Guerre de Flandre (1297-1305)

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Guerre de Flandre (1297-1305)
La bataille des éperons d'or
La bataille des éperons d'or
Informations générales
Date 1297-1302
Lieu Flandre
Issue La Flandre garde son indépendance mais doit payer un lourd tribut et doit céder les villes de Lille, Douai et Béthune
Belligérants
Blason pays fr FranceAncien.svg Royaume de France Blason Comte-de-Flandre.svg Comté de Flandre
Commandants
Philippe le Bel
Robert II d'Artois
Guillaume de Juliers
Jan Breydel
Pieter de Coninck
Gui de Namur
Philippe de Dampierre
Pertes
De nombreux chevaliers dont :
Robert II d'Artois
Raoul II de Clermont
Guy Ier de Clermont
Simon de Melun
Godefroy de Brabant
Jean III de Brienne
Jean Ier d'Aumale
Jacques Ier de Châtillon
Jean Ier de Dammartin
Guerre de Flandre (1297-1305)
Batailles
Bataille de Furnes · Matines de Bruges · Bataille de Courtrai · Bataille d'Arques · Bataille de Zierikzee · Bataille de Mons-en-Pévèle

La Guerre de Flandre est un conflit armé qui opposa le comté de Flandre au Royaume de France de Philippe le Bel de 1297 à 1305.

Prélude[modifier | modifier le code]

Philippe le Bel devient roi de France en 1285. Il est déterminé à renforcer la monarchie française quel qu’en soit prix. Depuis le traité de Verdun en 843, le comté de Flandre fait formellement partie du Royaume de France, mais il a toujours été de facto largement, sinon totalement, indépendant de la couronne française.

La Flandre possède à l'époque quelques-unes des villes les plus riches de l'époque, comme Bruges, Gand, Ypres, Lille et Douai. Mais ces villes sont elles-mêmes divisés entre les riches patriciens et les commerçants urbains, réunis en corporations.

En 1288, Philippe IV de France exerce son contrôle sur la Flandre sur laquelle il fait peser de lourds impots. La tension grandi entre Gui de Dampierre, comte de Flandre et le roi. En 1294, Gui se tourne vers Édouard Ier, le roi d'Angleterre et arrange un mariage entre sa fille Philippa et Édouard II, prince de Galles. Le roi de France saisi ce prétexte pour emprisonner Gui et deux de ses fils, pour le forcer à annuler le mariage. Philippa est elle-même emprisonnée à Paris jusqu'à sa mort en 1306.

Après ces indignités, Gui tente de se venger en faisant alliance avec Édouard Ier d'Angleterre, en guerre contre la France. Philippe réplique en annexant la Flandre au domaine royal et envoie une armée française sous le commandement de Robert II d'Artois.

1297-1303[modifier | modifier le code]

Le comte Flandre est facilement défait à la bataille de Furnes. Édouard d'Angleterre abandonne l'idée d'aider la Flandre et fait la paix avec Philippe en 1298. Les Français envahissent à nouveau la Flandre en 1299 et capturent Gui et ses fils Robert et Guillaume en janvier 1300. En mai, la totalité de la Flandre est sous contrôle.

La conquête de la Flandre a été relativement facile, les villes flamandes étant jusqu'alors restés neutres. Les patriciens ne sont pas fâchés de se débarrasser d'un comte de Flandre qui entendait contrôler les affaires (financières) des villes. Ils se tournent même vers le roi de France qui est déjà intervenu en leur faveur. Les supporters flamands du roi de France, appelés les Leliaards, en référence à la fleur de lys, rassemblent aussi une partie de l'aristocratie rurale.

Le prolétariat urbain, quant à lui, attend plus de justice et une meilleure répartition des richesses. Mais Philippe le Bel nomme Jacques de Châtillon comme gouverneur du comté, ce qui se révèle être un très mauvais choix. Collaborant avec les Leliaards, ce soldat peu diplomate impose un gouvernement très répressif, et soulève de nouvelles taxes. Les Flamands sont furieux. Bientôt, les guildes urbaines forgent une alliance avec les nobles flamands qui soutiennent le comte. On les surnomme Liebaarts ou Klauwaards, en référence aux griffes (Claws) du Lion de Flandre.

Le 19 mai 1302 une rébellion éclate à Bruges. La population flamande tué tous les Leliaards' qu'elle rencontre, y compris la garnison française. Ce sont les Matines de Bruges. De Châtillon parvient in extrémis à se sauver.

La révolte devint générale. Guillaume de Juliers, le petit-fils du comte arrive à Bruges, et devient le leader de l'insurrection flamande. Il est soutenu par ses oncles Jean Ier, marquis de Namur et Gui de Namur. Bientôt, toute la Flandre est sous leur contrôle. Seules Cassel et Courtrai restent aux mains des Français, tandis que la ville de Gand reste neutre.

Lorsque les Flamands assiègent Courtrai le 9 juillet 1302, une puissante armée française dirigée par le comte Robert II d'Artois arrive pour écraser la rébellion. La bataille des éperons d'or se déroule le 11 juillet dans un champ près de la ville, sur un terrain gorgé d'eau. La charge de la cavalerie française est arrêté par la milice flamande qui s'est déployée en arc de cercle. Les chevaliers français ne peuvent faire demi-tour pour contourner l'obstacle. La plupart d'entre eux sont abattus alors qu'ils se piétinent dans la boue.

À l'issue de cette bataille, la Flandre retrouve une pleine indépendance. Le roi de France Philippe le Bel, avide de vengeance, lève une armée sous le commandement de Gaucher de Châtillon, connétable de France. Les Flamands conduits par Guillaume de Juliers marche à sa rencontre. Le 30 août 1302, les deux armées se rencontrent entre Arras et Douai, mais se retirent sans combattre après quelques jours de négociation.

Le 4 avril 1303, Guillaume de Juliers, attaque Arques. L'armée de Gaucher de Châtillon tente en vain de reprendre la ville mais doit se replier.

1304-1305[modifier | modifier le code]

Depuis 1244, c'est la guerre entre la Flandre et le Hainaut. Jean d’Avesnes et son demi-frère Guillaume de Dampierre se combattent pour savoir qui hériterait des comtés de Flandre et de Hainaut, jusqu'à ce que Saint-Louis intervienne et attribue le Hainaut à Jean d’Avesnes et la Flandre à Guillaume de Dampierre.

Depuis rien n'était définitivement réglé. En 1302, les Flamands ont envahi le Hainaut et a conquis Lessines. Le 23 avril 1303 Gui de Namur, fils du comte de Flandre, a formé un flotte à Sluis et réclame le Comté de Zélande.

Le 10 et 11 août 1304, une flotte combinant les armées de Hollande et de Flandre, commandée par le Génois, Rainier Ier Grimaldi, affronte et bat la flotte flamande à la bataille de Zierikzee. Guy de Namur est capturé et le Zélande reste entre les mains du comte de Hollande et de Hainaut.

Le 18 août, une semaine après la bataille navale, Philippe le Bel lui-même affronte l'armée flamande à la bataille de Mons-en-Pévèle. Les Français font de nombreuses victimes chez les Flamands grâce à des machines de jet. L'issue de la bataille n'est pas probant, mais la mort de Guillaume de Juliers et les lourdes pertes enregistrées par les Flamands les incitent à demander la paix.

Le traité d'Athis-sur-Orge,signé le 23 juin 1305, reconnait l'indépendance flamande, mais au prix d'un lourd tribut et la perte des villes de Lille, Douai et Orchies, qui deviennent françaises[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ascq dans les luttes séculaires de 863 à 1794 », Part. 1, Chap. 4,, pages 33 et 34, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952