Jean-Henri de Frankenberg

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean-Henri de Frankenberg
Image illustrative de l'article Jean-Henri de Frankenberg
Biographie
Naissance 18 septembre 1726
Silésie
Ordination sacerdotale 10 août 1749 (Rome)
Décès 11 juin 1804
Bréda Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
1er juin 1778
par Pie VI
Évêque de l’Église catholique
Archevêque de Malines
27 mai 175928 novembre 1801
Précédent Thomas-Philippe d’Hénin-Létard d’Alsace-Boussut de Chimay Armand de Roquelaure Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
Primat des Pays-Bas

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean-Henri, comte de Frankenberg (ou Johann Heinrich von Frankenberg[1]), né le 18 septembre 1726 à Gross-Glogau en Silésie (aujourd’hui Głogów, en Pologne) et mort le 11 juin 1804 à Bréda (Pays-Bas) était un prélat autrichien, archevêque de Malines (Belgique) de 1759 à 1801. Il fut créé cardinal en 1778.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Enfant unique né dans la famille illustre des comtes de Frankenberg, proche de la maison impériale d'Autriche, Frankenberg étudie d'abord au collège jésuite de Gross-Glogau et à l'université de Breslau. Il est ensuite à Rome. Résidant au Collegium Germanicum, il obtient un double doctorat - théologie et droit canonique - à l'université grégorienne. Il est ordonné prêtre le 10 août 1749.

Ses études terminées il revient en Autriche où de 1750 à 1754 il est secrétaire de l'évêque de Gorizia (maintenant ville italo-slovène). De 1754 à 1756 il est doyen du chapitre de l'église collégiale de Tous-les-Saints à Prague. Ensuite, de 1756 à 1759, doyen à Alt-Bunzlau (Bohème).

Archevêque de Malines[modifier | modifier le code]

Le 27 mai 1759 Frankenberg est nommé archevêque de Malines, et primat des Pays-Bas. Homme intègre et de devoir, il jouit de plus de la protection de l'impératrice Marie-Thérèse qui le respecte et l'admire. Cela lui permet de s’opposer aux immixtions du gouvernement autrichien dans les affaires de l'Église des Pays-Bas. Marie-Thérèse tente de lui obtenir un transfert à l'archevêché de Vienne, mais sans succès. Elle lui obtient cependant la dignité cardinalice. Frankenberg est créé cardinal par Pie VI le 1er juin 1778. Il avait choisi pour secrétaire l'écrivain néolatin bruxellois Jean-Charles d'Abremes.

En 1780, avec l'avènement de l'empereur Joseph II d'Autriche, disciple des Philosophes et ‘despote éclairé’, les relations avec le pouvoir politique deviennent difficiles. L'empereur tente de prendre le contrôle de l'Église et d'en faire un simple rouage de l'administration de l'empire (le ‘Joséphisme’). A sa manière, aristocrate, courtoise et discrète, Frankenberg s'y oppose courageusement, mais en vain. Son attitude amène mais infructueuse lui attire de virulentes critiques.

Conflit autour du grand séminaire[modifier | modifier le code]

Un sérieux conflit se développe autour de la formation des prêtres. Joseph II crée son grand séminaire à Louvain en 1786: les évêques des Pays-Bas ont obligation d'y envoyer leurs séminaristes après avoir fermé (sur ordre impérial) leur propres séminaires diocésains. Le grand séminaire joséphiste est un instrument au service de la réforme ecclésiastique voulue par l'empereur. L'enseignement y est ouvertement contraire à la doctrine traditionnelle de l'Église, particulièrement en ce qui concerne la fidélité à Rome. Les séminaristes s'agitent et le quittent en masse. Mécontent, Joseph II convoque Frankenberg à Vienne. Malade, isolé et menacé de détention indéfinie le cardinal signe une déclaration équivoque reconnaissant l' « obligation dans laquelle il se trouve de se conformer aux décrets impériaux concernant le grand séminaire ».

De retour dans son diocèse et encouragé par une opinion publique catholique fort montée il informe le gouvernement qu'il ne lui est pas possible de reconnaître le grand séminaire joséphiste. Aucune menace ne le fera plus changer d'avis. Dans une déclaration publique il condamne la doctrine qu'on y enseigne. Le document fait grand bruit dans les Pays-Bas autrichiens.

Éclate alors la révolution brabançonne (1790) très largement causée par un rejet des réformes dites 'progressistes' de Joseph II. Le cardinal de Frankenberg est accusé de l'avoir encouragée, si pas fomentée. On cherche à l'arrêter. Il entre dans la clandestinité d'où il se défend : « Je prends ciel et terre à témoin que je n'ai eu aucune part en cette insurrection. Le pays entier des Pays-Bas me fera justice à ce sujet ».

Troubles politiques[modifier | modifier le code]

Portrait de Frankenberg.

À travers les troubles politiques et les régimes se succédant, les États belgiques unis (1790), le retour des Autrichiens (Octobre 1790) et l'arrivée des troupes françaises (1793) Frankenberg reste neutre et se tient à distance des questions politiques. Il ne fait pas de doute cependant que pour lui, la légitimité politique se trouve du côté des Autrichiens. Frankenberg est avant tout homme d'Église. Avec l'arrivée des français il perd ses revenus mais décline la pension que le gouvernement veut lui octroyer en dédommagement. Il déclare son opposition au serment constitutionnel qu'on veut imposer au clergé, et est finalement expulsé des Pays-Bas (1797).

Exil et mort[modifier | modifier le code]

Âgé, malade et sans revenus il s'installe à Emmerich-sur-le-Rhin où, avec le prêtre namurois Corneille Stevens, il continue à mettre en garde contre les membres assermentés du clergé. Son courage et sa fidélité indéfectible à Rome lui valent l'admiration des papes Pie VI et Pie VII. En déférence au souhait de Pie VII, et pour permettre le passage au régime concordataire signé en 1801, - dernière abnégation - Frankenberg démissionne de son siège de Malines le 28 novembre 1801.

Sur la demande du gouvernement français qui voit en lui un conspirateur, il est expulsé de Emmerich par Frédéric-Guillaume III de Prusse. Frankenberg réside alors à Borken dans la principauté épiscopale de Münster (1801) et lorsque celle-ci est supprimée, il s'exile à Bréda où il meurt le 11 juin 1804.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bien que le nom de famille soit en allemand von Frankenberg. Lorsqu'il était à Malines, le cardinal signait Jean-Henri de Frankenberg selon la mode du XVIIIe siècle où les noms nobiliaires se traduisaient.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]