Juda Loew ben Bezalel

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La statue monumentale du rabbin Löw sur la façade de l'hôtel de ville de Prague
Tombe du Rav Loew à Prague

Rabbi Yeouda Loew ben Bezalel (1512 ou 1520 - 1609), dit le Maharal, surnom sous lequel il est plus connu, abréviation de Morenou HaRav Loew (« notre enseignant, le rabbin Loew »), est l'un des plus grands rabbins des temps modernes. La légende lui attribue la création du Golem.

Vie[modifier | modifier le code]

Il nait en 1512 ou 1520, selon les sources, à Poznań en Pologne ou Worms en Allemagne. Son père, Bezalel ben Chaim, est le beau-frère du rabbin Yitzhak Klauber de Poznań.

En 1553, il devient grand rabbin de Moravie, à Mikulov. Le rabbin Loew fonde et dirige la yechiva de Prague à partir de 1573 jusqu’en 1584. Il quitte alors Prague jusqu’en 1588. Une entrevue avec l’empereur Rodolphe II est attestée en février 1592, il est alors accompagné de son frère, Sinai, et de son beau-fils, Isaac Cohen. Il quitte à nouveau Prague en 1592 pour devenir grand rabbin de Poznań. Il pose plusieurs fois sa candidature au poste de grand rabbin de Prague, mais n'est élu qu'en 1597, à l'âge de 85 ans. Il y meurt presque centenaire, en 1609, entouré d'une légende de rabbin miraculeux. Sa tombe est au cimetière juif de Prague.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Il est versé aussi bien dans les grands textes du judaïsme que dans les sciences profanes, en particulier les mathématiques. Il entretient des liens étroits avec David Gans qui fut son assistant et l'astronome Tycho Brahe. Ce fut suite aux découvertes de celui-ci qu'il dit la fameuse formule : « en aucun cas la Torah et la science ne peuvent être en conflit, puisque leur domaine n'est pas le même ».

Il fut un grand défenseur de la littérature rabbinique allégorique, le midrash, notamment dans son livre Beer hagola (« Le Puits de l'exil »). Il est connu pour avoir donné un système complet de compréhension de l’aggada, la partie non-législative du Talmud. La plupart des commentateurs préférant ne pas dévoiler cette partie « cachée » du Talmud. Sa méthode, résumée de façon simplifiée, consiste à retranscrire les mots de l’aggada sous forme de « concept ». Ce ne sont pas les "paroles des sages" mais des "paroles sages" disait-il.

Le Maharal a révolutionné les méthodes d'enseignement et d'étude dans les yeshivot (instituts talmudiques) en insistant sur l'ordre de l'apprentissage des textes : Torah d'abord, Mishna ensuite, et après seulement Gémara, chacun servant à comprendre le précédent. Il insiste aussi sur l'état d'esprit nécessaire à l'étude qui se doit d'être désintéressée. Son approche n'est autre que la méthode originale d'apprentissage que l'on retrouve dans le Talmud (sources : tiferet israel chap 56, netiv hatorah, gour aryé). Cette méthode se retrouvera chez plusieurs grand penseurs comme le rabbin Samson rephael Hirsh. Que ce soit d'un point de vue pratique ou méthodique il se caractérise par sa clarté et son intégrité. Il entreprend un immense travail de défense de la torah orale, notamment dans Beer Hagola, pour rendre aux anciens leurs mérites.

Le Golem[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Golem.

Son nom a été associé à la célèbre légende du Golem, créature humanoïde d'argile qui se meut si l'on lui appose le nom ineffable de Dieu. Selon les uns, il aurait été créé par le Maharal afin de protéger les juifs du ghetto contre les trop nombreux pogroms ou, selon les autres, suite aux demandes pressantes de son ami Mordecaï Meisel, fort chagrin de n'avoir pas d'enfant. Soixante ans plus tard, l'histoire fut reprise et popularisée par Yudl Rosenberg. On en trouve des échos dans les contes des frères Grimm, et moins directement dans le Frankenstein de Mary Shelley ou dans le Fantasia de Walt Disney (L'Apprenti sorcier).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Beer Hagola ("Le Puits de l'exil", allusion à Berechit 26:15) la diaspora nous a fait perdre les valeurs essentielles à la compréhension des démarches de nos sages dans la gémara, le Maharal compte donc y remédier.
  • Gvourot Hachem ("Les Hauts-faits de l'Éternel"), traité sur la sortie d'Égypte
  • Gour Arié ("Jeune lion", allusion à Berechit 49:9), commentaire entièrement basé sur Rachi de Troyes
  • Tiferet Israel ("Les Splendeurs d'Israël") traite sur le don de la Torah
  • Ner Mitsva ("le Flambeau du commandement") commentaire sur certains passages du Livre de Daniel et sur la fête de Hanoucca (traduit et commenté par Benjamin Gross)
  • Or H'adach("La Nouvelle Lumière") commentaire sur le Livre d'Esther et sur la fête de Pourim
  • Derekh H'aïm ("Le Chemin de la vie") commentaire sur le traité mishnique Pirke Avot (Maximes des Pères)
  • Netzah' Israel ("L'Éternité d'Israël") traité sur l'historiosophie du peuple juif
  • H'idouché Agadot ("Commentaire sur la Aggada") commentaire sur les passages d'exégèse herméneutique dont parle la Gémara
  • Nétivot Olam ("Les Sentiers des temps antiques") traité sur l'étique juive, et l'amélioration des qualités morales

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Néher : Le Puits de L'Exil, la théologie dialectique du Maharal de Prague, Albin Michel, 1962