Marie Stopes

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Marie Stopes dans son laboratoire en 1904.

Marie Charlotte Carmichael Stopes (15 octobre 1880 - 2 octobre 1958) était une écrivain et paléobotaniste écossaise, eugéniste et militante pour le droit des femmes et une pionnière du contrôle des naissances. Elle a grandement contribué à la paléontologie végétale et à la classification des carbones et elle est la première femme à accéder à la faculté de l'Université de Manchester.

Marie Stopes a fondé la première clinique active dans le contrôle des naissances de Grande-Bretagne, en collaboration avec son deuxième mari, Humphrey Verdon Roe. Elle publie un bulletin intitulé Birth Control News (Info Contraception) qui donnait des conseil sexuels pratiques explicites. Son manuel d'éducation sexuel Married Love (L'amour conjugal) a suscité la controverse, mais a eu une influence considérable sur la société de son époque, car il a provoqué un vaste débat public sur le contrôle des naissances. Elle était opposée à l'avortement, arguant que la contraception était suffisante[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative à l'Université de Manchester

Marie Stopes est née à Édimbourg. Son père, Henry Stopes, était brasseur, ingénieur, architecte et paléontologue. Sa mère, Charlotte Carmichael Stopes, était une experte de l'œuvre de Shakespeare et une militante féministe d'Édimbourg. Ses deux parents sont membres de la British Science Association, où ils se sont rencontrés. Ils emmènent leur fille aux réunions de l'association, ce qui lui permet de rencontrer d'éminents scientifiques. Pendant ses études à la North London Collegiate School, elle fait la connaissance de Olga Fröbe-Kapteyn. Elle obtient un doctorat en sciences à la University College de Londres, devenant la plus jeune personne à obtenir ce titre en Grande-Bretagne. Elle obtient un doctorat en paléobotanique à l'Université de Munich en 1904. Elle est la première femme a détenir une chaire à l'Université de Manchester.

En 1911, elle épouse un généticien canadien, Reginald Ruggles Gates, en ignorant, comme beaucoup de femmes de son époque, les mécanismes les plus sommaires de la sexualité. Ce n'est qu’après un an de mariage qu'elle comprit que son mari était impuissant. En 1913, elle demande et obtient le divorce, en affirmant que le mariage n'a jamais été consommé. Son manuel d’éducation sexuelle, intitulé Married Love (1918), connut un grand succès et provoqua la controverse en affirmant le droit de la femme mariée au plaisir sexuel. Interpelée par les nombreuses lettres qu’elle reçut de ses lectrices au sujet des mécanismes de la procréation, elle consacra son second ouvrage, Wise Parenthood (1918) au thème du contrôle des naissances[2].

Elle est également célèbre pour son militantisme eugénique, à une époque où l'eugénisme comptait beaucoup d'adhérents parmi les intellectuels de gauche comme de droite. Dans son livre, Radiant Motherhood (1920) elle appelle à ce que la stérilisation des personnes inaptes à être parents soit une possibilité, voire une obligation[3].

Married Life (L'amour conjugal)[modifier | modifier le code]

Page de couverture de Married Love

Alors qu'elle est en instance de divorce, Marie Stopes entame la rédaction d'un manuel d'instructions du mariage. En 1915, elle fait la connaissance de Margaret Sanger, qui vient de tenir une conférence sur le planning familial à la Fabian Society. Marie Stopes lui montre ce qu'elle a déjà écrit et lui demande conseil pour un chapitre sur la contraception[4]. Plusieurs maisons d'édition craignent la controverse et refusent de publier son livre. Enfin, Binnie Dunlop, secrétaire à la Ligue Malthusienne, la présente à Humphrey Verdon Roe, qui deviendra son deuxième mari. Celui-ci, un philanthrope s'intéressant au contrôle des naissances, finance la publication de Married Love chez Fifield & Co en 1918[5]. L'ouvrage remporte un succès immédiat et il est réédité cinq fois au cours de la première année de sa parution[6], donnant à Marie Stopes une notoriété dans toute la Grande-Bretagne. Marie Stopes met ses propres enseignements en pratique dès son mariage à Humphrey Roe en 1918.

L'immense succès de Married Love incite Marie Stopes à écrire une suite, Wise Parenthood: a Book for Married People (Sagesse parentale: un manuel pour couples mariés), un manuel de contraception, publié au cours de la même année[7]. Ce livre suscite lui aussi de nombreuses lettres de lecteurs lui demandant conseil, ce à quoi elle consent volontiers.

En 1918, elle publie une version abrégée de Wise Parenthood qui s'adresse aux couches les plus pauvres de la société, intitulé A Letter to Working Mothers on how to have healthy children and avoid weakening pregnancies (Lettre aux travailleuses, comment avoir des enfants en bonne santé et éviter les grossesses affaiblissantes). C'était un pamphlet de 16 pages qui devait être distribué gratuitement[8]. Les écrits de Stopes s'addressaient jusqu'alors aux classes moyennes. Elle voulait, par ce deuxième ouvrage, élargir son public[9].

Marie Stopes, enceinte au-delà du terme, entre en maison de convalescence le 16 juillet 1919. Un conflit surgit entre les médecins et elle quant à la méthode d'accouchement. Elle n'est pas autorisée à accoucher à genoux. Son enfant naît mort-né. Elle a alors 38 ans[10].

Marie Stopes International[modifier | modifier le code]

Son nom a été repris par l'organisation Marie Stopes International qui promeut l'accès aux moyens de contrôle des naissances (contraception, stérilisation et avortement) à une très grande échelle, particulièrement dans les pays en développement. L'ONG est active notamment au Cambodge, où elle cherche à atteindre les populations dans lesquelles les relations sexuelles sans contraceptif sont les plus répandues. Marie Stopes International publie de nombreux documents en partenariat avec Nova Design.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Maude, Aylmer, Marie Stopes: Her Work and Play, John Bale & Sons and Danielsson,‎ , p. 42
  2. Angus Mc Laren, Histoire de la contraception de l'Antiquité à nos jours, Noêsis, Paris, 1996, p. 326.
  3. Radiant Motherhood (1920) page 221
  4. (en) Greer, Germaine, Sex and Destiny, Secker and Warburg,‎ , p. 306
  5. (en) Rose, June, Marie Stopes and the Sexual Revolution, Faber and Faber,‎ , 102–103 p.
  6. Burke, Lucy, "In Pursuit of an Erogamic Life" in (en) Women’s Experience of Modernity, 1875–1945, The Johns Hopkins University Press,‎ p.254.
  7. (en) Hall, Ruth, Passionate Crusader, Harcourt, Brace, Jovanovich,‎ , p. 148
  8. (en) Rose, June, Marie Stopes and the Sexual Revolution, Faber and Faber,‎ , 125–126 p.
  9. (en) Hall, Ruth, Passionate Crusader, Harcourt, Brace, Jovanovich,‎ , p. 173
  10. (en) Rose, June, Marie Stopes and the Sexual Revolution, Faber and Faber,‎ , 127–129 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Diane B. Paul, Controlling Human Heredity: 1865 to the Present, Atlantic Highlands, N.J.: Humanities Press, ISBN 978-0-391-03915-5
  • Angus Mc Laren, Histoire de la contraception de l'Antiquité à nos jours, Noêsis, Paris, 1996, p. 326.
  • Steve Jones, Borin Van Loon La génétique sans aspirine, Flammarion, 2001 ISBN 2080680307
  • June Rose Marie Stopes and the Sexual Revolution, Londres, Faber and Faber, 1992.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]