Marc Lépine

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Marc Lépine, né Gamil Gharbi (ou Gamil Rodrigue Liass Gharbi) le 26 octobre 1964 à Montréal au Québec, et mort dans cette même ville le 6 décembre 1989 (à 25 ans), est l'auteur de la tuerie de l'École polytechnique de Montréal survenue le 6 décembre 1989. Ce jour-là, il abat quatorze femmes, dont treize étudiantes et une secrétaire et se suicide ensuite, laissant une lettre[1] dans laquelle il explique son acte par des motifs antiféministes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marc Lépine est né d'une mère québécoise, Monique Lépine[2], et d'un père algérien, Rachid Liass Gharbi. Celui-ci considérait les femmes comme étant inférieures aux hommes, et il a abusé physiquement et mentalement de sa femme et de son fils Gamil (Marc)[3]. Alors que Marc a sept ans, ses parents se séparent et celui-ci vit ensuite avec sa mère.

Durant l'hiver 1980-1981, il tente d'entrer dans les Forces armées canadiennes, mais, selon sa lettre de suicide, il n'est pas admis en raison de son attitude « antisociale ». En 1982, Marc remplace son nom de Gharbi pour celui de Marc Lépine[réf. nécessaire].

Il débute ses études collégiales en sciences pures en 1982, mais change après la première année pour un programme de technologie de l'électronique, qu'il abandonne au dernier semestre sans donner d'explication[4],[5],[6]. Lépine est admis à l'École polytechnique de Montréal en 1986, à la condition qu'il complète deux cours supplémentaires au collège. Il en complète un des deux durant l'hiver 1989[7],[8],[9].

La brève biographie que la police a publiée de lui après les événements le décrit comme un être intelligent, mais troublé[10].

Mise en valeur de Marc Lépine comme un héros[modifier | modifier le code]

Les motivations antiféministes de Marc Lépine ont été à plusieurs reprises présentées comme un modèle pour une supposée défense des droits des hommes. Le militant masculiniste Peter Zohrab affirme par exemple en 2002 que « la solution de Marc Lépine pourrait devenir la voie du futur[11] » et des blogs québécois ont pu parler du 6 décembre, date de la tuerie, comme de la « Saint-Marc[12] ». Une admiration dans les milieux masculinistes québécois a également été mise de l'avant dans le documentaire La Domination masculine (2009), où un intervenant parle notamment de la tuerie comme d'une « grosse erreur sur la plan tactique ». Le réalisateur du film, Patric Jean, doit d'ailleurs annuler en 2009 sa venue au Québec sous la menace de groupes masculinistes[12].

De façon plus générale, la militante féministe Mélissa Blais relève dans les articles de l'époque plusieurs mentions d'une sympathie pour Marc Lépine, par exemple dans un groupe d'aide pour les hommes violents[13]. Sur un plus long terme, la mémoire de Marc Lépine a aussi pu être commémorée, au cours des années 1990, par des militaires du Régiment aéroporté canadien basé à Petawawa[11].

Le nom de Marc Lépine a enfin déjà été cité en modèle pour des menaces d'attaques antiféministes. Au Québec, Donald Doyle menace ainsi en 2005 des groupes de femmes de « finir le travail » de Lépine et en 2006 Mario Morin bloque à Montréal le pont Jacques-Cartier et s'identifie à Lépine en menaçant de faire exploser des centres jeunesse[11]. Aux États-Unis, la référence est également citée en 2014 pour menacer l'Utah State University du « plus grand massacre de l'histoire américaine » si la féministe Anita Sarkeesian n'annule pas sa venue[14].

Film Polytechnique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Polytechnique (film).

La tuerie de l'École polytechnique de Montréal a fait l'objet d'une adaptation cinématographique réalisée par Denis Villeneuve et sortie en salles le 6 février 2009. Marc Lépine – le tueur dans le film – est incarné par l'acteur Maxim Gaudette.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lettre de suicide de Lépine
  2. http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/livres/200810/23/01-32299-la-mere-de-marc-lepine-fait-la-paix-avec-ses-demons.php
  3. (en) CTV.ca News Staff, « Mother of Marc Lepine finally breaks her silence », CTV,‎ 25 septembre 2006 (consulté le 2007-01-01) (article introuvable).
  4. (en) Rod McDonnell, Elizabeth Thompson, Andrew McIntosh et William Marsden, « Killer's father beat him as a child; A brutal man who didn't seem to have any control of his emotions », The Gazette,‎ 9 décembre 1989, A1.
  5. (en) Greg =Weston et Jack Aubin, « The making of a massacre: The Marc Lepine story Part II », Ottawa Citizen,‎ 8 février 1990, A1.
  6. Suzanne Colpron, « Marc Lépine était un premier de classe », La Presse,‎ 9 décembre 1989
  7. (en) Teresa K. Sourour, Report of Coroner's Investigation,‎ 1991 (lire en ligne).
  8. (en)Walter Buchignani, « Amid the tragedy, miracles of survival », The Gazette,‎ 8 décembre 1989, A3.
  9. (en) Heidi Rathjen et Charles Montpetit, December 6th: From the Montreal Massacre to Gun Control, Toronto, McClelland & Stewart,‎ 1999 (ISBN 978-0-7710-6125-7).
  10. (en) Wendy Hui Kyong Chun, « Unbearable Witness: towards a Politics of Listening », Journal of Feminist Cultural Studies, vol. 11, no 1,‎ 1999, p. 112–149
  11. a, b et c Mélissa Blais, « Plongée dans l'imaginaire antiféministe : Marc Lépine, héros et martyr ? », Sisyphe.org,‎ 7 décembre 2007 (lire en ligne)
  12. a et b Anabelle Nicoud, « Des disciples de Marc Lépine font fuir un réalisateur », La Presse,‎ 12 novembre 2009 (lire en ligne)
  13. Mélissa Blais, Entre la folie d'un seul homme et la violence faite aux femmes : La mémoire collective du 6 décembre 1989. Mémoire en histoire à l'université du Québec à Montréal, Montréal,‎ 2007 (lire en ligne)
  14. Alex Hern, « Feminist games critic cancels talk after terror threat », The Guardian,‎ 15 octobre 2014 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]