Les Belles-Sœurs

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Les Belles-Sœurs
Auteur Michel Tremblay
Genre Comédie dramatique
Nb. d'actes 2
Dates d'écriture 1965
Lieu de parution Montréal
Éditeur Leméac
Collection Théâtre canadien
Date de parution 1968
Lieu de la 1re représentation en français 28 août 1968
Compagnie théâtrale Théâtre du Rideau Vert (Montréal)
Metteur en scène André Brassard
Personnages principaux
Germaine Lauzon
Linda Lauzon
Marie-Ange Brouillette
Rose Ouimet
Des-Neiges Verrette
Yvette Longpré
Gabrielle Jodoin
Lise Paquette
Lisette de Courval
Thérèse Dubuc
Olivine Dubuc
Angéline Sauvé
Rhéauna Bibeau
Ginette Ménard
Pierrette Guérin

Les Belles-Sœurs est une comédie dramatique en 2 actes du dramaturge québécois Michel Tremblay, écrite en 1965 et présentée pour la première fois en lecture publique le 4 mars 1968 au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui par le Centre des auteurs dramatiques. La pièce est produite pour la première fois le 28 août 1968 au Théâtre du Rideau Vert à Montréal, dans une mise en scène d'André Brassard. Elle est fréquemment citée comme une des premières pièces québécoises à employer le joual (forme populaire du français québécois). En 1987, la revue française Lire fait figurer Les Belles-Sœurs, pièce-phare, dans sa liste des 49 pièces à inclure dans la bibliothèque idéale du théâtre des origines à nos jours.

Argument[modifier | modifier le code]

Germaine Lauzon, femme au foyer à Montréal, gagne un million de timbres GoldStar lui permettant de se procurer divers objets présentés dans le catalogue de la compagnie. Afin de coller rapidement les timbres dans les cahiers (et de partager sa joie), Germaine organise un « party de collage de timbres » en compagnie de ses belles-sœurs.

Cependant, l'atmosphère dégénère rapidement : Germaine suscite la jalousie des autres femmes ne se gênant pas pour lui voler des timbres, des amitiés sont bouleversées et Pierrette Guérin, sœur de Germaine qui mène une vie de « damnée » dans les clubs, refait surface au grand déplaisir de certaines.

Germaine finit par découvrir le vol des timbres et se retrouve seule avec ce qui reste des timbres.

Personnages[modifier | modifier le code]

Quinze femmes composent la distribution de la pièce, leur âge variant entre 20 et 93 ans :

  • Germaine Lauzon, personnage principal, elle vient de gagner un million de timbres-primes et convie ses parentes et amies à venir les coller dans des livrets
  • Linda Lauzon, fille de Germaine
  • Marie-Ange Brouillette, voisine de Germaine
  • Rose Ouimet, sœur de Germaine
  • Des-Neiges Verrette
  • Yvette Longpré
  • Gabrielle Jodoin
  • Lise Paquette, amie de Linda
  • Lisette de Courval
  • Thérèse Dubuc
  • Olivine Dubuc
  • Angéline Sauvé
  • Rhéauna Bibeau
  • Ginette Ménard
  • Pierrette Guérin

Thèmes[modifier | modifier le code]

La pièce dépeint la réalité de femmes de l'époque, marquées par la religion (elles s'agenouillent toutes devant la radio pour réciter le chapelet) et les activités quotidiennes (elles en font une complainte en énonçant leurs tâches ménagères hebdomadaires, pour conclure qu'elles mènent « une maudite vie plate »). Tour à tour, elles viennent à l'avant-scène pour montrer leur jalousie (Marie-Ange), dénoncer l'appétit sexuel d'un mari à qui elles ne peuvent dire non quand il vient « réclamer son dû » (Rose) ou encore livrer leur inquiétude face à l'avenir (Pierrette).

Quelques répliques[modifier | modifier le code]

  • « Vous êtes pas folle la mère, on rentre jamais 15 dans cuisine ! Pis vous le savez ben qu'on peut pas recevoir dans le restant d'la maison parce qu'on peinture ! »
  • « Maudite vie ! J'peux même pas avoir une p'tite joie, y faut toujours que quelqu'un vienne toute gâter ! Vas-y aux vues, Linda, vas-y, sors à soir ! Fais à ta tête ! Maudit verrat de bâtard que chus donc tannée ! »
  • « C'est rien que ma tante Rose. J'sais pas pourquoi je serais polie avec elle ! »
  • « Prenez l'Italienne à côté de chez nous, a pue c'te femme là, c'est pas croyable ! »
  • « La pudeur, y connaissent pas ça, les Uropéens ! Vous avez qu'à regarder les films, à télévision ! C'est ben effrayant de voir ça ! Ça s'embrasse à tour de bras au beau milieu d'la rue ! C'est dans eux-autres, ils sont faits comme ça ! »
  • « Parlez-moé-z'en pas ! C'est pu vivable, chez nous ! Depuis qu'y'a commencé son cours classique, là, mon p'tit Raymond, y'a changé c'est ben effrayant ! On le r'connaît pus ! Y lève quasiment le nez sur nous autres ! V'la rendu qu'y nous parle latin à table ! »
  • « Pis si y'a une chose que j'peux pas endurer, c'est ben la muisque classique ! - Ouache, moé non plus ! - C'est pas écoutable, vous avez raison. Beding par icitte, bedang par là... »
  • « C'est ben simple, si j'me r'tenais pas, j'braillerais comme une vache ! »
  • « Moé aussi, j'travaille, moé aussi j'les torche, mes enfants ! Même que les miens sont plus propres que les siens ! J'travaille comme une damnée, c'est pour ça que j'ai l'air d'une squelette ! Elle, est grosse comme une cochonne ! »
  • « Moé j'aime ça l'bingo ! Moé ya rien au monde que j'aime plus que l'bingo ! »
  • « J'veux arriver à quequ'chose dans'vie, vous comprenez, j'veux arriver à quequ'chose ! J'veux avoir un char, un beau logement, du beau linge ! J'ai quasiment que des uniformes de restaurant à me mettre sur le dos, bonyeu ! J'ai toujours été pauvre, j'ai toujours tiré le diable par la queue, pis j'veux que ça change ! J'sais que je suis cheap, mais j'veux m'en sortir ! Chus v'nue au monde par la porte d'en arrière, mais m'as donc sortir par la porte d'en avant ! Pis y'a rien qui va m'en empêcher ! »
  • « Ben, moé, ma Carmen, à s'f'ra pas poigner de même, ok ? Parce que moé, ma Carmen, ça fait longtemps que j'y ai dit c'qu'y valent, les hommes ! Ça, a pourra pas dire que j'l'ai pas avertie ! (Au bord des larmes) Pis a finira pas comme moé, à quarante-quatre ans, avec un p'tit gars de quatre ans sur les bras, pis un écœurant de mari qui veut rien comprendre, pis qui demande son dû deux fois par jour, trois cent soixante-cinq jours par année ! »
  • « Moé, j'mange d'la marde pis j'vas en manger toute ma vie! »
  • « Mon doux, ma neuvaine a sainte Thérèse ! »
  • « Ah ! J'cré ben, si tu prends nos maris comme exemple ! On mélange pas les torchons pis les sarviettes ! Nos maris, c'est ben sûr qu'y font durs, mais prends nos acteurs, là, sont aussi beaux pis bons que n'importe quel Français de France ! - En tout cas, moé Jean Marais, j'y f'rais pas mal ! Ça, c't'un homme ! »

Version musicale[modifier | modifier le code]

Une version musicale a été créée par le Théâtre d'Aujourd'hui en 2010, avec René Richard Cyr au livret, Daniel Bélanger à la musique et l’appui de Michel Tremblay.

Distribution à la création, le 28 août 1968[modifier | modifier le code]

Distribution à la première reprise, en août 1969[modifier | modifier le code]

Distribution à la deuxième reprise, en mai 1971[modifier | modifier le code]

Distribution de la version musicale de 2010[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

La pièce a été traduite :

  • en allemand par Hanspeter Plocher sous le titre de Schwesterherzchen [1987] (Tuebingen, Niemeyer, 1987) et Romanistentheater der Universitæt Augsburg, 1987 ;
  • en anglais par Bill Glassco et John Van Burek sous le titre de Les Belles-Sœurs (English version) [1973] (Talonbooks, Vancouver, 1974; traduction révisée, 1992) St. Lawrence Centre (Toronto), 3 avril 1973 ;
  • en anglais pour l'Écosse par Martin Bowman et Bill Findlay sous le titre de The Guid Sisters [1989] (in The Guid Sisters and Other Plays, Nick Hern Books, London, 1991) Tron Theatre, Glasgow, 2 mai 1989 ;
  • en italien par Jean-René Lemoine et Francesca Moccagatta sous le titre de Le Cognate [1994] (in Il teatro del Québec, Éditions Ubulibri, Milan, 1994) Teatro di Rifredi, Florence et 15 février 1994 ;
  • en polonais par Józef Kwaterko sous le titre de Siostrzyczki [1990] (revue Dialog no 8, 1990) Télévision de Cracovie, octobre 1993 ;
  • en yiddish par Pierre Anctil et Morgentaler Goldie sous le titre de Di Shvegerius [1992] Centre Saydie Bronfman, Montréal, juin 1992 ;
  • et en une quinzaine d'autres langues.

Représentative de la vie des « petites gens » de n'importe quelle grande métropole, la pièce a été jouée en yiddish à Montréal, à Tel Aviv et à Brooklyn.

Liens externes[modifier | modifier le code]