Propranolol

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Propranolol
Propranolol
Propranolol
Identification
Nom IUPAC (RS)-1-(isopropylamino)-3-(naphthalen-1-yloxy)propan-2-ol
No CAS 525-66-6 (racémique)
5051-22-9 R(+)
4199-09-1 S(–)
No EINECS 208-378-0
Code ATC C07AA05
DrugBank DB00571
PubChem 4946
SMILES
InChI
Apparence Poudre cristalline blanche
Propriétés chimiques
Formule brute C16H21NO2  [Isomères]
Masse molaire[2] 259,3434 ± 0,0151 g/mol
C 74,1 %, H 8,16 %, N 5,4 %, O 12,34 %,
pKa 9.42[1]
Propriétés physiques
fusion 96 °C[1]
Solubilité 61,7 mg·l-1 (eau,25 °C)[1]
Écotoxicologie
LogP 3,48[1]
Données pharmacocinétiques
Biodisponibilité 30 à 70 %
Métabolisme Hépatique
Demi-vie d’élim. 4 - 5 h
Excrétion

Urinaire (< 1 %)

Considérations thérapeutiques
Classe thérapeutique Bêta-bloquant
Voie d’administration Orale
Intraveineuse
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.
Chlorhydrate de propranolol
Noms commerciaux
  • Avlocardyl (France)
  • Hemipralon LP (France)
  • Inderal (Belgique, Suisse)
  • Propranolol EG (Belgique, France)
  • PROPRANOLOL Ratiopharm (France)
  • Propranolol Helvepharm (Suisse)
  • Propranolol Teva (Belgique)
  • ...
Classe Antihypertenseur
Autres informations Sous classe : Bêta-bloquant
gélule de 80 mg de propranolol.

Le propranolol (DCI) est un médicament faisant partie de la classe des bêta-bloquants non sélectifs. C'est un médicament sympatholytique, c'est-à-dire qu'il bloque le système sympathique. Les sympatholytiques sont utilisés dans le traitement de l'hypertension, l'anxiété et les attaques de panique. Découvert par James W. Black en 1960, c'est le premier bêta-bloquant découvert. James W. Black a obtenu le Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1988 pour cette découverte. Comme d'autres bêta-bloquants, le propranolol est une substance considérée comme dopante[3].

Histoire et développement[modifier | modifier le code]

Le scientifique britannique James W. Black développa le propranolol dans les années 1960[réf. nécessaire]. En 1988, il reçut le prix Prix Nobel de physiologie ou médecine pour sa découverte. Le propranolol est dérivé d'antagonistes découverts précédemment : le dichloroisoprenaline et le pronethalol. La modification structurelle majeure, qui fut ensuite réutilisée pour les autres bêta-bloquants, était l'insertion d'un groupe oxyméthylène sur la structure aryléthanolamine du propranolol, ce qui augmente ainsi l'efficacité du composé. Ceci élimine aussi apparemment le caractère carcinogène retrouvé avec le pronethanol dans les modèles animaux.

De nouveaux bêta-bloquants plus sélectifs comme le nébivolol, le carvedilol ou le métoprolol sont maintenant utilisés dans le traitement de l'hypertension. Le brevet de fabrication est tombé dans le domaine public. Il est donc disponible sous une forme générique.

Mécanisme d'action[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un des tout premiers bêta-bloquants développés. Il est dit non cardio-sélectif car il bloque les récepteurs bêta-1 cardiaque et bêta-2 non cardiaques (vaisseaux, bronches). Par ce biais, il diminue, voire annule, l'arrivée des influx nerveux sur le cœur et le ralentit, augmente la contraction des vaisseaux sanguins, réduit la consommation en oxygène du cœur et bloque les fonctions du système nerveux sympathique sur les autres organes. Le propranolol par ailleurs inhibe les actions de la noradrénaline, un neurotransmetteur qui facilite la consolidation de la mémoire.

Indications[modifier | modifier le code]

En cardiologie, cette molécule a été progressivement supplantée par des molécules plus récentes, n'agissant que sur le cœur. Elle n'est donc plus guère utilisée (même si elle reste efficace) dans :

  • Hypertension artérielle
  • Angine de poitrine (Prévention des crises d'angor d'effort)
  • Troubles du rythme cardiaque avec arythmie (flutters et fibrillation atriales, tachycardie jonctionnelles) ou ventriculaires (extrasystole ventriculaire, tachycardie ventriculaire)
  • Prévention secondaire après infarctus du myocarde
  • Signes fonctionnels de cardiomyopathie obstructive
  • Hyperthyroïdie (manifestations cardiovasculaires)
  • Glaucome
  • En prévention des saignements digestifs chez les patients atteints de cirrhose compliqué de varices œsophagiennes. Il diminue l'hypertension portale.
  • Hémangiomes de l'enfant qui peut entraîner de nombreuses complications. Contrairement aux traitements antérieurs, le propranolol est facile à prendre et l'hémangiome diminue rapidement et de façon assez spectaculaire[4],[5].
  • Tremblement essentiel
  • Tremblement associé à une anxiété ou à un traitement par lithium [réf. nécessaire]

Il a été utilisé par des chirurgiens pour diminuer leurs tremblements de mains pendant la chirurgie[6].

Utilisation hors AMM[modifier | modifier le code]

Le ministère de la défense américain a participé au financement d'une hauteur de 5 millions de dollars pour soigner ses soldats (plus de 60 000 soldats américains se sont suicidés après la guerre du Viêt Nam, ce qui dépasse le nombre de soldats tués au combat : 47 539 morts). Les tests sont un succès avec 70 à 80 % de résultats positifs[15] Le propranolol fait l'objet d'un engouement grandissant car certains chercheurs affirment qu'il permettrait de se remémorer des situations stressantes déjà vécues tout en gommant l'impact émotionnel. Des études ont montré que les individus qui prenaient du propranolol immédiatement après une expérience traumatique montrent moins de symptômes sévères de syndrome de stress post-traumatique que les groupes comparatifs sans traitement (Vaiva et al. 2003). Le propranolol diminue les effets des cauchemars sur l'activité cardiaque en diminuant le rythme sinusal lent pendant les cauchemars.

  • Utilisation comme produit dopant

Le Nord-Coréen Kim Jong Su a été contrôlé positif à ce produit lors des Jeux olympiques d'été de 2008 dans la compétition de tir au pistolet, et ses 2 médailles lui ont été retirées[16]. L'effet recherché est le ralentissement du rythme cardiaque et de réduire le tremblement pour favoriser la précision du tir et la concentration.

Divers[modifier | modifier le code]

Le propranolol fait partie de la liste des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale de la santé (liste mise à jour en avril 2013)[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « Propranolol » sur ChemIDplus, consulté le 29 octobre 2009
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. (en) [PDF]The 2009 prohibited list, World anti-doping agency
  4. Science et Avenir no 747, mai 2009, rubrique Santé
  5. (en) Léauté-Labrèze C et al., « Propranolol for Severe Hemangiomas of Infancy », New England Journal of Medicine, vol. 358, no 24,‎ juin 2008, p. 2649–2651 (PMID 18550886, DOI 10.1056/NEJMc0708819)
  6. (en) Elman MJ, Sugar J, Fiscella R. et al., « The effect of propranolol versus placebo on resident surgical performance », Transactions of the American Ophthalmological Society, vol. 96,‎ 1998, p. 283–91; discussion 291–4 (PMID 10360293, PMCID 1298399)
  7. (en) Kevin G. Shields and Peter J. Goadsby « Propranolol modulates trigeminovascular responses in thalamic ventroposteromedial nucleus:a role in migraine » Brain 2005;128(1):86-97. PMID 15574468
  8. (en) Mervyn J. Eadie The biochemistry of migraine, Springer, 1985, 228 pages.
  9. (en) Vieweg V, Pandurangi A, Levenson J, Silverman J, « The consulting psychiatrist and the polydipsia-hyponatremia syndrome in schizophrenia », International Journal of Psychiatry in Medicine, vol. 24, no 4,‎ 1994, p. 275–303 (PMID 7737786, DOI 10.2190/5WG5-VV1V-BXAD-805K)
  10. (en) Kishi Y, Kurosawa H, Endo S, « Is propranolol effective in primary polydipsia? », International Journal of Psychiatry in Medicine, vol. 28, no 3,‎ 1998, p. 315–25 (PMID 9844835, DOI 10.2190/QPWL-14H7-HPGG-A29D)
  11. (en) Kramer MS, Gorkin R, DiJohnson C, « Treatment of neuroleptic-induced akathisia with propranolol: a controlled replication study », The Hillside Journal of Clinical Psychiatry, vol. 11, no 2,‎ 1989, p. 107–19 (PMID 2577308)
  12. (en) « Doctors test a drug to ease traumatic memories - Mental Health - MSNBC.com » (consulté le 2007-06-30)
  13. (en) Brunet A, Orr SP, Tremblay J, Robertson K, Nader K, Pitman RK, « Effect of post-retrieval propranolol on psychophysiologic responding during subsequent script-driven traumatic imagery in post-traumatic stress disorder », Journal of Psychiatric Research, vol. 42, no 6,‎ mai 2008, p. 503–6 (PMID 17588604, DOI 10.1016/j.jpsychires.2007.05.006)
  14. (en)A pill to forget
  15. En finir avec la peur, comment la science peut agir sur nos souvenirs, reportage diffusé sur Arte, 2011.
  16. « Un double médaillé nord-coréen en tir a été contrôlé positif », Lemonde.fr.
  17. WHO Model List of Essential Medicines, 18th list, avril 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Compendium suisse des médicaments : spécialités contenant Propranolol