Collège expérimental

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Un collège — ou lycée — expérimental est en France un établissement d'enseignement secondaire qui bénéficie d'un statut dérogatoire à des fins d'expérimentation et d'innovation pédagogique.

Un statut dérogatoire[modifier | modifier le code]

En France le système éducatif est centralisé, et fondé sur l'idée qu'il doit être le même pour tous, au moins pendant le temps de la scolarité obligatoire.

L'organisation des établissements scolaires est pensée par le ministère de l'Éducation nationale, ainsi que les programmes scolaires, en fonction des recommandations du Haut Conseil de l'éducation.

Des efforts de décentralisation existent. Depuis les lois d'orientation de 1989 et 2000, les établissements scolaires définissent leurs objectifs dans un projet d'établissement, et la responsabilité du financement est désormais déléguée aux régions.

Cependant, les élèves sont répartis dans les établissements en fonction de la carte scolaire, de la langue vivante qu'ils souhaitent étudier, et non de ces projets. De même les critères d'affectation des enseignants à un établissement scolaire en tiennent peu compte.

Dans ce contexte, les établissements présentant un projet hors norme peuvent bénéficier d'un statut dérogatoire. D'une part, ils ne sont généralement pas sectorisés par la carte scolaire. D'autre part, les équipes pédagogiques y sont constituées sur la base du volontariat autour du projet d'établissement.

Les expérimentations successives[modifier | modifier le code]

Les écoles nouvelles de la Libération[modifier | modifier le code]

En France, à la Libération, tandis que la commission Langevin-Wallon prépare un plan de réforme du système éducatif français en s'appuyant sur les travaux réalisés par le conseil de la Résistance, différentes expérimentations liées aux idées de l'éducation nouvelle sont lancées.

Gustave Monod, directeur de l'enseignement du second degré, crée à Sèvres les classes nouvelles de la Libération, à partir de la classe de sixième, puis jusqu'à la troisième. Il crée également à Enghien-les-Bains un lycée qui prendra son nom.

À cette époque sont créées entre autres l'école Decroly de Saint-Mandé et la Nouvelle École de Boulogne, expérimentation confiée par le ministère de l'Éducation nationale aux CEMEA.

Les lycées expérimentaux créés en 1982[modifier | modifier le code]

En 1982, alors que François Mitterrand est Président de la République depuis peu, Gabriel Cohn-Bendit interpelle le Ministre de l'éducation Alain Savary en lui écrivant la lettre au camarade Ministre.

Plusieurs projets reçoivent carte blanche pour créer des lycées expérimentaux cogérés afin de tenter de trouver des réponses à l'échec scolaire :

Les créations soutenues par le CNIRS en 2000[modifier | modifier le code]

Le conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire est un organisme consultatif de l'éducation nationale française créé en octobre 2000 par Jack Lang, alors ministre de l'éducation nationale. Il était composé d'experts et de personnels éducatifs et présidé par Anne-Marie Vaillé.

Le rôle de ce conseil était de soutenir, évaluer et diffuser les initiatives prises dans les différents établissement scolaires. Il permit la création d'une quinzaine d'établissements expérimentaux, dont quatre ouverts à tous les publics :

Dès 2002, suite au changement de gouvernement, l'existence des établissements expérimentaux de Brest et Saint-Martin-Valmeroux est remise en cause; par contre l'ouverture du collège Clisthène, encore à l'état de projet, est effectuée. Le collège de la septième île ferme en 2006. Le collège de la Maronne fermera à son tour en septembre 2009.

Un nouvel appel en 2007[modifier | modifier le code]

En septembre 2007, un appel à la création de nouveaux collèges expérimentaux a été lancé par Gabriel Cohn-Bendit, fondateur du lycée expérimental de Saint-Nazaire, avec l'accord de Xavier Darcos, alors ministre de l'éducation[1], et recueille en quelques jours près de 200 adhésions d'enseignants. Un comité de pilotage est constitué[2], et en février 2008 désigne les établissements concernés par ces projets pédagogiques innovants[3] : le collège Jean-Jaurès et le lycée Lumière à La Ciotat, le collège Beaumarchais à Meaux, le collège Chevreul à L'Haÿ-les-Roses, le collège Vallès à La Ricamarie et le collège Les Explorateurs à Cergy. Soutenu uniquement dans l'académie de Créteil, puis réduit en nombre de postes à pourvoir, début mars 2008 le projet est en passe d'être abandonné[4].

Toutefois, en 2009, les choses changent et le projet repart porté par l'Académie de Créteil. Constatant la réussite du collège Chevreul, l'académie de Créteil soutient l'ouverture en septembre 2009 de neuf collèges expérimentaux : le collège Laplace à Créteil, le collège Joliot-Curie à Fontenay-sous-Bois, le collège Chevreul à L'Haÿ-les-Roses, le collège Brossolette à Villeneuve-Saint-Georges, le collège Molière à Ivry et le collège Karl-Marx à Villejuif. En Seine-et-Marne : les collèges Pyramide à Lieusaint, Jules-Verne et Marie-Curie à Provins. En Seine Saint Denis, le collège Jean-Vilar à La Courneuve.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gabriel Cohn-Bendit lance un appel à la création de collèges expérimentaux Le Café pédagogique - Expresso du 20 septembre 2007.
  2. Première réunion avec le ministère sur les collèges expérimentaux le 11 octobreLe Café pédagogique - Expresso du 28 septembre 2007.
  3. Six établissements pour les collèges Cohn-Bendit Le Café pédagogique - Expresso du 6 février 2008.
  4. Gabriel Cohn-Bendit : Les raisons d'un échec Interview le 5/3/2008 dans le Café pédagogique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]