La mulâtresse Solitude

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La mulâtresse Solitude (vers 1772 - 1802) est une figure historique de la résistance des esclaves noirs à la Guadeloupe et fait partie des femmes dite une fanm doubout, pendue à l'âge de 30 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née vers 1772, Solitude est la fille d’une esclave africaine, violée par un marin sur le bateau qui la déportait aux Antilles[1].

Elle connaît l'abolition de l'esclavage en 1794 et rejoint une communauté marronne de Guadeloupe[2]. Malgré sa couleur, elle réussit à s'intégrer à cette communauté qui est située à Goyave et dirigée par le Moudongue Sanga[3].

Lorsqu'en 1802 Napoléon Bonaparte rétablit l'esclavage à la Guadeloupe, Solitude se rallie à l'appel de Louis Delgrès et combat à ses côtés pour la liberté. Survivante de la bataille du 8 mai 1802, enceinte, elle n'est exécutée par pendaison que le 29 novembre de la même année, le lendemain de son accouchement[4].

Mémoire, hommage[modifier | modifier le code]

  • En 1972, André Schwarz-Bart a écrit un roman à partir de sa vie.
  • En 1999, une statue de Jacky Poulier est dressée à sa mémoire au carrefour de Lacroix, sur le boulevard des Héros aux Abymes, quartier de Baimbridge, à la Guadeloupe.
  • En 2007, une statue est érigée à Bagneux (Hauts-de-Seine) à l'occasion de la commémoration de l'abolition de l'esclavage et de la traite négrière. Bagneux est jumelée avec la ville de Grand-Bourg, située sur l’île de Marie-Galante, l'une des îles composant l'archipel guadeloupéen et la région administrative Guadeloupe. Cette œuvre, composée de bois d’Afrique (iroko) et de métal, est, selon son créateur le sculpteur Nicolas Alquin, « le premier mémorial au monde dédié à tous les esclaves résistants ». L’œuvre rappelle le « Nègre de fer mis au fer dans sa propre peau »[4].
  • En 2008, Paskal Vallot s'est inspiré de sa vie pour une comédie musicale.
  • En 2011, dans le cadre d'un projet de construction de logements, la ville d'Ivry-sur-Seine décide de dénommer une voie nouvelle « allée de la Mulâtresse Solitude » qui sera inaugurée en 2014.
  • En 2014, à l'initiative de la sénatrice Hélène Lipietz, une statue de la mulâtresse Solitude est installée au Sénat en compagnie de deux autres femmes pré-révolutionnaires (Christine de Pisan et Olympe de Gouge), alors qu'aucune statue de femme n'était érigée jusque là dans l’hémicycle. La mulâtresse Solitude se retrouve placée au-dessus du siège de Victor Schoelcher, qui fit voter l’abolition définitive de l’esclavage le 27 avril 1848[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvia Serbin, Reines d'Afrique et héroïnes de la diaspora noire, Sépia.
  • Maryse Condé, La civilisation du bossale, L'Harmattan.
  • Arlette Gautier, Les Sœurs de Solitude, la condition féminine dans l'esclavage aux Antilles du XVIIe au XIXe siècle, L'Harmattan « Mondes caraïbes ».
  • Frédéric Régent, La France et ses esclaves. De la colonisation aux abolitions (1620-1848), Grasset, 2007, 368 p.
  • Henri Bangou, La Guadeloupe, histoire de la colonisation de l'île. 1492-1848

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Portraits de femmes remarquables : La mulâtresse Solitude / 1772-1802 Musée du quai Branly.
  2. Reines et Héroïnes d'Afrique
  3. Marie-Christine Rochmann, L'esclave fugitif dans la littérature antillaise: sur la déclive du morne.
  4. a et b 10 mai 2007. Statue en l'honneur de Solitude à Bagneux, site du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage.
  5. Perline Noisette, Modification de la statuaire de l'hémicycle sénatorial, site d'Hélène Lipietz, publié et consulté le 1er avril 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]