Hammam Guergour

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Hammam Guergour
La localité de Hammam Guergour vue depuis la station thermale
La localité de Hammam Guergour vue depuis la station thermale
Noms
Nom algérien حمام القرقور
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Sétif
Daïra Hammam Guergour
Code ONS 1950
Démographie
Population 15 853 hab. (2008[1])
Géographie
Coordonnées 36° 19′ 00″ N 5° 04′ 00″ E / 36.316667, 5.06666736° 19′ 00″ Nord 5° 04′ 00″ Est / 36.316667, 5.066667  
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Sétif.
Localisation de la commune dans la wilaya de Sétif.

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Hammam Guergour

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Hammam Guergour

Siège de daïra, Hammam Guergour est une localité montagneuse située entre les chaîne des Babors et des Bibans dans la wilaya de Sétif.

Le village est célèbre grâce à la spécificité de sa source naturelle d'eau chaude à 44°C, et surtout par son fort taux de radioactivité qui la place au premier rang en Algérie, et au troisième rang mondial.

Voici sa composition chimique.

Composants
Résistivité 280,6 Ohms
pH 6,9
Sulfate 1,6 g/l
Calcium 0,58 g/l
Chlore 0,48 g/l
Sodium 0,25 g/l
Magnésium 0,08 g/l
Silice 0,012 g/l
Température 44°c
Dioxyde de Carbone 0,32 g/l
Radioactivité 122 à 150 millimicrocuries/l

Géographie[modifier | modifier le code]

Hammam Guergour.jpg

Hammam Guergour est situé à 5 kilomètres par la nationale 74 de la sous-préfecture de Bougaa, et à 55 km au nord-ouest de Sétif. Le village se trouve à la sortie des gorges traversées par l’oued Bousellam, les deux rives sont reliées par deux ponts, un pont piétonnier et un pont mécanique. Le village est situé à une altitude comprise entre 600 à 1050 m, dominées notamment par les djebels Kraim el Rar et Tafat culminant à plus de 1600 mètres.

Histoire[modifier | modifier le code]

A l'antiquité, une cavalerie romaine, en effectuant une mission de reconnaissance et de prospection dans la région, découvre les sources d'eaux chaudes. Les romains décident d'installer leur campement.

En l'an 07, le campement grandit, des maisons de pierres se construisent, il devient un bourg romain établi au nord de la rivière "Sava".

En l'an 193, le bourg attire de plus en plus de monde, ce qui le transforme en un municipe (structure constitutionnelle romaine) est prend le nom de "Adsava Municipium".

Les romains utilisent les propriété des sources chaudes pour traiter leurs citadins et légionnaires. Des fouilles archéologiques mettent en évidence la présence d'une station thermale romaine. L'historien Louis Leschi (1893-1954) dans son livre Une excursion archéologique dans le guergour publié en 1938, ainsi que les recherches de l'archéologue Roger Guéry (1926-1997). Nous décrivent exactement les thermes romains. "La totalité de la construction occupe 650 m², le frigidarium mesure environ 6,80 x 6,50 m, Il s'agit donc de petits thermes. Quatre salles chaudes, disposées au nord, sont parcourues selon un itinéraire sinistrogyre (vers la gauche)".

Avant l'an 300, Le village d'Adsava Municipium" est répertorié dans l'Itinéraire d'Antonin (guide de voyage romain).

En l'an 400, Le village d'Adsava Municipium est référencé sur une ancienne carte romaine du nom de Table Théodosienne[2].

En 419, la cité est entièrement détruite suite à un tremblement de terre.

A partir de l'an 484, le christianisme fait son apparition et s'épanouit dans la région grâce à deux évêques, le catholique Sextilus et le donatiste Marcianus, aussi appelaient les évêques d'Adsava. Ils sont en compétition à la tête de la Plebs Assabensis.

En l'an 539, les Byzantins occupent la région qui s'appelle "Mauritanie Première".

En l'an 708, les Omeyyades deviennent maître de l'Algérie, et islamisent tout le pays.

En l'an 1550, sous la régence turque, la région est sous la régence du Bey de Constantine.

Vers 1730 : Sidi el Djoudi descendant des Mourabitounes décide de se consacrer à la méditation pour cela il cherche un lieu isolé. Il est séduit par la tranquilité et la beauté du village Hammam Guergour pour se consacrer au Coran et à l'interprétation des songes. C'est un homme trés pieux, il enseigne les préceptes du Livre Saint dans tout la région, aidé par son assistant Sidi Hanifou. Il donne une nouvelle vie au village en créant une zaouia (école coranique). On lui doit aussi la construction d'un petit barrage de pierre rouge, afin de faire fonctionner un petit moulin de type kabyle. Sa sagesse est reconnue dans toute la région même le Bey de Constantine lui octroi une concession de plusieurs centaines d'hectares de terre dans le douar (village) de Aïn Turk, afin d'entretenir la zaouia. Il devient le saint du village.

En l'an 1743, L'ecclésiastique anglais Thomas Shaw (1692-1751) publie dans son Voyages de M Shaw, dans plusieurs provinces de la Barbarie et du Levant à la page 129, une référence au village "Les ruines d'une ville ancienne, qui était probablement Sava Municipium".

En l'an 1765 : Le Cheikh El Hocine El Ouartilani écrit dans son livre El Rihla (récit de son voyage pour le pèlerinage à la Mecque) "Qu'à son passage au Hammam Guergour, il trouve en Sidi el Djoudi un homme pieux".

Le 27 août 1836, le quotidien "La Presse" nous apprend que des fortes pluies ont causé de nombreux dégâts dans la commune de Guergour, provoquant la destruction de 12 maisons, ainsi que de nombreuses de paille, de blé et d'orge, de plus 13 têtes de bétail ont été emportées par la cru.

En l'an 1847, Le colonel de spahis M Daumas et le capitaine d'artillerie M Fabar, tous deux militaires de carrière, souligne dans leur étude historique sur la Grande Kabylie " Un village dans les environs de Sétif, à la rencontre du Bou Sellam et du mont Guergour, s'ouvre un passage étroit à travers les rocheuses....Ce sol si tourmenté n'en est pas moins couvert de bonnes terres végétales, de même qu'il recèle beaucoup de mines dans son sein."

Le 23 décembre 1847, l’Émir Abdelkader, lors de sa réédition avec le duc d'Aumale, s'exile en Syrie accompagné par de nombreux villageois qui composés sa garde personnelle.

En l'an 1851, le général Camou de l'armée française traverse le village, afin de rejoindre le village de Beni Yala.

En l'an 1860, le docteur Emile Bertherand (1821-1890) médecin militaire publie à la page 32 de son livre Les eaux minérales et de bains de mer en Algérie "A 40 kilomètres, Nord-Ouest de Sétif...Hammam Guergour, sources très chaudes et considérables".

En l'an 1883, le gouvernement français demande aux autorités de Sétif de réaliser une monographie de la commune mixte. On apprend que" la commune comprend 3.712 habitants et 1.146 hectares de terres cultivables, dont seule la moitié est utilisée, l'autre restant en jachères.

En l'an 1947, le village est caractérisé par des habitations primitives faites de pierres, autour de la mosquée dans le quartier de la Médina. Il y a 55 maisons, et environ 270 habitants.

En l'an 1948, le bureau des recherches minières d'Alger décide d'utiliser les vertus de l'eau chaude, il effectue des travaux de captage et de regroupement en un griffon principal les différentes sources.

Le 10 novembre 1949, Mademoiselle Simone Guigue, chimiste principale publie les résultats de ses analyses, faisant ressortir les vertus de l'eau. La direction de la santé publique en Algérie décide d'implanter un hôpital au Hammam Guergour. Ce centre est composé de dix bâtiments légers, calorifuges isothermes, réunis entre eux par une verrière, les malades au nombre de trente sont transportés depuis leurs lits jusqu'à une des quatre piscines en suivant une galerie couverte. Le responsable de l'hôpital est le docteur Mazzuca, l'hôpital est spécialisé dans le traitement des rhumatismes, et l'urticaire. L'hôpital est réservé qu'aux français et colons.

Lors de l'hiver 1957, une forte crue détruit sur son passage la passerelle et les 5 moulins à eau. Un nouveau pont en béton est construit à la place.

En l'an 1958, l'hôpital est incendié par les agents du F.L.N dans le cadre de la lutte contre le colonialisme français et pour la libération de l’Algérie.

En l'an 1962, après l'indépendance de l'Algérie, la mairie de Bougaa construit et aménage des bains traditionnels ouvert à tous le monde.

Le 20 juin 1987 Un complexe thermal surplombant le village ouvre ces portes, construit par le gouvernement au niveau d'aun ancien site romain, il est situé à 670 mètres d'altitude.

La population s'est diversifié depuis l'indépendance de l'Algérie, la station thermale a attiré de nombreux algériens. On y trouve des berbérophones, mais la langue dominante reste l'arabe algérien.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom Guergour viendrait d’un bruit d’eau, d’un gargarisme provenant des entrailles de la terre.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la région est semi-aride.

Les étés sont chauds et secs et es hivers froids et humides.

La région montagneuse reçoit en moyenne 700 mm de pluie annuellement.

Économie[modifier | modifier le code]

Hammam Guergour est connue pour sa source thermale d’eau chaude (44°c), qui la classe au troisième rang mondiale par son taux de radioactivité (122 millimicrocuries/l). Aujourd’hui une station thermale accueille les curistes toute l’année.

Notes et références[modifier | modifier le code]

La station thermale de Hammam Guergour

La Table Théodosienne aussi appelé Table de Peutinger.

Louis Leschi (1893-1954) : Une excursion archéologique dans le guergour; 1938

Le Marquis de Forta d'Urban ( 1765-1843) : Recueil des Itinéraires anciens, on y trouve l'Itinéraire d'Antonin.

  1. « Wilaya de Sétif : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. « Table de Peutinger », sur wikipédia

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Achour Cheurfi , "Dictionnaire des localités algériennes", Casbah Éditions, Alger 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]