Neuroéconomie

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La neuroéconomie est une branche de recherche au croisement de l'économie et des neurosciences cognitives qui étudie l'influence des facteurs cognitifs et émotionnels dans les prises de décisions, qu'il s'agisse d'investissement, d'achat, de prise de risque ou de consommation. Elle couvre, entre autres, sous l'appellation neurofinance, la prise de décision en matière de placements et d'emprunts.

Elle est voisine de l'économie comportementale, la différence étant que celle-ci s'intéresse plutôt aux comportements individuels et collectifs des agents économiques tandis que la neuroéconomie examine les bases neurobiologiques de ces comportements, notamment grâce aux techniques d'imagerie cérébrale.

Histoire[modifier | modifier le code]

La neuroéconomie comme programme de recherche apparaît à la fin des années 1990 aux États-Unis[1].

Le terme neuroéconomie apparaît pour la première fois sous la plume de l'Américain Paul W. Glimcher en 2003 dans son ouvrage Decisions, Uncertainty, and the Brain: The Science of Neuroeconomics[1].

Méthodes[modifier | modifier le code]

Ces recherches, qui ressortissent au domaine plus large des neurosciences cognitives, examinent les réactions du cerveau à divers stimuli, par exemple des images publicitaires, en utilisant le cas échéant des appareils de mesure adéquats (notamment l'IRM fonctionnelle). C'est ainsi que l'imagerie cérébrale permet de repérer quelles zones du cerveau sont activées lors de décisions économiques, et à quel type d'émotions positives ou négatives elles correspondent.

L'une des questions les plus souvent abordées concerne donc les bases neurales de la prise de décision économique, par exemple lors d'opérations boursières. Lorsqu'on mesure l'activité cérébrale d'un individu qui doit décider de vendre ou d'acheter un titre en Bourse, on observe la mise en jeu de différentes zones du cerveau actives également lors d'autres circonstances émotionnelles de la vie, notamment lors de plaisirs ou de souffrances intenses.

Résultats[modifier | modifier le code]

Ces observations indiquent un rôle important des processus émotionnels dans la prise de décision économique et financière, qui ne se fait donc pas que sur des bases rationnelles. La neuroéconomie cherche donc à étudier et utiliser les biais cognitifs et émotionnels déjà mis au jour dans le domaine plus large de l'économie comportementale.

Une meilleure connaissance du rôle des émotions dans la décision économique peut conduire à des manipulations (par exemple en matière de promotion des ventes, le neuromarketing) mais aussi, à l'inverse, permettre aux agents économiques de mieux comprendre, pour y résister, ce qui, dans leur fonctionnement mental, peut les détourner d'une analyse rationnelle.

Développements de ce domaine[modifier | modifier le code]

La neuroéconomie bénéficie d'un intérêt scientifique croissant, en particulier depuis l'attribution du « prix Nobel d'économie » au psychologue Daniel Kahneman en 2002. Aux États-Unis, les plus grandes universités ont développé des laboratoires de recherche pluridisciplinaires et ont inscrit cette discipline au programme des cursus en économie comme en neurosciences. En France, cette discipline connaît un rapide développement, tant au sein des universités[2] que des entreprises.

Ce développement ne va pas sans poser des questions d'ordre éthique sur les utilisations qu'il pourrait être fait de ces données scientifiques et plus généralement sur l'utilisation des neurosciences hors des laboratoires scientifiques ou médicaux, problématique que l'on résume sous le terme de neuroéthique. La neuroéconomie ne doit cependant pas être confondu avec le neuromarketing qui vise avant tout à améliorer de manière pratique les stratégies commerciales et communicationnelles des entreprises, notamment au niveau de la publicité. Le neuromarketing fait davantage l'objet de critiques[3] que la neuroéconomie dont l'objectif n'est pas de directement viser à améliorer les pratiques des entreprises.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Paul W. Glimcher, Decisions, Uncertainty, and the Brain: The Science of Neuroeconomics, MIT Press, Cambridge, Massachusetts, 2003
  • Hervé Chneiweiss, Neurosciences et neuroéthique : des cerveaux libres et heureux, éd. Alvik, Paris, 2006, 235 pages.
  • Jason Zweig, Gagner en Bourse grâce à la neuroéconomie, traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie-Christine Clugnet, éd. Gutenberg, Paris, 2008, 312 pages (version française de Your Money and Your brain, éd. Simon & Schuster, New York, 2007).
  • Sacha Gironde, La Neuroéconomie. Comment le cerveau gère mes intérêts, éd. Plon, Paris, 2008, 228 pages.
  • Paul Glimcher et al., Neuroeconomics: Decision Making and the Brain, éd. Academic Press (Elsevier Inc.), 2009, 538 pages.

Articles de synthèse[modifier | modifier le code]

  • (en) Colin Camerer, George Loewenstein et Drazen Prelec, « Neuroeconomics: How Neuroscience Can Inform Economics », Journal of Economic Literature, vol. 43, mars 2005, p. 9-64, lire en ligne
  • (en) Paul W. Glimcher, Michael C. Dorris et Hannah M. Bayer, « Physiological Utility Theory and the Neuroeconomics of Choice », Games and Economic Behavior, vol. 52-2, août 2005, p. 213-256, lire en ligne
  • Christian Schmidt « What neuroeconomics does really mean ? », Revue d'économie politique 1/2008 (Vol. 118), p. 7-34, lire en ligne.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]