Inondations du Yangzi Jiang en 1998

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les inondations du Yangzi Jiang en 1998 sont une série de crues du fleuve Yangzi Jiang en Chine de la mi-juin à début septembre 1998.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Ces inondations ont été provoquées par le gonflement du Yangzi Jiang qui a rompu ses digues en plusieurs endroits début août, affectant 29 provinces, régions autonomes et municipalités au 22 août[1]. Les régions les plus durement affectées sont le Jiangxi, le Hunan et le Hubei dans le centre du pays[1].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Ces inondations sont considérées comme étant les pires arrivées en Chine depuis quarante ans[2]. Le bilan humain est lourd puisque officiellement, 3 004 personnes sont mortes et 14 millions se retrouvent sans abris[3]. D'autres sources font état de 4 150 décès et 180 millions de personnes touchées par les conséquences des inondations[2]. Les terres évacuées devant l'avancée des eaux représentent 18,3 millions d'acres, 13,3 millions d'habitations sont détruites ou endommagées, le coût des dégâts est de 26 milliards de dollars[2] et la perte économique s'élève à 24 milliards de dollars[3].

Implication de la déforestation au Tibet[modifier | modifier le code]

Des zones forestières autrefois verdoyantes comme le Kongpo au sud-est de la Région autonome du Tibet, ont été transformées en un paysage lunaire. En 1949, les forêts recouvraient 222 000 km2, soit près de la moitié de la superficie de la France. En 1989, la moitié de la surface de la forêt était rasée[4]. Selon une étude du World Watch Institute datant de 1998, la déforestation atteindrait 85 %[5]. En l’an 2000, on a estimé, que 80 à 90 % des forêts qui protégeaient le sol sur les montagnes en amont du bassin du Yangzé Kiang ont été détruites[6].

Le déboisement cause de graves problèmes d'érosion et de glissements de terrain, et représente l'une des causes de l'augmentation du niveau de la vase et du relargage de sédiment des fleuves tels que le Yangzi Jiang ou le fleuve jaune, qui représente 10 % du relargage de sédiments dans le monde[7] Selon certains experts, cités notamment par Tibet Information Network, les effets dépassent maintenant le Tibet et se traduisent par des inondations dévastatrices en Chine continentale, en Inde et au Bangladesh[8],[9]. D'après un rapport publié en 2000 par le ministère de l’information et des relations internationales du gouvernement tibétain en exil, et un rapport du National Center for Atmospheric Research, un institut de recherche américain, et des scientifiques chinois, le gouvernement chinois a reconnu le rôle de cette déforestation massive dans les inondations catastrophiques de 1998, on a recensé entre 3 600 et 10 000 morts, 223 millions de sinistrés et des millions de sans-abris suite aux crues du Yangzi jiang[10],[11],[6]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Chinanews.com.cn. "Chinanews.com.cn." 98年特大洪水. Retrieved on 2009-08-01.
  2. a, b et c Spignesi, Stephen J. [2004] (2004). Catastrophe!: the 100 greatest disasters of all time. Citadel Press. ISBN 0806525584. p 37.
  3. a et b Pbs.org. "Pbs.org." Great wall across the Yangtze. Retrieved on 2009-08-01.
  4. Jean-Paul Ribes, Préserver l'écosystème le plus vaste d'asie GEO Tibet N° 186 août 1994 (p. 98-99) « En 1949, les forêts séculaires couvraient 222 000 km2. En 1989, ce chiffre serait tombé à 134 000 km2, un peu plus de la moitiè (...) Ces forêts ont été massivement dévastées par des coupes « à nu » particulièrement redoutables lorsqu'elles touchent les vallées pentues (...) Ce sont essentiellement les troupes d'occupation chinoises, qui, en utilisant la main-d'oeuvre fournie par les camps de travail, sont à l'origine de la coupe de près de 2,5 millions de mètres cubes de bois pour une valeur de plus de 54 milliards de dollars. Conséquences : une disparition irreversible des couches d'humus dans les régions pentues, l'extinction de certaines espèces de la flore et de la faune, l'embourbement des fleuves dont les crues ne sont plus régulées, une exposition sans écran aux fortes variations de température. »
  5. The Yangtze flood: the human hand, local and global, World Watch Institute, Lester R. Brown et Brian Halweil, 13 août 1998
  6. a et b Qian Ye et Michael H. Glantz, The 1998 Yangtze Floods: The Use Of Short-Term Forecasts In The Context Of Seasonal To Interannual Water Resource Management
  7. The Huanghe (Yellow River)and Changjiang (Yangtze River) deltas: a review on their characteristics, evolution and sediment discharge during the Holocene « The increase has occurred during the last 2000 years due to human activities in Asia, especially from cultivation and deforestation ».
  8. Logging Ban, TIN News Update, 26 août 1998 (ISSN 1355-3313), « Policy decisions regarding deforestation on the Tibetan plateau also have implications for countries in South Asia, such as Bangladesh, where flooding is frequent and often devastating, and attributed by some experts to the soil erosion brought on by deforestation in Tibet »
  9. Flooding in Bangladesh, 1998 « The Ganges and Brahmaputra rivers have their headwaters in Nepal and in Tibet where recent years the rapidly increasing populations have caused the removal of vast areas of forest (...) The removal of the forest cover has reduced interception and increased landslides, soil erosion and overland flow ».
  10. Tibet 2000: The State of Environment
  11. The 1998 Flood on the Yangtze, China, Yongqiang Zong et Xiqing Chen« 223 million people were affected by the floods in 1998 (...) The State Council of China issued an announcement in the People’s Daily, 11 August 1998, i.e., during the height of the 1998 flood, urging local governments to take drastic action to protect and restore natural forests. »