Kevin Carter

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Kevin Carter

Kevin Carter ( à Johannesburg à Johannesburg), est un reporter photo sud-africain, notamment célèbre pour la photo « la fillette et le vautour », montrant un enfant soudanais affamé observé par un vautour, et pour laquelle il obtient le prix Pulitzer en 1994. Il fut accusé à tort d'avoir abandonné cette fillette face au vautour qui n'attendait qu'une chose, la dévorer. Il reçoit le prix de la meilleure photo. Peu de temps après, déprimé, Kevin Carter met fin à ses jours.

Biographie[modifier | modifier le code]

À l'issue de son service militaire, Kevin Carter, déjà engagé contre l'apartheid sud-africain, devient photographe sportif. En 1984, il intègre le Johannesburg Star ; sa détermination à dévoiler le vrai visage de l'apartheid sud-africain fait peser sur lui les menaces de prison, et même d'assassinat.

Il est membre du fameux groupe de photojournalistes surnommé le Bang-Bang Club avec Ken Oosterbroek, Joao Silva et Greg Marinovich. Ils se fixent pour mission de recueillir des témoignages visuels des exactions commises en Afrique du Sud.

Certains des clichés de Carter feront le tour du monde, notamment la célèbre image du vautour et de la fillette prise au Soudan en 1993, qui lui vaudra le prix Pulitzer, ainsi que des controverses très virulentes sur les conditions dans lesquelles ont été prises les photos[1].

Le 18 avril 1994 son ami reporter Ken Oosterbroek décède d'une blessure par balle (probablement un tir ami des Casques bleus). Carter, accro à la drogue, couvert de dettes, et souffrant de dépression suite aux scènes de guerre et d'atrocités dont il a été témoin, choisit de se donner la mort. Le matin du 27 juillet 1994, il se donne la mort par empoisonnement au monoxyde de carbone dans sa voiture au milieu du désert. Il avait 33 ans. Il laisse un mot :

"I am depressed... without phone... money for rent... money for child support... money for debts... money!!!... I am haunted by the vivid memories of killings and corpses and anger and pain... of starving or wounded children, of trigger-happy madmen, often police, of killer executioners... I have gone to join Ken if I am that lucky." (Je suis déprimé... sans téléphone... sans argent pour le loyer... sans argent pour la pension alimentaire... sans argent pour mes dettes... sans argent !!! Je suis hanté par les vifs souvenirs de tueries et de cadavres et de colère et de douleur... d'enfants mourant de faim ou blessés, de fous de la gâchette, souvent des policiers, de bourreaux... Je suis parti rejoindre Ken, si je suis suffisamment chanceux).

Ce suicide sera par la suite attribué aux critiques causées par la remise du prix Pulitzer, ce que dément l'une de ses amies, qui précise qu'il avait déjà effectué plusieurs tentatives de suicide avant de prendre cette image.

Controverse[modifier | modifier le code]

Il a longtemps été cru que la photo « la fillette et le vautour », pour laquelle Carter obtient le prix Pulitzer en 1994, représente une fillette, décédée plus tard de la malaria. De nombreuses critiques ont ainsi laissé entendre que le charognard n'était pas le vautour mais le photographe, après la remise du prix Pulitzer.

Cependant, en 2011, un journaliste d'El Mundo révèle que la personne sur le cliché était un petit garçon, qui a survécu à la famine et qui n'est décédé que 14 ans plus tard, en 2007[2], des suites du paludisme. Il affirme également que le photographe ne pouvait rien faire pour aider l'enfant, qui attendait à quelques mètres de sa famille faisant la queue pour obtenir une ration alimentaire distribuée par Médecins du monde.

Hommages[modifier | modifier le code]

L'album-concept "Poets and Madmen" du groupe de metal progressif Savatage, s'articule autour de son personnage.

Une chanson, intitulée Kevin Carter, lui a été dédiée par les Manic Street Preachers.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elodie Cuzin, « Le Lauréat du prix Pulitzer 1994 n'était pas un charognard », sur rue89.com, Rue 89,‎ 21 février 2011 (consulté le 21 février 2011)
  2. (es) Alberto Rojas, « Kong Nyong, el niño que sobrevivió al buitre », sur Elmundo.es, El Mundo,‎ 21 février 2011 (consulté le 21 février 2011)