Matines de Bruges (histoire)

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Matines de Bruges (histoire)
Panneau du Coffre d'Oxford ou de Courtrai
Panneau du Coffre d'Oxford ou de Courtrai
Informations générales
Date 18 mai 1302
Lieu Bruges
Issue Massacre d'environ 1 000 partisans du roi de France
Belligérants
Partisans du roi de France Rebelles flamands
Commandants
Jacques de Saint-Pol Pieter de Coninck
Pertes
~ 1 000 hommes  ?
Guerre de Flandre (1297-1305)
Batailles
Bataille de Furnes · Matines de Bruges · Bataille de Courtrai · Bataille d'Arques · Bataille de Zierikzee · Bataille de Mons-en-Pévèle

Les matines de Bruges sont le massacre au cours de la nuit dans leur chambre à coucher d'un millier de partisans du roi de France, dont la garnison française logée chez l'habitant et de bourgeois par les membres des milices communales flamandes le 18 mai 1302. La dénomination "matines" a été donnée par analogie avec les Vêpres siciliennes. Cette révolte mena à une autre bataille célèbre, la bataille des Éperons d'or, qui opposera les milices flamandes aux troupes françaises le 11 juillet de la même année.

Causes[modifier | modifier le code]

Le roi de France Philippe le Bel qui vient de conquérir la Flandre en s'emparant de son comte Gui de Dampierre vient à Bruges en 1301 faire sa Joyeuse Entrée. Après son départ, comble de provocation, le peuple de Bruges apprend qu'il devra en payer les frais. Pierre de Coninck proteste de cette décision, mais le bailli royal le jette en prison avec vingt-cinq autres personnalités brugeoises. L'émeute populaire qui s'ensuit l'en délivre (juillet 1301).

Le gouverneur français Jacques de Châtillon investit alors la ville et bannit Pieter de Coninck, figure symbolique de la résistance flamande. Le tisserand reçoit alors l'appui des fils encore libres du comte Jean de Namur, Gui, et leur neveu Guillaume de Juliers. Cet appui, le changement de camp des bourgeois de Bruges, privés de leur liberté traditionnelle par l'entrée dans le domaine royal et les nouveaux impôts levés par Jacques de Châtillon permettent facilement à Pieter de Coninck de rentrer à Bruges en décembre. Son seul prestige lui permet de faire arrêter le travail des ouvriers chargés du démantèlement des murailles de la ville ordonné par Philippe le Bel.

Début mai 1302, pendant que Jan Breydel (doyen des bouchers de Bruges) s'empare du château de Male avec sept cents Brugeois, il négocie avec le magistrat de la ville l'évacuation des habitants de Bruges et la sauvegarde des bâtiments et maisons. Il allume le feu à des tas de paille pour faire croire aux Français qu'ils ont vaincu la ville et qu'elle est à feu et à sang. Pendant ce même temps il réunit les comtes flamands encore libres pour préparer une bataille qui deviendra célèbre sous le nom de bataille des éperons d'or. Il échoue à rallier à sa cause Gand où l'oligarchie marchande a repris le pouvoir. Jacques de Châtillon marche à nouveau sur Bruges : les Brugeois doivent se soumettre ou partir. Pieter, Jan Breydel et plusieurs milliers de Brugeois quittent la ville, laissant entrer le gouverneur français (17 mai 1302). Jacques de Châtillon pénètre dans la ville avec ses soldats, contrairement à l'accord qu'il vient de prendre. Inquiets de leur sort, les Brugeois restés en ville rappellent les exilés. Leur apparition au petit matin du 18 mai devant les murs de la ville (Pieter apparaît lui-même à la Porte Sainte-Croix en ralliant ses compatriotes au cri de « Vlaenderen den Leeuw ! » - « Flandre au Lion! ») déclenche le massacre des Français et des léliaerts (partisans des Français). Jacques de Châtillon échappe d'extrême justesse au carnage.

Déroulement des événements[modifier | modifier le code]

Des insurgés en armes, avec Pieter de Coninck à leur tête, pénètrent pendant la nuit dans les maisons. Selon la tradition, pour distinguer les partisans du Roi de France, ils auraient abordé les occupants des chambres en leur demandant « Des gilden vriend ? », « Ami des guildes ? » (Les guildes regroupaient le petit peuple qui se révoltait). Si la réponse était négative ils passaient les occupants par le fil de l'épée. Selon certains historiens belges, le mot de passe aurait été : "Schild en vriend", ce qui signifie en français "bouclier et ami" et dont la prononciation en dialecte flamand était très différente d'une lecture francophone de base "child an vrian", ce qui permettait de se rendre compte sans aucune équivoque de l'origine linguistique de la personne interpellée[1].

Le gouverneur Jacques de Saint-Pol parviendra à s'enfuir avec une poignée de survivants et de leliaerts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Gillet, Les étranges origines de la querelle linguistique en Belgique, J.M.Collet, 2000

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