L'Orange mécanique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour le film de Stanley Kubrick, voir Orange mécanique. Pour l'essai de Laurent Obertone, voir La France Orange Mécanique.
A Clockwork Orange

L’Orange mécanique (titre original : A Clockwork Orange dans l’édition originale britannique) est un roman d’Anthony Burgess, un drame psychologique, publié en 1962 et traduit en français en 1972[1]. Burgess s’inspire d'un événement marquant de sa propre vie, sa première femme, Lynne, ayant été agressée par quatre G.I.s déserteurs en 1944[2].

Le roman a été adapté au cinéma par Stanley Kubrick en 1971 sous le titre Orange mécanique.

Résumé[modifier | modifier le code]

L’action se déroule à Londres, dans un futur proche. Un jeune délinquant âgé de 14 ans, Alex, part avec sa bande de drougies occuper sa soirée. Il vole, viole, torture, se bat. Un jour, il se fait arrêter et part en prison. On va lui faire subir un traitement : le traitement Ludovico. À la suite de celui-ci, la violence et le sexe le rendent malade. À sa libération, il doit faire face à ses anciennes victimes.

Signification du titre[modifier | modifier le code]

D'après Anthony Burgess lui-même, le titre Orange Mécanique vient d'une vieille expression cockney « il est bizarre comme une orange mécanique » (« He’s as queer as a clockwork orange »)[3], c'est-à-dire très étrange ou inhabituel. En Malaisie, où Burgess a travaillé, « orang » signifie également un « être humain » et cette connotation existe dans le mot, de même que l'anagramme « organ »[3]. Le terme « orange » est d'ailleurs repris dans le vocabulaire Nadsat, dans sa signification « Homme » (voir le lexique). Le titre pourrait donc aussi signifier « L'homme Mécanique », ce qui décrirait l'état d'Alex après sa thérapie.

Le roman et le film portent le même titre (A Clockwork Orange) dans leurs versions originales, mais les titres français diffèrent : L’Orange mécanique pour le roman et Orange mécanique pour le film.

Argot[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nadsat.

Un détail notable de ce livre est qu’Alex parle un méta-argot, le Nadsat, composé de russe, de manouche (le parler romani) et d’anglais. Tout au long du livre, le narrateur (Alex lui-même) n’utilisera que ce langage. À la fin du livre est annexé un lexique de ce langage.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Orange mécanique.

L’Orange mécanique a fait l’objet d’une adaptation au cinéma, dans un film réalisé par Stanley Kubrick : Orange mécanique (A Clockwork Orange), sorti sur les écrans en 1971.

À la télévision et radio[modifier | modifier le code]

La BBC a réalisé la première adaptation filmée du roman - le premier chapitre seulement - pour l'émission Tonight, à la sortie du livre en 1962. Elle a également créé en 1998 la première adaptation sous forme de dramatique radio.

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Anthony Burgess a adapté lui-même son roman en une version musicale pour la scène, en 1986. Cette adaptation de l'œuvre au théâtre est une première mondiale.

En Grande-Bretagne, plusieurs troupes de théâtre ont proposé leur propre vision de l'œuvre : la première adaptation connue a été montée par John Godber au festival d'Édimbourg en 1980. En 1998, The Ensemble Theatre from the North of England filmait une interprétation très contemporaine du roman, dans laquelle les drougs sont des skinheads accomplissant leurs méfaits sur de la musique techno.

Une performance scénique, Machinations of Choice, a été présentée par la troupe de Craig Quintero à l'occasion d'un colloque sur Orange mécanique à Angers, le 8 décembre 2001.

En France, Orange mécanique a été adapté au théâtre à Paris (au Cirque d'hiver) en février 2006 par Alexandre Berdat et Nicolas Laugero Lasserre, mis en scène par Thierry Harcourt et produit par Philippe Hersent, avec Isabelle Pasco dans le rôle de la jeune femme violée, Sagamore Stévenin dans le rôle principal et le DJ Philippe Corti dans celui d'un gardien de prison et d'un clochard. Marc Cerrone a composé la musique. La pièce, annoncée comme très crue, est interdite aux moins de 16 ans en raison du caractère ultraviolent de l'œuvre.

Une adaptation théâtrale a également eu lieu à Linz, en Autriche, en 2012[4]. Elle était également interdite aux moins de 16 ans.

Distinction[modifier | modifier le code]

Le roman est cité dans La Bibliothèque idéale de la SF (1988).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Pochon, Analyse de la traduction française de L’Orange mécanique : comment traduire la création lexicale ?, Maîtrise : Université de Genève, 2010, p. 40
  2. Anthony Burgess, A Clockwork Orange, Penguin UK, 2011, introduction de Blake Morrison, p.17 : « his first wife, Lynne, was beaten, kicked and robbed in London by a gang of four GI deserters ».
  3. a et b (en) Juice from A Clockwork Orange - Anthony Burgess, Rolling Stone, 8 juin 1972
  4. (de) A Clockwork Orange : Stückinfo - Landestheater Linz

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :