La Source (film)

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La Source

Titre original Jungfrukällan
Réalisation Ingmar Bergman
Pays d’origine Drapeau de la Suède Suède
Sortie 1960

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Source (Jungfrukällan) est un film suédois réalisé par Ingmar Bergman, sorti en 1960. Le film est inspiré d'une légende suédoise du XIVe siècle, qui raconte l'histoire d'une famille de paysans aisés et de leur fille adolescente.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Au XIVe siècle, en Suède. Karin, la fille de Töre, un riche paysan, va porter des cierges à l'église en compagnie de sa sœur adoptive Ingeri.

À la lisière de la forêt, les deux jeunes filles se séparent. Karin continue son chemin et rencontre trois bergers. Elle leur propose de partager son repas. Mais ils se jettent sur Karin, la violent et l'assassinent, sous les yeux d'Ingeri qui cachée a assisté à la scène.

Les bergers ramassent les affaires de la morte et s'enfuient. Le soir, ils demandent asile dans une ferme sans savoir qu'il s'agit de celle des parents de leur victime, très inquiets de ne pas la voir revenir.

Après le repas, l'aîné veut vendre la robe de Karin à la maîtresse des lieux qui reconnaît aussitôt les vêtements de sa fille. Mais celle-ci feint d'accepter le marché. Elle informe immédiatement son mari qui décide de se venger. En chemin, il croise Ingeri qui lui raconte tout. À l'aube, armé de son poignard, Töre tue les trois bergers.

La vengeance assouvie, tous les habitants de la ferme partent à la recherche du corps de Karin. Ils la découvrent gisant au bord de l'eau. Le père, fou de tristesse, interpelle Dieu pour qu'il le pardonne de s'être fait justice et jure d'élever une chapelle à l'endroit où sa fille est morte. Lorsque le père et la mère enlèvent le corps de leur fille, une source jaillit de l'endroit où reposait sa tête.

Commentaire[modifier | modifier le code]

Le film repose sur un scénario entièrement écrit par Ulla Isaksson, romancière suédoise réputée[1]. Ulla Isaksson a déjà collaboré, en tant que scénariste à Au seuil de la vie. Avec La Source, elle fait l'adaptation d'un conte médiéval connu de la tradition suédoise, originairement intitulé « La fille de Töre à Vänge ».

L'angle que privilégie Ulla Isakssson, est la transition entre deux religions : le paganisme préexistant, d'une part, auquel se substitue progressivement le christianisme, d'autre part. Cette situation transitoire en effet court tout le long du film dans lequel les personnages oscillent entre l'une et l'autre. Cependant que la ferme vit au rythme du rituel chrétien (mâtines, bénédictions …), le personnage d'Ingeri a, par exemple, recours à des incantations et des sorts païens, de même, Töre, le père de la jeune fille, qui se purifie avant d'accomplir sa vengeance[2]. De ce récit est né un film linéaire, limpide qui s'inscrit comme un naïf message chrétien.

Quand sort La Source, Ingmar Bergman est au creux de la vague. Les succès du Septième sceau et des Fraises sauvages ont nourri beaucoup d’attentes et son film précédent, Le Visage, a beaucoup déçu. Malheureusement, le même accueil est réservé à La Source. Le film est considéré comme une œuvre mineure dans la carrière du cinéaste[3]. On reproche essentiellement au cinéaste d’avoir assuré une prestation d'ordre technique[4] et d'être d'une certaine confusion dans son propos[5]. Se greffe une polémique autour de la scène de viol qu’il comporte. Un quotidien suédois pose publiquement la question de savoir si cette scène est nécessaire, ce à quoi les lecteurs répondent majoritairement « non »[6]. Quant à la position du cinéaste lui-même, elle évolue au cours du temps. Il déclare d’abord que ce film est l’un de ses préférés[7] pour finalement le considérer comme une pâle copie du réalisateur japonais Akira Kurosawa[8].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Siclier, Ingmar Bergman, Éditions universitaires, coll. Classiques du cinéma, p. 132-136.
  2. Ibid. pp. 135-137.
  3. Ibid., pp. 132-133.
  4. Ibid., p. 139.
  5. Louis Marcorelles, Au pied du mur, Cahiers du cinéma, n°116, février 1961, p. 51.
  6. Denis Marion, Ingmar Bergman, édition Gallimard, coll. Idées, 1979, p. 70.
  7. Jacques Siclier, Ingmar Bergman, op. cit., p. 137 : le livre cite lui-même comme source la revue Cinéma 59 d'octobre 1959 et l'article de Jean Béranger intitulé Lettre de Stockholm.
  8. Denis Marion, Ingmar Bergman, op.cit., p. 51.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]