Pierre Gaveaux

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Pierre Gaveaux
Portrait d'après un physionotrace d'Edme Quenedey (1821).

Pierre Gaveaux est un chanteur et compositeur français, né à Béziers le et mort à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Il chante dès l'âge de sept ans dans la maîtrise de la cathédrale de sa ville natale. Il devint ensuite premier ténor de la maîtrise de la basilique Saint-Seurin de Bordeaux, et parfait sa formation musicale auprès de Franz Beck.

Après avoir été chef d’orchestre et haute-contre au Grand-Théâtre de Bordeaux, il s'installe à Paris et inaugure, le , le théâtre de Monsieur dans la salle des Machines du palais des Tuileries, en tant que premier ténor dans Le Avventure Amorose de Giacomo Tritto.

Rencontrant un vif succès, il chante des opéras parodiés de Giovanni Paisiello, L’Infante de Zamora (1789) et Le Valet rival et confident (1790). Le , il crée le rôle de Floresky dans Lodoïska de Luigi Cherubini dans la nouvelle salle du théâtre Feydeau.

Très actif pendant la période révolutionnaire, il participe en septembre 1791, à une « folie en vers », Le Club des bonnes gens, qui est interdite pour atteinte au patriotisme. Il compose en 1792 un hymne à l’Être Suprême, et remporte un triomphe avec son premier opéra monté à Paris, L'Amour filial, qui rayonnera dans toute l’Europe  : Bruxelles, Cologne et Rotterdam en 1795; Berne et Moscou en 1809, Berlin et à Hambourg en 1796 en version allemande.

Le , on chante pour la première fois son célèbre Réveil du peuple dont les paroles de Souriguières s'en prennent aux Jacobins et s'opposent à La Marseillaise :

« Peuple français, peuple de frères,/ Peux-tu voir sans frémir d'horreur / Le crime arborer les bannières/ Du carnage et de la Terreur ? ... Le jour tardif de la vengeance / Fait enfin pâlir vos bourreaux ! »

Ce chant fut interdit le 8 janvier 1796 par le Directoire. N'étant pas tombé en disgrâce pour autant, il chante dans Les Visitandines de François Devienne et crée le rôle de Jason dans Médée de Cherubini le .

Son opéra le plus célèbre, Léonore ou l’Amour conjugal, voit le jour en 1798. Lors de la fusion de la troupe du théâtre Feydeau avec celle de l'Opéra-Comique en 1801, il devient sociétaire mais hérite de rôles moins importants. En 1804, il est nommé chanteur de la chapelle de l'Empereur. La même année il compose Le Bouffe et le Tailleur, puis en 1808 avec l'Échelle de soie, dont le livret sera repris par Foppa pour La scala di seta de Gioachino Rossini.

Souffrant de trouble mentaux, il est forcé à prendre sa retraite en 1812. Interné sur la fin de sa vie, il meurt le . Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise de Paris (11e division)[1].

Il avait épousé Émilie Gavaudan (1772-1840), elle-même cantatrice et sœur du chanteur Jean-Baptiste-Sauveur Gavaudan. Son frère, Simon Gaveaux, fut un temps chef de chant au théâtre Feydeau avant d'ouvrir un magasin de musique.

Il est cité comme compositeur maçonnique[2].

Répertoire[modifier | modifier le code]

En tant qu'artiste lyrique[modifier | modifier le code]

En tant que compositeur[modifier | modifier le code]

  • L'Amour filial, 1792
  • Le Paria ou la Chaumière indienne, 1792
  • Les Deux Ermites, 1793
  • La Partie carrée, 1793
  • La Famille indigente, 1794
  • Sophronime ou la Reconnaissance, 1795
  • Delmon et Nadine, 1795
  • La Gasconnade, 1795
  • Le Petit Matelot ou le Mariage impromptu, 1796)
  • Lise et Colin ou la Surveillance inutile, 1796
  • Tout par hasard , 1796
  • Céliane, 1796
  • Le Mannequin vivant ou le Mari de bois, 1796
  • Le Traité nul, 1797
  • Sophie et Moncars ou l'Intrigue portugaise, 1797
  • Léonore ou l'Amour conjugal, 1798
  • Le Diable couleur de rose ou le Bonhomme misère, 1798
  • Les Noms supposés ou les Deux Jockeys, 1798
  • Le Locataire, 1800
  • Le Trompeur trompé, 1800
  • Ovinska ou les Exilés de Sibérie, 1801
  • Le Retour inattendu, 1802
  • Un quart d'heure de silence, 1804
  • Le Bouffe et le Tailleur, 1804
  • Avis aux femmes ou le Mari colère, 1804
  • Trop tôt ou le Projet manqué, 1804
  • Le Mariage inattendu, 1804
  • Le Diable en vacances ou la Suite du diable couleur de rose, 1805
  • L'Amour à Cythère, 1805
  • Monsieur des Chalumeaux ou la Soirée de carnaval, 1806
  • L'Échelle de soie, 1808
  • La Rose blanche et la Rose rouge, 1809
  • L'Enfant prodigue, 1811
  • Pygmalion, 1816
  • Une nuit au bois ou le Muet de circonstance, 1818

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier,‎ 1908 (lire en ligne), p. 171
  2. Catalogue prévisionnel sur le site Les Neuf Sœurs

Sources[modifier | modifier le code]

  • Rabbe, Vieilh de Boisjolin, Sainte-Preuve (dir.), « Pierre Gaveaux » in Biographie universelle et portative des contemporains, vol. 2, 1836, p. 1832-1833.
  • François-Joseph Fétis, « Pierre Gaveaux » in Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, Méline, Bruxelles, 1837, p. 280-282.