John C. Woods

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Woods à Nuremberg en 1946

John C. Woods, né le 5 juin 1911 à Wichita (Kansas et mort le 21 juillet 1950 à Eniwetok (Îles Marshall), était sergent et bourreau officiel de la IIIe Armée des États-Unis d'Amérique durant la Seconde Guerre mondiale. Il officia lors du Procès de Nüremberg en 1946.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille d'origine irlandaise, il officia d'abord dans la vie civile comme bourreau dans les prisons du Texas. À la déclaration de guerre, il endossa l'uniforme, et mit naturellement son expérience de bourreau au service de l'armée américaine dont il ne tarda pas à devenir l'exécuteur officiel, malgré un certain penchant pour la boisson. C'est donc lui qui procéda le 16 octobre 1946, aux dix pendaisons des condamnés du procès de Nuremberg - Göring s'étant suicidé et Bormann ayant été jugé par contumace - en compagnie de son adjoint Joseph Malta en 1 h 43 (sur les conseils techniques de Johann Reichhart, l'ancien bourreau du IIIe Reich). Il fut d’ailleurs relevé de ses fonctions de bourreau de l’armée, à la suite de rumeurs selon lesquelles il aurait intentionnellement saboté l’exécution de Julius Streicher, l’un des condamnés de Nuremberg. Ce dernier, qui avait eu une attitude ouvertement provocante à l’égard de l’assistance durant le procès, fut pendu par la technique du « Short Drop » (« petite chute », provocant une mort par strangulation) plutôt que par la technique normale du « Long Drop » (« grande chute », devant provoquer la rupture des vertèbres cervicales et donc une mort quasiment instantanée)[1]. Woods était alors un anti-nazi viscéral.

Finalement démobilisé après la guerre avec le grade de sergent-chef, Woods fut victime le 17 septembre 1950, d'un accident mortel par électrocution à Eniwetok (îles Marshall) alors qu'il réparait une chaise électrique.

Durant toute sa carrière, tant civile que militaire, Woods procéda à 358 exécutions, ce qui fit de lui l'un des bourreaux américains les plus actifs.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Newsweek magazine (October 28, 1946, Foreign Affairs Section, page 46) : « Only Julius Streicher went without dignity. He had to be pushed across the floor, wild-eyed and screaming: 'Heil Hitler!' Mounting the steps he cried out: 'And now I go to God.' He stared at the witnesses facing the gallows and shouted" 'Purim, 1946.' (Purim is a Jewish feast). Then to the American officer he cried: 'The Bolsheviks will hang you one day.' He spoke again from beneath the black hood: 'Adele, my dear wife'--and plunged through the trap. À groan came from inside the scaffold. Critics suggested aferward that Streicher was clumsily hanged and that the rope may have strangled him instead of breaking his neck. » (traduction : "Seul Julius Streicher alla sans dignité, il a dû être poussé, les yeux hagards et criait : « Heil Hitler ». En montant les marches, il hurla encore : « Et maintenant je vais à Dieu ». Il regarda les témoins face à la potence et cria « Pourim 1946 ! » (Pourim est une fête juive). Puis, à l'officier américain, il s'écria : « Les bolcheviks vous pendront un jour ». Il a parlé à nouveau en dessous de sa cagoule noire : « Adèle, ma chère femme » - et plongea dans la trappe. Des gémissements vinrent alors du dessus de l'échafaud. Des rumeurs se répandirent selon lesquelles Streicher fut pendu volontairement maladroitement, la corde l’avait étranglé au lieu de lui rompre le cou."