La Recluse de Wildfell Hall

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The Tenant of Wildfell Hall

La Recluse de Wildfell Hall
Image illustrative de l'article La Recluse de Wildfell Hall
Page de titre de l'édition princeps.

Auteur Anne Brontë
Genre Roman épistolaire
Version originale
Titre original The Tenant of Wildfell Hall
Éditeur original Thomas Cautley Newby
Langue originale Anglais
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Date de parution originale juin 1848
Version française
Traducteur Georges Charbonnier et André Frédérique
Nombre de pages 474
ISBN 9782752903105
Chronologie
Précédent Agnes Grey

La Recluse de Wildfell Hall[1] (titre original en anglais : The Tenant of Wildfell Hall) est le second roman épistolaire d’Anne Brontë. Il raconte l’histoire d’une femme qui quitte son mari abusif et débauché, et qui doit subvenir à ses propres besoins et à ceux de son jeune fils. Il est considéré comme l’un des premiers romans féministes.

Publié en juin 1848, il défie la morale qui prévaut à l’époque. Un critique est allé jusqu’à affirmer qu’il est « totalement inapproprié de mettre [le roman] entre les mains de jeunes filles ».

Résumé de l'intrigue[modifier | modifier le code]

Le roman est divisé en trois volumes.

Première partie[modifier | modifier le code]

La première partie, racontée par Gilbert Markham, fermier prospère, décrit l'arrivée d'une veuve mystérieuse, Mrs Helen Graham, dans une grande maison voisine, d'ailleurs en triste état, Wildfell Hall.

Dès le début, elle est l'objet de la curiosité de la petite communauté des environs. Bien que réticente, Helen et son jeune fils, Arthur, sont peu à peu intégrés dans la vie sociale du village. Au début de l'histoire, Gilbert Markham courtise sans flamme particulière Eliza Millward, bien que sa mère considère cette relation d'un œil désapprobateur, convaincue que son fils peut trouver mieux. Cependant, l'intérêt de Gilbert pour Eliza faiblit lorsqu'il apprend à mieux connaître Mrs Graham. Ce changement d'attitude déclenche dans le village une campagne de rumeurs et de cancans au sujet d'Helen, colportés — sinon initiés — par Eliza.

Ces rumeurs conduisent Gilbert à penser que Helen est courtisée par son ami, Mr. Lawrence. Lors d'une rencontre fortuite sur la route entre les deux hommes, Gilbert, le cœur empli de jalousie, frappe Lawrence de son fouet, le faisant tomber de cheval. Inconsciente de cet épisode, Helen refuse d'épouser Gilbert, mais lui confie son journal intime quand il l'accuse d'aimer Lawrence.

Deuxième partie[modifier | modifier le code]

La deuxième partie est directement issue du journal intime d'Helen, qui fait prendre connaissance de son mariage avec Arthur Huntingdon, homme charmant, mais aussi bon à rien. Helen est tout d'abord aveuglée par l'amour et convaincue qu'elle saura le convaincre de se réformer par son exemple. Huntingdon est décrit comme un homme gâté, égoïste, soucieux de sa seule personne, mais bel homme et spirituel. Lorsque Helen donne naissance à leur fils Arthur, il devient progressivement jaloux de l'attention et de l'affection que sa femme accorde à l'enfant.

Les amis de Huntingdon viennent fréquemment à leur maison, Grassdale, et forment un groupe dissolu, buvant sans retenue dans des débordements de joie. La décadence morale est un thème récurrent, où les personnages à l'esprit perverti soumettent et tourmentent ceux qui font montre de noblesse de caractère. Il n'y a d'ailleurs pas là de clivage selon les sexes, puisque lady Anabella Lowborough se montre tout aussi infidèle à son mari mélancolique, mais dévoué.

Walter Hargrave, le frère de l'amie d'Helen, Milicent Hargrave, cherche à obtenir l'affection d'Helen. Il ne tombe pas dans les mêmes excès que ses amis, mais ses attentions ne sont pas les bienvenues, car Helen devine ses instincts de prédateur, décrits de façon poignante lors d'un combat silencieux qui les oppose lors d'une partie d'échecs. Il alerte Helen sur l'infidélité de son mari, qui vit une aventure avec Lady Lowborough. Aussitôt après le départ de son ami, Arthur Huntingdon exprime ouvertement son désir d'aller retrouver sa maîtresse et se moque de sa femme.

Le fait qu'Arthur entraine leur fils dans sa débauche — l'encourageant à boire et à jurer, malgré son jeune âge — fait déborder la coupe pour Helen. Elle prépare sa fuite pour sauver son fils, mais son mari lit son journal et apprend ainsi son désir de s'enfuir. Il met alors le feu à son matériel d'artiste, avec lequel elle comptait gagner ensuite sa vie. La violation du secret de son journal intime et la destruction de son matériel illustrent le contrôle complet exercé à l'époque par un mari sur sa femme. Finalement, avec l'aide de son frère Mr. Lawrence, Helen trouve un refuge secret à Wildfell Hall.

Troisième partie[modifier | modifier le code]

Après que Gilbert a compris la situation d'Helen, elle le prie de la laisser en paix, car elle ne peut l'épouser. Il obéit. Peu après, il apprend qu'en bonne épouse, elle est retournée auprès de son mari gravement malade. Elle lui prodigue ses soins, mais en vain. La mort de Hutingdon est douloureuse, car son âme est pleine de doutes et de terreur à la pensée de ce qui l'attend. Helen ne peut rien faire pour l'aider, car il refuse d'accepter une quelconque responsabilité de ses actes, et lui demande au contraire de venir avec lui plaider pour le salut de son âme.

Une année s'écoule. Gilbert accourt après avoir entendu dire que Helen serait sur le point de se marier. En fait, il s'agit du mariage de Mr. Lawrence (avec qui il s'est réconcilié) avec une amie d'Helen, Esther Hargrave. Il se rend alors à Grassdale, où il découvre que Helen vit dans son domaine de Staningley. Il s'y rend, mais le doute le ronge, car il append qu'elle est désormais fort riche et d'un statut social bien supérieur au sien. Hésitant, il reste à la porte du domaine, mais rencontre alors par hasard Helen, son fils Arthur et sa tante. Les deux amoureux retrouvent le bonheur d'être ensemble et leur mariage conclut l'histoire.

Analyse[modifier | modifier le code]

La Recluse de Wildfell Hall remet en cause les critères moraux de l'époque victorienne. Un aspect perçu comme particulièrement choquant est le passage où Helen claque la porte de sa chambre au nez de son mari, après les mauvais traitements qu'il lui a fait endurer, renversant ainsi la relation traditionnelle entre les sexes. Un critique de l'ouvrage va jusqu'à dire qu'il est « totalement inapproprié de le mettre entre les mains de jeunes filles » (« utterly unfit to be put into the hands of girls »), même si un autre critique le cite comme « le roman le plus intéressant que nous ayons lu depuis un mois ».

On considère qu'il s'agit-là de l'un des premiers ouvrages féministes. Le personnage principal, Helen, est pleine de vitalité et directe, ne craignant pas de parler avec franchise aux hommes à qui elle s'adresse. Anne Brontë présente son attitude comme positive, au contraire de celle de Milicent, piétinée et ignorée sans état d'âme par son mari.

La Recluse de Wildfell Hall dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

À l'écran[modifier | modifier le code]

En littérature[modifier | modifier le code]

Dans le Downton Abbey Christmas Special (2011), Le locataire de Wildfell hall est le titre du livre agi par Lady Mary Crawley dans la comédie de Noël.

L'histoire d'Helen Graham est mentionné dans Elizabeth George s 1988 novel Une Grande Délivrance. Son nom également utilisé comme un code secret.

En musique[modifier | modifier le code]

À la radio[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D’autres traductions françaises de ce titre existent, telles que La Locataire de Wildfell Hall, La Châtelaine de Wildfell Hall, La Dame du Manoir de Wildfell, La Dame du Château de Wildfell, etc.)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]