Muzak

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En Amérique du Nord, la muzak est une forme de musique aseptisée, mise aux normes (les passages de niveau sonore très forts ou très faibles en sont nivelés), parfois diffusée dans les galeries commerciales, les supermarchés, les stations de métro, les ascenseurs ou encore sur les lignes d’attente des standards téléphoniques. Ce terme, qui est passé dans le langage courant, est une antonomase du nom de la société Muzak, qui fut pionnière dans ce domaine.

Histoire de la société Muzak[modifier | modifier le code]

Le mot muzak est inventé par un général américain du nom de George Squier, qui dépose un brevet sur la diffusion de musique d'ambiance dans les années 1920. Il est forgé à partir des mots musique et Kodak. La société Muzak Inc. est fondée en 1934, et connaît un succès immédiat. L’appellation péjorative de « musique d’ascenseur » suivra les réussites de ces premières années, une grande partie des gratte-ciels construits à cette époque diffusant dans leurs ascenseurs de la muzak.

Quelques lettres de noblesse[modifier | modifier le code]

Des artistes respectés ont créé de la muzak :

  • Glenn Miller : Pennsylvania 6-5000 (six-five thousand) composé spécialement pour l'hôtel Pennsylvania (aujourd'hui Ramada Pennsylvania) de New York était en effet diffusé, et l'est toujours en compagnie d'autres compositions de l'orchestre de Miller, dans son hall et dans ses ascenseurs.
  • Brian Eno revendique également ce genre qu'il développe sous forme d'ambient music avec notamment le plus connu d'un série de quatre : Ambient #1 / Music for Airports

D'autres artistes ont moqué la muzak :

  • John Lennon dans How Do You Sleep? (sur l'album Imagine en 1971, donc après la séparation des Beatles) s'adresse à Paul McCartney : "The sound you make is muzak to my ears - You must have learned something in all those years - Ah, how do you sleep? - Ah, how do you sleep at night? "
  • Queen dans Flick Of The Wrist (sur l'album Sheer Heart Attack en 1974 : " Seduce you with his money make machine [...] Reduce you to a muzak fake machine - Then the last goodbye. "
  • Le groupe de rock progressif Porcupine Tree dans The Sound of Muzak : "Hear the sound of Muzak drifting in the aisles - Elevator Prozac stretching on for miles - Music of the future - Will not entertain - It's only meant to repress - And neutralise your brain - Soul gets squeezed out - Edges get blunt - Demographic - Gives what you want..."

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La muzak proprement dite repose sur des cycles d’une quinzaine de minutes, au cours desquelles le rythme s’élève progressivement. Elle est censée masquer discrètement les bruits désagréables — voix, bruits ambiants — et augmenter soit le bien-être sur le lieu de travail (hôtesses), soit la disposition à acheter des consommateurs.

Enjeux[modifier | modifier le code]

Si la muzak n'a pas de finalité artistique, des morceaux de toutes origines, du répertoire classique à la variété, fournissent les mélodies, permettant une identification rapide et rassurante. La réorchestration que ces œuvres subissent leur enlève toutefois quelque pouvoir émotionnel, ce qui fait partie d'ailleurs des buts recherchés. Pour cette raison, elle est parfois critiquée comme une forme de manipulation inconsciente.

La muzak se classe dans l'easy listening.

Articles connexes[modifier | modifier le code]