León Hebreo

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Juda Abravanel dit León Hebreo (Léon l'Hébreu) (né à Lisbonne vers 1460 - mort à Naples après 1521) est un médecin, philosophe néoplatonicien et poète de la Renaissance, né Juif portugais, mais ayant émigré jeune en Italie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu de l'illustre famille Abravanel, il est le fils d'Isaac Abravanel, qui fut accusé de complot et dut quitter précipitamment le Portugal avec sa famille en 1483. Il se fixèrent d'abord à Tolède jusqu'en 1492.

Ayant refusé de se convertir au christianisme, il est expulsé d'Espagne en 1492 et s'installe à Gênes puis à Naples.

En 1502, ses célèbres Dialogues d'amour étaient déjà terminés, semble-t-il, en italien (Dialoghi d'amore), mais ils ne furent pas imprimés avant 1535 à Rome.

Influences reçues et données[modifier | modifier le code]

Léon l'Hébreu fait la synthèse du néo-platonisme et de la kabbale. Comme le dira la traduction française en 1551 de ses Dialogues d'amour, Léon l'Hébreu fait "Platon mosaïc et du nombre des caballistes" On note clairement dans son œuvre l'influence de Platon par l'intermédiaire de Maïmonide, Juhanam Alemanno, Giovanni Pontano, Mario Equicola, Gilles de Viterbe. Ce fut cependant l'œuvre de Marsile Ficin qui fut son modèle, Dialogo sopra l'amore, mais León Hebreo sut exposer d'une manière plus complète, originale et profonde l'esthétique platonicienne et réussit à dépasser son modèle.

Outre le néoplatonisme, on sent l'influence la kabbale juive. D'ailleurs la traduction latine de ses Dialogues d'amour seront intégrés dans l'anthologie de la kabbale par Pisterius en 1587 (Artis Cabalisticae).

Son œuvre eut une influence profonde sur les néoplatoniciens espagnols du XVIe siècle, et les traductions se multiplièrent. L'une d'elles, réalisée par Garcilaso de la Vega, fut mise à l’Index Librorum Prohibitorum du Vatican pour ses traits cabalistiques et théosophiques.

On retrouve également des traces des Dialogues dans les œuvres de Baldassare Castiglione, Pietro Bembo, Juan Boscán Almogáver, Garcilaso de la Vega, Francisco de Aldana, Maximiliano Calvi, Fernando de Herrera, Luís de Camões, Pedro Malón de Chaide, Montaigne, Miguel de Cervantes etc.
Ce dernier écrivait même dans Don Quichotte : « Avez-vous à parler d’amours ? pour peu que vous sachiez quatre mots de la langue italienne, vous trouverez dans León Hebreo de quoi remplir la mesure toute comble. »

Les Dialogues d'amour[modifier | modifier le code]

Cet ouvrage semble rédigé d'abord en espagnol, ensuite traduit en toscan (selon Carl Gebhardt). Il aurait été écrit à Gênes et à Naples entre 1497 et 1502, peut-être fini en 1503.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvre de Léon l'Hébreu[modifier | modifier le code]

  • Dialoghi d'amore (1502). Trad. française : Philosophie d'amour de M. Leon Hebreu, traduicte d'italien en françoys, par le seigneur du Parc Champenois (= Denis Sauvage), 1551. Autre trad., la même année 1551, par Pontus de Tyard. Trad. latine en 1564 par Jean Charles Sarasin. Dialogues d'amour, édi. par Saverio Ansaldi, commentaires par Tristan Dagron, trad. par Pontus de Tyard (1551), éd. Vrin, 2006.

Études sur Léon l'Hébreu[modifier | modifier le code]

  • Gebhardt, Einleitung zu Leone Ebreo, p. 1-110.
  • W. Melczer, "Platonisme et aristotélisme dans la pensée de Léon l'Hébreu", in Platon et Aristote. XVI° colloque international de Tours, Paris, 1976, p. 293-306.