Pontus de Tyard

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Pontus de Tyard

Description de l'image  Pontus de Thyard.jpg.
Naissance
Bissy-sur-Fley
Décès (à 84 ans)
Château de Bragny-sur-Saône
Langue d'écriture français

Pontus de Tyard, seigneur de Bissy, est un prélat, écrivain et poète français, membre du cercle littéraire de la Pléiade, né le 20 avril 1521 à Bissy-sur-Fley dans le Chalonnais (Bourgogne) et mort le 23 septembre 1605 au château de Bragny-sur-Saône.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Bissy-sur-Fley en 1521 de Jehan de Tyard, d'une maison noble de Bourgogne, lieutenant général au baillaige de Mâcon, et de Jehanne de Ganay, Pontus de Tyard aura su, au cours de sa longue vie s’illustrer comme un authentique humaniste dans une des périodes les plus sombres de la Bourgogne : celle des guerres de religion. Évêque de Chalon, il eut le rare courage de prêcher aux uns et aux autres la modération. Menacé pour délit d’œcuménisme, tourmenté pour le soutien indéfectible qu’il porta à son souverain, Tyard fit preuve en toutes circonstances d’un courage et d’une opiniâtreté à toute épreuve. Cet homme véritable encyclopédiste, fut également une figure emblématique de la vie culturelle et politique française au XVIe siècle, en étant tout d’abord l’un des fondateurs de la Pléiade (premier mouvement de l'histoire littéraire française), ou exerçant par ailleurs ses parfaites dispositions diplomatiques en assurant auprès du roi Henri III le rôle de conseiller d’État.

Pontus de Tyard aura participé avec un enthousiasme certain à ce grand élan de connaissances qui a enflammé le XVIe siècle, en s'imposant comme l'un des maîtres de la pensée moderniste. Ici subsiste alors l'image d'un homme, épris de culture, savant astronome, mathématicien de talent, poète et philosophe, vers qui les plus illustres et beaux esprits se sont tournés, en quête de conseils et de secours spirituel.

Il écrit Les Erreurs amoureuses à Lyon en 1549, recueil qu'il prolonge jusqu'en 1555 de plusieurs ajouts. Son style se rapproche de celui de Pétrarque (il a aussi pu être inspiré par la Délie de son ami Maurice Scève), et le sujet en a peut-être été inspiré par Louise Labé. En 1551, son Chant en faveur de quelques excellens poëtes de ce tems célèbre du Bellay, Marot et Ronsard.

Pontus est d'ailleurs comme Ronsard et du Bellay un des membres de la Pléiade, mais il s'implique moins dans les recherches poétiques du groupe, dans les années 1550, car il travaille à une œuvre plus philosophique : les Discours philosophiques, une série de dialogues qui paraîtront jusqu'en 1557, anonymement. Ces discours lui permettent d'explorer les connaissances dans les domaines de la poésie, de la musique, du temps, de la divination et de la science de l'univers entier. Le point de vue spirituel (psychologie, théodicée) et le point de vue matériel (astronomie, physique, météorologie) y sont abordés. Il fait ainsi mention des nouvelles théories de Copernic à plusieurs reprises. Pontus de Thyard a fait précéder le Second Curieux d'un mémorable avant-propos, qui constitue un vibrant plaidoyer pour la langue française. Vers 1550 - 1560, il anima une société littéraire chalonnaise avec Philibert Guide, Guillaume des Autels...

Après 1570, Pontus connaît un certain succès dans les salons parisiens à l'occasion du courant néo-pétrarquiste qui voit dans ses Erreurs amoureuses une œuvre fondatrice. Ses Œuvres poétiques, en 1573, sont dédiées à la maréchale de Retz.

Il devient évêque de Chalon-sur-Saône en 1578, et sa vie prend alors un nouveau tournant puisqu'il se consacre entièrement à sa nouvelle charge. Député aux États de Blois en 1588, il défendit l'autorité royale contre les Ligueurs. Il abandonnera sa charge d'évêque en 1589 pour se retirer dans ses terres, où il restera jusqu'à sa mort.

En 1594 il publia Extrait de la généalogie de Hugues Capet.

Regards sur l'œuvre[modifier | modifier le code]

Avec Tyard, nous découvrons un siècle où la « poésie était reine » mais également un personnage très favorisé et contrasté. Favorisé par la santé physique, les dons intellectuels et les vertus, de même le statut social qui permet plus facilement de philosopher sur l’art de vivre en taquinant les muses. C’est le contexte aussi qui explique les contradictions du portrait : celui d’un homme « aimant passionnément la Bourgogne » tout en attribuant ses défauts à « la crasse mâconnaise » de ses origines, celui d’un vulgarisateur qui « méprise le peuple sot et médisant », celui d’un évêque qui « fait commerce de galanteries » dans ses vers, celui d’un penseur à la fois moderne (par son humanisme et sa réflexion sur l’égalité des sexes) et traditionnel (par son ethnocentrisme linguistique), celui encore d’un caractère porté à la retenue et à la modestie mais également « expert dans l’art de la flagornerie », celui enfin d’un poète qui se fait une haute idée de la poésie mais n’attache pas d’importance à ses productions, lui préférant la philosophie. Ces oppositions, loin de discréditer le personnage, le rendent au contraire plus vivant, plus complexe.
Paul Valéry dans la seule étude de Variété qu'il consacra à un poète du XVIe siècle écrit de lui:

«  ...Si l’attention érudite se concentre et s’attarde sur ce compagnon de Ronsard et de Du Bellay, elle discerne dans Thiard presque tous les nobles éléments dont les grands hommes de son époque étaient composés. (…) Ce poète fut astronome, cet astronome évêque, cet évêque agent du roi et sa plume dans la polémique. La lyre, la mitre, l'astrolabe pourraient figurer sur son tombeau…  »

Postérité[modifier | modifier le code]

Éditions récentes[modifier | modifier le code]

  • Œuvres complètes. Tome I . Œuvres poétiques, éd. critique par Eva Kushner, Sylviane Bodkam, Gisèle Mathieu-Castellani et al. Paris : H. Champion, 2004 (ISBN 2-7453-0630-8)
Contient : Les erreurs amoureuses ; Continuations des erreurs amoureuses ; Troisième livre des erreurs amoureuses ; Livre de vers liriques ; De Coelistribus asterismis poëmatium ; Recueil des nouvelles œuvres poétiques ; Les douze fables de fleuves ou fontaines
  • Œuvres complètes. Tome IV. 2, sous la direction d'Eva Kushner, texte établi, introduit et annoté par François Roudaut, Classiques Garnier, 2013 (ISBN 978-2-8124-0973-8)
Contient : Le second curieux ou Second discours de la nature du monde et de ses parties
  • Œuvres complètes. Tome VI, édition critique par Marie-Madeleine Fragonard, François Rouget et François Roudaut. Paris : H. Champion, 2007 (ISBN 2-7453-1540-3)
Contient : Homélies ; Histoire d’Hérodian (dédicace) ; Lettre au jésuite Charles ; Généalogie de Hugues Capet ; Advis du diacre Agapet ; Modèles de phrases ; Lettres d’amour
  • Œuvres complètes. Tome VII . La droite imposition des noms = De recta nominum impositione, introduction par Jean-Claude Margolin, texte établi et traduit par Jean Céard, et annoté par Jean-Claude Margolin et Jean Céard, avec la collaboration de Sophie Kessler-Mesguisch et Colette Nativel. Paris : H. Champion, 2007 (ISBN 2-7453-1348-5)
  • Discours de la vérité de divination par astrologie, éd. Sylviane Bokdam. Genève : Droz, 1990. (Textes littéraires français ; 383).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Mère, Pontus de Tyard, ou l'univers d'un curieux, Chalon-sur-Saône, Éd. Hérode, 2001
  • Éva Kushner, Pontus de Tyard et son œuvre poétique, H. Champion, 2001 (ISBN 2-7453-0624-3)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Jacques Fouré
Évêque de Chalon
1578 - 1594
Cyrus de Thiard de Bissy