Honoria

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Honoria couronnée Augusta par les mains de Dieu.

Honoria (Justa Grata Honoria), née en 416 ou 417 à Ravenne, morte en 455 ou 457 à Constantinople, est une princesse romaine, sœur de Valentinien III, empereur d’Occident de 425 à 455[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et enfance[modifier | modifier le code]

Elle naît sous le règne de son oncle Honorius, empereur d'Occident de 395 à 423, de qui provient son cognomen.

Elle est la fille de Galla Placidia, sœur d'Honorius, et de Constance[1], principal général romain d'Occident dans les années 410, qui devient Auguste en 421, mais meurt peu après[2]. En 423, Galla Placidia est exilée avec Honoria et Valentinien à Constantinople, à la cour de Théodose II. Après la mort d'Honorius, Valentinien devient empereur d'Occident sous la régence de Galla Placidia.

Honoria reçoit en 425 le titre d'Augusta, peu après l'avènement de son frère (cf. pièce ci-dessus)[3].

Honoria à la cour de Ravenne[modifier | modifier le code]

Honoria (au centre), Galla Placidia et Valentinien III.

Coimpératrice à Ravenne, elle est forcée par son frère cadet Valentinien III de vivre chastement afin de sauvegarder l’unité du pouvoir. Mais Honoria prend un amant, Eugène, en 449 et le scandale éclate. Elle est envoyée à Constantinople pour y être mieux gardée, tandis qu'Eugène est condamné à mort[4].

Le projet d'alliance avec Attila[modifier | modifier le code]

Au printemps 450, Honoria, retenue à Constantinople, demande secrètement l’aide d’Attila et lui envoie sa bague. Attila accepte l’offre et réclame à Valentinien la Gaule comme dot[4]. Honoria est rapatriée d’urgence à Rome où la cour s’est installée en 450, et forcée d'épouser Flavius Bassus Herculanus, un sénateur sans ambition[5],[6],[7].

Attila, qui a interprété l'envoi de la bague comme une demande en mariage, envahit la Gaule au printemps 451, campagne qui se termine par sa défaite à la bataille des champs Catalauniques. L'année suivante, il envahit l'Italie et réclame la main de sa « protégée », ce que Valentinien refuse. Seule l'intervention du pape Léon Ier, et peut-être le fait que son armée soit victime d’une épidémie, le fait rebrousser chemin[3].

Rien de sa vie après son intrigue avec Attila n'est connu. On suppose qu'elle a été mariée à Herculanus, mais en concluant son récit sur cet incident Jean d'Antioche écrit : « Et ainsi Honoria a été libérée de tout danger »[5]. Au sujet de cette phrase John Bagnell Bury se demande: « Est-ce que cela signifie qu'elle a subi une punition pire qu'un mariage ennuyeux? »[8]. Enfin, parce que son nom n'apparaît pas dans la liste des personnes importantes emportées à Carthage par les Vandales à la suite de leur sac de la ville en 455, Oost suggère qu'elle était morte à cette date. Oost admet: « Nous n'avons pas de preuves suffisantes pour décider si elle est morte de causes naturelles ou par ordre de son frère l'Empereur  »[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Guillaume Beauvais, Histoire abrégée des empereurs romains et grecs, des impératrices et des Césars, des tyrans et des personnes des familles impériales pour lesquelles on a frappé des médailles, depuis Pompée jusqu'à la prise de Constantinople par les Turcs..., de Bure père,‎ 1767 (présentation en ligne)
  2. Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont, Histoire des empereurs et des autres princes qui ont régné durant les six premiers siècles de l’Église, vol. 5, Paris, Charles Robustel,‎ 1720 (présentation en ligne)
  3. a et b Matthew Bunson, A Dictionary of the Roman Empire, Oxford University Press,‎ 1995 (ISBN 9780195102338, présentation en ligne)
  4. a et b István Bóna, Les huns : le grand empire barbare d'Europe (IVe-Ve siècles), Errance,‎ 2002 (présentation en ligne)
  5. a et b Jean d'Antioche, Chronique fragment 199,2
  6. Marcellinus Comes, Chronique, 434
  7. Jordanès, Getica, CCXXIV. Cité dans Giuseppe Zecchini, « Attila in Italia: ragioni politiche e sfondo "ideologico" » dans Silvia Blason Scarel, Attila flagellum Dei?, Rome, L'erma di Bretschneider, 1994, pp. 96. (ISBN 8-870-62860-4)
  8. J. B. Bury, Justa Grata Honoria, p. 12
  9. Stewart Oost, Galla Placidia Augusta, p. 285