Humbert de Moyenmoutier

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Humbert de Moyenmoutier (aussi Humbertus Burgundus, Humbertus de Silva Candida) est un moine célèbre de l'abbaye bénédictine de Moyenmoutier[1] dans les Vosges. Né vers l'an mil, Humbert est appelé à faire carrière à Rome après l'élection à la papauté en 1049 de l'évêque de Toul, Brunon de Dabo-Egisheim, neveu de l'empereur d'Allemagne, sous le nom de Léon IX. Diplomate intransigeant, il contribue au grand schisme avec l'Orient. Il est mort à Rome le 5 mai 1061.

Un moine bénédictin érudit[modifier | modifier le code]

Humbert de Moyenmoutier, moine bénédictin, est le rédacteur rigoureux probable de la Vita Hidulphi[2]. La vie d'Hydulphe qui est le lointain patron fondateur de l'abbaye de Moyenmoutier l'intéresse comme toutes les traces des hommes de foi appartenant aux siècles passés qui se sont engagés dans les missions de l'Église au cœur de l'empire franc, et en particulier en Lotharingie. Ce bénédictin studieux, instruit par les lectures, ne doute en aucune manière que la Haute et Basse Lorraine ne soient au centre de la Chrétienté[réf. nécessaire].

Prélat auprès du pape[modifier | modifier le code]

Humbert obtient en 1051 un rôle de conseiller à la curie romaine avec le titre de cardinal-évêque de Silva Candida, il a un pouvoir théorique d'archevêque de Sicile[3]. Ce moine vosgien instruit et cultivé, mais d'une réserve austère et d'une fermeté doctrinale peu propice à l'accomplissement d'une tâche diplomatique délicate, est chargé par le pape de conduire une importante légation auprès de l'empereur d'Orient à Byzance.

En 1057, il publie l'Adversus simoniacos dans lequel il rappelle que dans la coopération entre empire et sacerdoce c'est l'Église, âme du corps ecclésial dont le roi est la tête, qui détermine ce qu'il faut faire. Il reconnaît que le roi prend part à l'élection des prélats, mais souligne que cela ne signifie pas qu'il lui revient des les choisir et encore moins de les investir. Cette écrit marque le début de la radicalisation de la réforme grégorienne commencée sous Léon IX et ouvre ainsi la voie à la querelle des investitures qui opposa la papauté et le Saint-Empire romain germanique entre 1075 et 1122.

Légat pontifical, acteur dépassé par les évènements du grand schisme chrétien entre Occident et Orient[modifier | modifier le code]

À l'époque, L'empire byzantin est complaisant avec les intérêts normands et manifestement hostile à la papauté. La rupture abrupte des négociations avec les responsables trop subtils de l'église byzantine peut être imputée au cardinal Humbert[réf. nécessaire]. Elle initie une détérioration catastrophique des relations entrainant le grand schisme religieux.

Maints historiens[réf. nécessaire] affirment que le légat Humbert joue le grand rôle clef dans le Grand Schisme d'Orient entre l'Église byzantine et l'Église romaine. C'est lui qui excommunie le patriarche Michel Ier Cérulaire le 16 juillet 1054 alors que le pape Léon, affaibli par sa captivité dans les geôles normandes, est mort le 19 avril (et que son successeur, le pape Victor II n'a pas encore été élu). Humbert de Moyenmoutier apprend par pigeons voyageurs, durant le long voyage qui l'amène à Byzance, la mort du pape Léon. Il amenait dans ses bagages, à toutes fins utiles, un écrit plénipotentiaire lui permettant d'excommunier ses contradicteurs si les négociations n'arrivaient pas à aboutir. Une fois arrivé à Bizance, très inconforté par la mort du pape Léon dont il aurait pu attendre des instructions quant à la manière de mener au mieux la négociation dont il a été chargé, Humbert se rend directement à la basilique Sainte Sophie où il pose sans mot dire, et ne sachant que faire, l'écrit d'excommunication sur l'autel de la basilique et se retire. Les byzantins incrédules lisent le document et en retour, le légat pontifical est immédiatement excommunié par Michel Ier Cérulaire[4]. Cet incident dû à un manque évident de diplomatie de la part du légat du pape et à son incapacité à appréhender la situation a été en quelque sorte le détonnateur du Grand Schisme d'Orient.

Le 7 décembre 1965, avant-dernier jour du IIe concile œcuménique du Vatican, le patriarche Athénagoras Ier de Constantinople lève l'excommunication prononcée contre le cardinal Humbert de Moyenmoutier en même temps que le pape Paul VI lève celle contre le patriarche Michel Ier Cérulaire[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le vocable français Moyenmoutier, écrit autrefois Moyenmoustier ou Moyenmoûtier, qui qualifie à la fois l'abbaye et son ban provient du latin medianimonasterium. Cette abbaye est installée dans le diocèse de Toul de manière assurée dès le milieu du huitième siècle dans les Vosges.
  2. Il est au moins son commanditaire exigeant et son premier lecteur
  3. Ce pouvoir spirituel et temporel sur la Sicile reste toutefois lettre morte puisque l'île est sous le contrôle des Normands en lutte contre la papauté
  4. Humbert aurait même "selon la légende" donné une gifle au Patriarche.[réf. nécessaire]
  5. Paul VI, Athénagoras Ier, « Déclaration commune du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras » [html], sur vatican.va,‎ 7 décembre 1965 (consulté le 21 octobre 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Henning Hoesch, Die kanonischen Quellen im Werk Humberts von Moyenmoutier : Ein Beitrag zur Geschichte der vorgregorianischen Reform, Böhlau Verlag, 1970
  • Pierre Brunella, Le cardinal Humbert de Moyenmoutier, Université catholique de Lille, 1947 (thèse de théologie)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Fiche sur le site de la FIU