Prosimien

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Le groupe des prosimiens (Prosimia) englobe des espèces de primates autrefois jugées plus primitives que les simiiformes. Autrement dit, ce taxon regroupe les espèces de primates considérées comme les plus éloignées des Hominidae - dont l'homme.

Toutefois, ce terme est considéré comme désuet depuis que le groupe qu'il a fini par définir est jugé paraphylétique (c'est-à-dire regroupant une espèce ancestrale et une partie seulement de ses descendants). Il a en effet été découvert que les tarsiers, inclus parmi les prosimiens, sont plus proches des Simiiformes que des Lemuriformes. Plutôt que Prosimiens, les taxons de Strepsirrhini et de Tarsiformes doivent donc être utilisés pour regrouper les espèces concernées.

Pour simplifier, mais d'une façon techniquement impropre, les prosimiens peuvent être considérés comme des « singes ».

Contexte[modifier | modifier le code]

Avant la classification proposée par Carl von Linné, toutes les espèces de singes et de lémuriens connues étaient regroupées sous le terme de quadrumane. Linné introduit le concept de primate et de quatre genres, les Lemur, Simia, Vespertilio et Homo, qui regroupaient respectivement, les espèces connues de lémuriens, singes et chauves-souris ainsi que l'homme. Une classification plus précise au seins des groupes Lemur, Simia et Homo était nécessaire.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ce terme dérive d'une construction à partir du latin Pro signifiant « premier » et de Simia, taxon, lui aussi obsolète, désignant les singes. Le terme Prosimia proposé en 1785 par Pieter Boddaert a été jugé synonyme du Lemur de Linné de 1758. Ce dernier organisait les Quadrumanes en trois groupes, les singes (Simia, Cercophithecus, Papio, Cebus, Caltithrix), les makis (prosemia) et les loris (Tardigradus)[1].

Problématique[modifier | modifier le code]

Ce terme est en outre propice à une erreur, en effet, une hypothèse ancienne puisque de Ernst Haeckel affirme que ce sont les primates de ce groupe qui doivent le plus ressembler aux fossiles des ancêtres communs à tous les primates. Or une idée fausse sur la théorie de l'évolution, présente l'évolution humaine comme une évolution de plus en plus poussée de primate pour aboutir à l'homme, l'être le plus abouti de la Création. Selon cette idée, l'espèce première serait issue des prosimiens, l'espèce ancêtre d'où le pro. Les théories actuelles, ne présentent pas les choses de cette façon. Les espèces qui sont regroupées parmi les prosimiens sont toutes aussi évoluées et pas plus primitives que les autres espèces de primates ou même animales. Les prosimiens ont par contre accumulé moins de différences observables avec l'ancêtre commun aux primates, comme l'homme ou le macaque par exemple.

Place dans l'arbre taxonomique[modifier | modifier le code]

Les espèces principalement classées dans les prosimiens étaient les primates vivant à Madagascar, en Afrique subsaharienne et en Asie du sud-est. Si l'on omet les tarsiers, tous les prosimiens appartiennent au sous-ordre des Strepsirrhini.

Les adapidés sont un groupe éteint de prosimiens, proches des strepsirhiniens. Les omomyidés sont un autre groupe de prosimiens mais plus proches des haplorrhiniens, dont fait partie le tarsier.

  • (fr) Charles-Dominique P (1971) Eco-éthologie et vie sociale des Prosimiens du Gabon. Thèse de Doctorat d’Etat, Paris (C.N.R.S. No. A.O. 58160).
  • (en) Charles-Dominique P (1971) Eco-éthologie des prosimiens du Gabon. Biol Gabon 7, 121-228.
  • (en) Charles-Dominique P (1972) Ecologie et vie sociale de Galago demidovii (Fisher 1808, Prosimii). Zf Tierpsychol 9, 7-41.
  • (en) Charles-Dominique P (1977) Ecology and behaviour of nocturnal primates. Prosimians of Equatorial West Africa. Translated by Martin RD. London : Duckworth.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle Par Jacques Eustache de Sève