Port-aux-Français

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec « Port des Français » (aujourd'hui Baie Lituya).
Port-aux-Français
Image illustrative de l'article Port-aux-Français
Panorama de Port-aux-Français en 2004.

Coordonnées 49° 21′ 00″ S 70° 13′ 00″ E / -49.35, 70.21666749° 21′ 00″ Sud 70° 13′ 00″ Est / -49.35, 70.216667  
Pays Drapeau de la France France
Altitude 12 m
Création 1950
Effectif max. 120
Activités Recherche en biologie, ecologie, sciences de la terre et de l'univers, tracking satellites

Géolocalisation sur la carte : Kerguelen

(Voir situation sur carte : Kerguelen)
Port-aux-Français

Port-aux-Français est une station technique et scientifique de l'archipel des Kerguelen, actuellement le seul établissement permanent de l'archipel. Elle a été créée en 1950 et comprend des laboratoires scientifiques, des installations techniques et logistiques, ainsi qu'un petit hôpital. Elle abrite suivant les périodes entre 45 et 120 personnes.

La base est desservie par des rotations du navire Marion Dufresne depuis l'île de La Réunion, distante de 3 490 km ; le trajet dure une dizaine de jours et est effectué lors de 4 Opérations Portuaires chaque année (OP1 en mars, OP2 en septembre, OP3 en novembre et OP4 en décembre).

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La station se trouve sur les rives septentrionales d'une petite baie du golfe du Morbihan, qui baigne la côte sud de la péninsule Courbet à l'est de la Grande Terre.

La plupart des bâtiments, dont ceux affectés au logement, sont concentrés dans une zone grossièrement carrée d'environ 300 m de côté mais diverses constructions techniques se trouvent beaucoup plus éloignées du centre de la base qui s'étend ainsi dans sa plus grande longueur sur plus de 4 km[1]. La surface bâtie totale est d'environ 9 000 m2[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Port-aux-Français a un climat subpolaire océanique (océanique froid ou type DM) avec comme record de chaleur 23 °C le 7 avril 1985 et comme record de froid -9,5 °C le 11 août 2014. La température moyenne annuelle est de 4,9 °C.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 4,4 4,7 4,1 3,2 1,5 0,4 −0,3 −0,6 −0,2 0,7 2 3,4 1,9
Température moyenne (°C) 7,8 8,2 7,3 6,1 4,2 2,8 2,2 2,1 2,5 3,9 5,3 6,8 4,9
Température maximale moyenne (°C) 11,1 11,5 10,5 9 6,7 5,2 4,7 4,6 5,3 7 8,6 10,1 7,8
Record de froid (°C) −1,5 −1 −0,9 −2,7 −5,9 −8,3 −8 −9,5 −7,7 −5 −3,7 −1,2 −9,5
Record de chaleur (°C) 22,3 22,3 20,6 23 16,8 14,5 13,4 14,4 15,8 19,1 21,3 21,6 23
Précipitations (mm) 72,2 49,5 57,5 59,6 59,9 75,9 62,9 63,4 62,3 59,3 51,9 55,1 727
Source : Le climat à Port aux Français (en °C et mm, moyennes mensuelles 1971/2000 et records depuis 1973)[1]


Histoire[modifier | modifier le code]

Le site a été choisi en raison de sa position abritée et de la faisabilité de construction d'une piste d'aviation (qui n'a finalement jamais été réalisée). C'est le chef de mission Pierre Sicaud (1911-1998), administrateur de la France d'outre-mer, qui fait ce choix en 1949 et baptise l'emplacement Port-aux-Français. Par une étrange association, l'explorateur la Pérouse avait nommé "Port des Français" un fjord d'Alaska[3] et c'est l'aviso La Pérouse qui amena Pierre Sicaud aux Kerguelen. Celui-ci affirme qu'il s 'agit cependant d'une pure coïncidence[4]. Au retour de la mission conduite par Sicaud, le ministre de l'outre-mer, François Mitterrand, confirme la décision de créer une station permanente.

À partir de 1955 des machines mises au point en Australie sont apportées sur le site, destinées à l'usine phoquière construite en 1957 pour le compte de la Société industrielle des abattoirs parisiens (Sidap). C'est au sein de ce bâtiment encore vide qu'est célébré le 16 décembre 1957 le premier mariage tenu dans l'archipel des Kerguelen, celui du jeune chef d'entreprise à l'origine du projet, Marc Péchenart avec Martine Raulin[5]. Les cuiseurs, autoclaves, égoutteurs et centrifugeuses sont montés le lendemain. L'usine ferme dans les années 1960. Le matériel n'est rapatrié à la Réunion qu'en 2005, à la suite d'un don des Péchenart.

Organisation de la station scientifique[modifier | modifier le code]

Vue partielle de la base en 1983.

La station dispose d'un port en eaux peu profondes et d'un quai de déchargement pour les barges assurant la navette avec le navire ravitailleur. L'effectif de la base est généralement de 45 personnes pendant l'hivernage (mars à novembre), et peut atteindre 120 personnes en campagne d'été (décembre à février). La station, en plus des moyens logistiques nécessaires à son fonctionnement et d'un petit hôpital, comprend des laboratoires scientifiques (biologie, géophysique, etc.) et des installations techniques (météorologie, télécommunications, suivi des satellites, etc.).

La petite église Notre-Dame-des-Vents domine la base à l'ouest et constitue le lieu de culte le plus austral.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mesures sur Google Earth
  2. IPEV : Base de Port-aux-Français
  3. Gracie Délépine, Toponymie des Terres australes et antarctiques françaises, p. 274
  4. Gracie Delépine, Les îles australes françaises, p. 161
  5. Frères mineurs capucins province de France, André Beaugé, aux îles Kerguelen

Liens externes[modifier | modifier le code]

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