Nikolaï Troubetzkoï

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Nikolaï Troubetzkoï

Le prince Nikolaï Sergueïevitch Troubetzkoï (en russe Николай Сергеевич Трубецкой, transcription française traditionnelle Nikolaï Sergueïevitch Troubetskoï), né le 4 (16) avril 1890 à Moscou et mort le 25 juin 1938 à Vienne (Autriche), est un linguiste russe. Membre du Cercle linguistique de Prague, il fonda la morphophonologie avec Roman Jakobson et Serge Karcevski.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le prince Troubetzkoï appartient à l'illustre famille des Troubetzkoï. Il est le fils du professeur de philosophie et éphémère recteur de l'université de Moscou, le prince Serge Troubetzkoï (1862-1905). Troubetskoï entre comme étudiant à l'Université de Moscou en 1908. Il y obtient un poste de privat-docent en 1915. Pendant l'été 1917, il séjourne à Kislovodsk, station-thermale du nord du Caucase. C'est de là qu'il gagne Tiflis puis Bakou après la révolution d'octobre, sans être retourné à Moscou. Après le séjour à Bakou, il enseigne pendant quelque temps la grammaire comparée à l'université de Rostov-sur-le-Don. Mais la ville est prise par l'Armée rouge en janvier 1920 et Troubetskoï quitte la Russie en passant par la Crimée. Après un passage par Constantinople, il s'installe à Sofia où il enseigne à l'université pendant deux années, à partir de la rentrée universitaire de 1920. En 1922, il quitte la Bulgarie pour l'Autriche où il obtient un poste à l'université de Vienne. C'est dans cette ville, à partir de la rentrée universitaire de 1922, qu'il va enseigner jusqu'à sa mort en 1938. Après l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie le 12 mars 1938, l'appartement de Troubetskoï fait l'objet d'une perquisition de la Gestapo. Ses manuscrits sont confisqués. Déjà malade du cœur comme l'était son père, Troubetskoï voit son état s'aggraver à la suite de cette perquisition et décède le 25 juin[1].

Travaux[modifier | modifier le code]

Article connexe : Formalisme russe.

Ses premières publications, à l'âge de 15 ans, portent sur le paganisme finno-ougrien. En 1907, il se lance dans l'étude typologique historique comparée des grammaires des langues du Caucase-nord et des langues tchoukotko-kamtchatkiennes. Une grande partie des matériaux accumulés a été perdue pendant la guerre civile russe, et a été reconstituée par Troubetskoï de mémoire.

Il a notamment cherché à déterminer des unités phoniques insécables, constitutives d'une langue, et a mis en évidence l'« indissociabilité » du signifiant et du signifié (la forme et le sens du mot).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrick Sériot, « Troubetzkoy, linguiste ou historiosophe des totalités organiques ? », in N.S. Troubetzkoy, L'Europe et l'humanité, traduction et notes par Patrick Sériot, Bruxelles, Mardaga, 1996.

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