Interrogé sur sa montre singulière et sa numérotation étrange (surdimensionnée car initialement destinée aux malvoyants) Mikhaïl Gorbatchev aurait répondu que “les russes commencent de zéro[3]. La montre en question est surnommée par les collectionneurs “Raketa Big Zéro”.

La production de la marque Raketa à cette époque est alors considérée comme particulièrement fiable et reste encore actuellement une référence en termes de montre mécanique. En 1989 chaque usine Raketa se charge d'une activité spécifique : l'une d'elle perpétue l'activité historique de coupe de pierres semi-précieuses, et produira des variantes en séries limitées de certaines montres Raketa (munie d'un cadran en pierre) sous la marque Renaissance. Puis vint la chute de l’URSS et les privatisations sauvages. Une partie de l’usine est rapatriée dans d’anciens garages. La qualité de fabrication des montres chute inévitablement et les stocks de la période soviétique sont écoulés. Au tournant des années 1990 et 2000, de nombreuses contrefaçons apparaissent sur le marché souvent constituées d'assemblages hétéroclites de pièces détachées authentiques derrière de faux cadrans fantaisistes. Elle survit grâce aux commandes militaires jusqu’à son rachat en 2009 par Duraine, un fonds d’investissement dirigé par le Français Jacques von Polier alors que la production annuelle est tombée à a peine 10000 montres...

Depuis, de nouveaux modèles ont vu le jour, inspirées des montres les plus iconiques de l'histoire de la marque. Les montres actuelles (dont la production annuelle s'élève dorénavant à 40000 pièces) sont animées par des mouvements globalement conçus durant la période soviétique mais Raketa travaille sur la conception, la production et la commercialisation de nouveaux mouvements. Raketa opère dorénavant une montée en gamme, en relevant ses standards de qualité et de finition et à grand renfort de communication : graphismes colorés néo-soviétiques, médias, évènements et ambassadrices de charme surnommées “Miss Raketa”… La marque est d'ailleurs soutenue par le mannequin Natalia Vodianova, qui a dessiné une montre incrustée de rubis. Comme pour mieux renouer avec le passé de Petrodvorets. Raketa est à ce jour l'une des rares marques horlogères à produire la totalité des pièces de ses montres et l'une des dernières reliques de l'industrie horlogère soviétique. À ce titre, Jacques von Polier souligne sa volonté de préserver ce savoir-faire horloger 100% russe et la sauvegarde de l'outil industriel qui en découle.

Old Soviet watches and their modern Russian counterpart model.jpg

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Modèles actuels[modifier | modifier le code]

  • Montres bracelet
  • Montres à gousset
  • Montres pour les explorateurs polaires
  • Montres de plongée
  • Montres pour l’armée, la marine et l’aviation

Références[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]