Psaume 100 (99)

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Le psaume 100 (99 selon la numérotation grecque) n’est attribué à personne, mais il est désigné comme un psaume de louange ou d’action de grâce : il exprime l’exaltation de Dieu par tous les hommes. Il est appelé en latin Jubilate, ou Jubilate Deo, et en hébreu Mizmor Letoda (מזמור לתודה).

Dans le commentaire de saint Augustin d'Hippone, ce psaume demeure particulièrement important afin d'expliquer le mystère du jubilus, en tant que musique céleste, et non humaine [1][1].

Texte[modifier | modifier le code]

N.B. S’il y a conflit de numérotation des versets entre l’hébreu et le latin, c’est l’original hébreu qui prévaut et la traduction française le suit. Par contre, le latin ne se plie pas à la versification affichée. Les numéros de versets ne s'appliquent pas nécessairement au texte latin.

verset original hébreu[2] traduction française de Louis Segond[3] Vulgate[4] latine
1 מִזְמוֹר לְתוֹדָה: הָרִיעוּ לַיהוָה, כָּל-הָאָרֶץ [Psaume de louange.] Poussez vers l’Éternel des cris de joie, vous tous, habitants de la terre ! [Psalmus in confessione]
2 עִבְדוּ אֶת-יְהוָה בְּשִׂמְחָה; בֹּאוּ לְפָנָיו, בִּרְנָנָה Servez l’Éternel, avec joie, venez avec allégresse en sa présence ! Jubilate Domino omnis terra servite Domino in laetitia introite in conspectu eius in exultatione
3 דְּעוּ-- כִּי יְהוָה, הוּא אֱלֹהִים:הוּא-עָשָׂנוּ, ולא (וְלוֹ) אֲנַחְנוּ-- עַמּוֹ, וְצֹאן מַרְעִיתוֹ Sachez que l’Éternel est Dieu ! C’est lui qui nous a faits, et nous lui appartenons ; nous sommes son peuple, et le troupeau de son pâturage. Scitote quoniam Dominus ipse est Deus ipse fecit nos et non ipsi nos populus eius et oves pascuae eius
4 בֹּאוּ שְׁעָרָיו, בְּתוֹדָה--חֲצֵרֹתָיו בִּתְהִלָּה; הוֹדוּ-לוֹ, בָּרְכוּ שְׁמוֹ Entrez dans ses portes avec des louanges, dans ses parvis avec des cantiques ! Célébrez-le, bénissez son nom ! Introite portas eius in confessione atria eius in hymnis confitemini illi laudate nomen eius
5 כִּי-טוֹב יְהוָה, לְעוֹלָם חַסְדּוֹ; וְעַד-דֹּר וָדֹר, אֱמוּנָתוֹ Car l’Éternel est bon ; sa bonté dure toujours, et sa fidélité de génération en génération. Quoniam suavis Dominus in aeternum misericordia eius et usque in generationem et generationem veritas eius

Usages liturgiques[modifier | modifier le code]

Dans le judaïsme[modifier | modifier le code]

Le psaume 100 fait partie de l’office quotidien de la prière, comme action de grâce à Pesukei Dezimra, sauf les jours de fête, le shabbat, et les jours précédant Yom Kippour et Pessah[5].

Dans le christianisme[modifier | modifier le code]

Chez les catholiques[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, ce psaume était exécuté auprès des abbayes, lors de la célébration de matines du vendredi[6],[7], selon la distribution de saint Benoît de Nursie[8]. Étant l'un des psaumes les plus importants, le psaume 100 (99) était pareillement chanté pour l'office solennel de laudes du dimanche[9].

Dans la liturgie des Heures actuelle, le psaume 100 est l’un des quatre psaumes invitatoires, c'est-à-dire par lesquels on commence l’office des Heures quotidien. Il est récité aux laudes du vendredi de la première[10] et de la troisième semaines. Le psaume 100 est aussi très présent parmi les lectures de l’office de la messe : on le trouve le 5 janvier, après l’octave de Noël, et le quatrième dimanche de Pâques. Il apparaît aussi six fois dans le temps ordinaire : le jeudi de la 8e semaine, le vendredi de la 22e semaine, le mardi et le vendredi de la 24e semaine, le lundi de la 29e semaine, et le jeudi de la 34e semaine du temps ordinaire.

Chez les anglicans[modifier | modifier le code]

Le psaume 100 peut être utilisé comme cantique dans la prière du matin de la liturgie anglicane.

Mise en musique[modifier | modifier le code]

Le psaume 100 a été mis en musique à de très nombreuses reprises, et parfois même plusieurs fois par un même compositeur. Parmi les plus connus, Malcolm Arnold, Loys Bourgeois, Benjamin Britten, Leonard Bernstein, avec les Chichester psalms, Michel-Richard de Lalande, Giovanni Gabrieli, Georges-Frédéric Haendel, Herbert Howells, Charles Ives, Henry Purcell, avec le Te Deum et le Jubilate, Max Reger, avec Der 100. Psalm et sir William Walton.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notamment, note de saint Augustin n° 4
  2. L’original hébreu provient du site Sefarim, du grand rabbinat de France.
  3. La traduction de Louis Segond est disponible sur Wikisource, de même que d'autres traductions de la Bible en français.
  4. La traduction de la Vulgate est disponible sur le Wikisource latin.
  5. D’après le Complete Artscroll Siddur, compilation des prières juives.
  6. Psautier latin-français du bréviaire monastique, p. 355, 1938/2003
  7. http://www.abbaye-montdescats.fr/?page_id=1887
  8. Règle de saint Benoît, chapitre XVIII, traduction de Prosper Guéranger, p. 46, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, réimpression 2007
  9. Psautier latin-français du bréviaire monastique, p. 117
  10. Le cycle principal des prières liturgiques se déroule sur quatre semaines.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Nombreux sont les auteurs qui ont commenté les psaumes. Voici quelques ouvrages parmi les plus connus, classés par ordre chronologique :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]