Résidence de Munich

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48° 08′ 28″ N 11° 34′ 41″ E / 48.14111111, 11.57805556 ()

La façade de la Résidence de Munich

La résidence de Munich, appelée aussi palais de la Résidence, était le château des ducs, princes électeurs et rois de Bavière, au cœur de Munich. Elle comporte dix cours et 130 pièces réparties en trois ensembles : les appartements royaux (Königsbau) (jusqu'à la Max-Joseph-Platz), l'Ancienne Résidence (Alte Residenz) (jusqu'à la Residenzstraße) et le bâtiment de la salle des fêtes (Festsaalbau) (jusqu'aux jardins de cour).

La construction de la résidence s'étale sur plusieurs siècles. On y trouve donc un mélange de styles Renaissance, Baroque, Rococo et Classique. Sur la Residenzstraße, on peut voir, à l'entrée principale, quatre lions en bronze.

Construction[modifier | modifier le code]

Jardin de la grotte.

Dès 1385, à l'emplacement de la résidence actuelle, se trouvait le Neuveste, château ducal gothique, qui devint le vieux château. Les voûtes souterraines et les soubassements du vieux château sont encore visibles aujourd'hui dans la Cour de la pharmacie de la résidence de Munich. Le duc Albert V a fait construire « une chambre artificielle » par Wilhelm Egkl dans le bâtiment des écuries (aujourd'hui le département du patrimoine du land de Bavière). Comme la place n'était pas suffisante pour abriter la vaste collection de sculptures, Simon Zwitzel et Jacopo Starda ont édifié (entre 1568 et 1571) l'Antiquarium, la plus grande salle Renaissance au nord des Alpes.

En 1580-1581, le duc Guillaume V fait construire le Witwenstock (« appartement de la veuve ») pour la duchesse Anne. Entre 1581 et 1586, l'architecte Friedrich Sustris dessine les jardins de la grotte. En 1590, la Salle noire fait suite à l'Antiquarium. On entame alors, toujours sous la direction de Sustris, la construction de l'aile du prince héritier, au nord du Witwenstock. Sous le duc Maximilien Ier, futur prince-électeur, on ajoute une chapelle (1601-1603), et, entre 1611 et 1619, des chambres pour la cour impériale, la salle et l'escalier impériaux.

En style baroque, sous Ferdinand Marie de Bavière, la Salle papale est dédiée à Pie VI, transformée plus tard en appartement pour la princesse électrice. Les élargissements de Maximilien-Emmanuel de Bavière eurent lieu à la fin de sa vie : la Chambre d'Alexandre et les appartements d'été. Le reste a disparu dans l'incendie de 1729. Son fils et successeur, le prince-électeur Charles VII du Saint-Empire fit ajouter la chambre somptueuse et la galerie verte.

Au rez-de-chaussée, entre 1726 à 1730, on aménage la galerie des ancêtres et la salle du trésor. Toutes ces constructions ont servi à la gloire de la maison impériale. Sous le prince-électeur Maximilien III Joseph, on ajoute des appartements pour le prince-électeur et le théâtre de la résidence, appelé le « Théâtre Cuvilliés » un chef-d'œuvre de style rococo.

L'apogée de la construction a lieu sous le roi Louis Ier qui demande à l'architecte Leo von Klenze de réaliser un bâtiment de style classique sur le modèle des palais florentins Pitti et Rucellai, ainsi que la chapelle d'après celle du palais de Palerme.

Salle du trône.

Vers 1870, le roi Louis II de Bavière a apporté sa touche en faisant construire par August von Voit un jardin d'hiver de vastes dimensions (70 x 17 m) dans l'aile nord-ouest. Il s'agit d'une serre en fer et en verre de neuf mètres de haut, où se trouvaient des espèces exotiques (faune et flore), un lac artificiel et un kiosque mauresque, une grotte de pêcheur et une fresque panoramique[1]. En 1897, après le décès de Louis II, on a démonté cette construction aussi spectaculaire qu'onéreuse.

Destruction et reconstruction[modifier | modifier le code]

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la résidence a subi de graves dommages. Des 20 000 m² de la toiture, il ne restait que 50 m². Aussi, la résidence a été reconstruite après le conflit. Toutefois, des parties ont été définitivement perdues : les fresques de l'église de tous les saints, les appartements du pape, la salle du trône (devenue nouveau salon d'Hercule).

Le théâtre Cuvilliés a également été reconstruit mais à un endroit différent, à partir de 1958. Les travaux se sont échelonnés jusqu'en 1985.

Musée et trésor[modifier | modifier le code]

Fondé par le duc Albert V, le trésor abrite, en dix salles, les bijoux de la maison de Wittelsbach. La collection est une des plus importantes au monde, contenant les insignes, les couronnes, les épées, des pièces d'orfèvrerie, de cristal de roche, d'ivoire et d'objets nombreux comme des objets précieux de table et de toilette.

Les joyaux de la couronne

Parmi les objets exposés, on trouve le livre de prières de l'empereur Charles le Chauve (vers 860), la couronne de l'impératrice Cunégonde, le reliquaire de la Vraie Croix qui a appartenu à saint Henri, une croix impériale de la reine Gisèle (vers 1000), la couronne d'une reine d'Angleterre (vers 1370), et la célèbre statuette de saint Georges (Munich, vers 1599), les insignes des rois bavarois, y compris des insignes de l'empereur Charles VII, des épées de cérémonie et des bijoux en rubis qui ont appartenu à la reine Thérèse. L'art et l'artisanat non-européen est représenté, avec des porcelaines chinoises, des ivoires de Ceylan et des poignards turcs.

Le sommet du G7 1992 s’y tient.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kohlmaier, Georg, Houses of Glass: A Nineteenth-Century Building Type, MIT Press,‎ 1991 (ISBN 9780262610704, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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