Maurice Sand

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Maurice Sand dans les années 1880.

Jean-François-Maurice-Arnauld, baron Dudevant, dit Maurice Sand, né le 30 juin 1823 à Paris et mort le 4 septembre 1889 à Nohant-Vic (Indre), est un dessinateur, auteur, et entomologiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maurice Dudevant est le fils du baron François Casimir Dudevant et de la romancière et écrivaine George Sand, dont il a adopté le pseudonyme. Très attaché à sa mère, il vivra toujours auprès d'elle.

Jeune homme, sa mère observe : Maurice se porte comme le Pont Neuf. Il est fort gras, rose, ingambe, il pioche le jardin et l'histoire avec autant d'aisance l'un que l'autre (...) Il fait l'admiration du docteur par sa belle santé.[1]

Le 17 mai 1862, à 39 ans, plus ou moins "poussé" par sa mère, il épousa à Nohant Lina Calamatta, fille de l'un de ses amis, le peintre et graveur italien Luigi Calamatta, disciple d'Ingres, qui fit un portrait de lui en 1828, dont il copia le style et reproduisit certaines œuvres. Il eut avec Lina Calamatta deux filles, Aurore (1866-1961) et Gabrielle (1868-1909). Aurore Sand épousa le peintre Charles Frédéric Lauth (1865–1922) ; elle possédait un hôtel particulier rue de Bagneux dans le 6e arrondissement de Paris et vécut à Nohant jusqu'à sa mort. Gabrielle épousa un professeur de dessin italien, Romeo Palazzi. Aucune des deux n'aura d"enfant.

La jeune femme aurait dit : j'épouse Maurice car je ne peux épouser sa mère. Elle n'apporta pas la dot espérée pour rétablir les finances de la famille, mais fera la joie de George Sand, qui dira d'elle : La petite femme est charmante et je ne pense plus qu’à la gâter. Elle a beaucoup de charme et de vitalité. C’est du soleil sur Nohant.[2]

Sa mère dut vendre ses trois tableaux de Delacroix afin de lui assurer une confortable rente annuelle de 3 000 francs-or. À court d'argent, lui-même vendit la petite maison du village de Gargilesse, léguée par son camarade de jeunesse Alexandre Manceau qui l'avait acquise et baptisée "villa Algira" - du nom d'un papillon d'Alger exceptionnellement trouvé sur place - pour l'offrir à George Sand, dont il fut l'homme de confiance - et l'amant pendant quinze ans. Après la mort de sa mère, en 1876, il céda également le mobilier des chambres de Nohant dites "à donner", depuis restées vides...

L'Etna, aquarelle réalisée selon la technique de la dendrite (Musée de la Vie romantique).

Maurice Sand a touché à plusieurs domaines : le dessin (en particulier l'art de la dendrite qu'il apprit aux côtés de sa mère), la peinture (il a brièvement été le seul élève de Delacroix), la littérature, la géologie, les sciences, et le théâtre de marionnettes qu'il pratiquait avec passion dans la propriété familiale de Nohant.

Auteur de plusieurs romans, il est surtout connu pour l’étude monumentale qu’il a rédigée sur la commedia dell'arte : Masques et bouffons (comédie italienne) (1860).

Grand "éleveur" et collectionneur de papillons, il fut membre de la Société d'Entomologie de France.

Son portrait adolescent, où il ressemble beaucoup à sa mère, est conservé dans le salon du château de Nohant à côté de son célèbrissime portrait par Charpentier, et celui de sa sœur Solange.

Depuis 1889, il repose en face de sa mère et à côté de sa femme dans le petit cimetière familial qui jouxte le cimetière communal de Nohant.

Humour anticlérical ?[modifier | modifier le code]

La mort brutale du prélat Charles Amable de La Tour d'Auvergne Lauraguais (1826-1879) a inspiré cette malicieuse lettre à Maurice Sand :

"J'ai perdu La Tour d'Auvergne mon archevêque (celui de Bourges). Il est mort subitement. Quel malheur ! 53 ans ! Si jeune ! Une si belle main et comme il bénissait ! Ah, quel joli goupillon vous perdez mesdames de Bourges et des environs !" ...dont une copie fut envoyée par un correspondant à Gaston Chérau, auteur du roman "Monseigneur Voyage" (1903), savoureuse visite pastorale d'un évêque en Bas-Berry imaginée à partir de ce personnage[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Callirhoé (Paris, M. Lévy frères, 1864);
  • Catalogue raisonné des lépidoptères du Berry & de l’Auvergne (Paris, E. Deyrolle 1879);
  • George Sand et le Théâtre de Nohant (Paris, les Cent une, 1930);
  • La Fille du singe (Paris, P. Ollendorff, 1886);
  • Le Coq aux cheveux d’or (Paris, Librairie Internationale, 1867);
  • Le Québec : lettres de voyage (1862; réimp. Paris, Magellan & Cie, 2006 (ISBN 9782350740256)
  • Le Théâtre des marionnettes (Paris, Calmann Lévy, 1890);
  • L’Atelier d’Eugène Delacroix de 1839 à 1848 (Paris, Fondation George et Maurice Sand, 1963);
  • L’Augusta (Paris, Michel Lévy frères, 1872);
  • Mademoiselle Azote. André Beauvray (Paris, Lévy, 1870);
  • Mademoiselle de Cérignan (Paris, Michel-Lévy frères, 1874);
  • Masques et bouffons (comédie italienne), texte et dessins, préf. George Sand, 1860[4]
  • Miss Mary (Paris, Michel Lévy frères, 1868);
  • Raoul de la Chastre : aventures de guerre et d’amour (Paris, M. Lévy frères, 1865);
  • Recueil des principaux types créés avec leurs costumes sur le théâtre de Nohant, [S.l. s.n.], 1846-1886
  • Six mille lieues à toute vapeur (Paris, M. Lévy frères, 1873; réimp. Paris, Guénégaud, 2000); (ISBN 9782850230981)
  • Le Monde des Papillons, préface de George Sand, suivi de l'Histoire naturelle des Lépidoptères d'Europe par A. Depuiset (Paris, Rothschild, 1867).
  • Carnets de voyage, de 1840 à 1887 : 8 recueils de dessins, rapportés de ses voyages en France, Espagne, Italie, Etats-unis, Afrique, conservés à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris[5]

Musées[modifier | modifier le code]

Musée de la Vie romantique, Hôtel Scheffer-Renan, Paris

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. George Sand, lettres de Valdemosa, 20 janvier et 26 février 1839 ( "Lettres de Chopin et de George Sand (1836-1839" - éd. La Cartoixa, Palma de Mallorca, s.d. - archives personnelles).
  2. George Sand à Eugène Lambert, 21 mai 1862, Correspondance.
  3. coll. Imbault à Saint-Amand en 1987, n° 103 du cat. de l'exposition du cinquantenaire de la mort de l'écrivain, Paris et Niort, 1987 - archives pers.
  4. Consulter en ligne Masques et bouffons (comédie italienne)
  5. Numérisés et consultables sur le portail des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris : carnet n°1 (1840-1849) ; carnet n°2 (1850-1854, Paris, Creuse, Nohant, Beauce) ; carnet n°3 (1855-1860, France) ; carnet n°4 (1855, Italie) ; carnet n°5 (1861, Toulon, Afrique, Espagne) ; carnet n°6 (1861, Etats-Unis d'Amérique) ; carnet n°7 (1862-1876, France) ; carnet n°8 (1877-1887, France). [BHVP, Sand-H-0392 à 399

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