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Dogons

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Dogons

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costume traditionnel d'un chasseur Dogon (protecteurs des villages)

Populations significatives par région
Autres
Langues

Dogon

Religions

Islam

Ethnies liées

Bozos, Peul

Les Dogons sont un peuple du Mali, en Afrique de l'Ouest. Leur population totale au Mali est estimée à 700 000 personnes[1]. Ils occupent la région, nommée Pays Dogon, qui va de la falaise de Bandiagara au sud-ouest de la boucle du Niger. Quelques Dogons sont installés dans le nord du Burkina Faso, d'autres se sont installés en Côte d'Ivoire.

Les Dogons sont avant tout des cultivateurs (essentiellement du mil) et des forgerons. Ils sont réputés pour leur cosmogonie et leurs sculptures. La langue parlée par les Dogons est le dogon qui regroupe plusieurs dialectes. Il existe aussi une langue secrète, le sigi so, langue réservée à la société des masques. Les Dogons sont liés avec l’ethnie des Bozos par la parenté à plaisanterie (appelée sinankunya au Mali). Dogons et Bozos se moquent réciproquement, mais, parallèlement, se doivent mutuelle assistance.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Dogons seraient partis du Mandé, région située au sud-ouest du Mali au XIVe siècle pour éviter l'islamisation[2]. Ils se seraient installés à Kani Bonzon avant de se disperser sur trois sites que sont la Falaise de Bandiagara (site mis en 2003 sur la liste mondiale du patrimoine de l'UNESCO), le plateau (région de Sangha) et la plaine[3]. Cette falaise était alors habitée par les Tellem, portant aussi le nom de kurumba. D'après les Dogons, les Bana ont précédé les Tellem (il s'agirait des Toloy). Même s'ils ont longtemps subi la domination des divers peuples ayant créé de grands empires ou royaumes, les Dogons ont toujours su conserver leur indépendance à cause de la difficulté d'accès à leurs territoires montagneux isolés. Les Dogons luttèrent farouchement contre les Mossis à l'époque de l'empire sonhrai, puis contre les Peuls à partir du XVIIe siècle. Les Dogons et les Soninkés sont très liés, les Dogons étaient parfois influencés culturellement et linguistiquement par les Soninkés dont certains se sont mélangés aux Dogons lors de leur grande dispersion après la chute de l'empire du Ghana.

Le peuple Dogon a été pour la première fois étudié par l'explorateur Louis Desplagnes (1871 - 1914), un lieutenant de l'armée coloniale française. Contrairement aux us coloniaux, Desplagnes se montre très respectueux des coutumes et traditions dogons, refusant en particulier de s'emparer des objets qui ne lui sont pas donnés ou échangés de bon gré. Il vit au contact de la population en 1904 et 1905. Il rapporte en Europe les premiers éléments détaillés sur la vie du peuple Dogon[4].

Traditionnellement, les hommes dogons sont en général vêtus d'un boubou ou d'une tunique ouverte sur les côtés, et d'un pantalon tissé de trois bandes de chaque côté des cuisses. Les vêtements de couleur marron, ocre, jaune sont préférés. Les Dogons portent le chapeau conique, mais plus souvent encore le bonnet, surtout chez les hommes âgés. Autrefois les hommes portaient les cheveux très longs et frisés. Sur le haut de la tête un cimier était fait avec les cheveux. Quand les cheveux étaient jugés trop courts, on y ajoutait des éléments. Généralement les cheveux sont rasés vers l'âge de 45 ans. Une ceinture de cauris encercle la tête. Des bracelets de cuivre ou d'argent sont portés au bras, ainsi que des bagues au doigt. Les talismans sont très utilisés. On y ajoute des poils de queue d'éléphant pour la force.

Les femmes dogons portent le pagne et le boubou féminin. Les coiffures sont très riches et variées. Elles sont en forme de casque, avec de longue mèches tressées sur les côtés, un nœud de cheveux sur la nuque et le cimier sur le haut du crâne. À la coiffure sont ajoutés des perles ainsi que des bijoux d'or ou d'argent. Les oreilles sont percées et de nombreuses boucles d'or y sont fixées en forme de cercle. Vers l'âge de trois ans un anneau est fixé à la lèvre inférieure pour le premier stade d'initiation à la parole, puis trois anneaux au nez entre 10 et 12 ans, celui du milieu en cuivre pour attirer les bonnes paroles et les autres en aluminium pour chasser les mauvaises. Les pierres précieuses sont aussi utilisées pour les parures. On n'observe ni scarification ni tatouage.

Religion[modifier | modifier le code]

Sculpture dogon en bois, probablement une figure ancestrale, XVIIe-XVIIIe siècle, Pavillon des Sessions, musée du Louvre

Originellement, ils sont animistes. Bien qu’ayant fui pour éviter l’islamisation (les guerriers peuls les appelaient les « Habés » — païens), la majorité des Dogons sont aujourd’hui musulmans même si les pratiques animistes sont encore bien présentes. Une minorité est chrétienne.

Animisme dogon[modifier | modifier le code]

la religion animiste des dogons est basée, outre le culte voué au Dieu créateur Amma, sur le culte des ancêtres. Cet animisme prend quatre formes :

Cosmogonie dogon[modifier | modifier le code]

Marcel Griaule, ethnologue a étudié les Dogons. En 1946, il a eu des entretiens avec Ogotemmêli[6], un ancien chasseur devenu aveugle suite à un accident et ayant mis à profit l'inactivité due à son handicap pour approfondir ses connaissances traditionnelles. À partir de ces entretiens, il a publié plusieurs livres, dont le célèbre Dieu d'eau sur la cosmogonie dogon.

Les Dogons croient en un dieu unique, Amma. Il créa la terre et en fit son épouse qui lui donna un fils, Yurugu ou le « Renard pâle »[7]. C’était un être imparfait qui ne connaissait que la première parole, la langue secrète sigi so. La terre donna ensuite à Amma un couple d'enfant jumeaux appelés Nommo. Ceux-ci étaient à la fois mâle et femelle. Maîtres de la parole, ils l’enseignèrent aux huit premiers ancêtres des hommes, quatre couples de jumeaux, nés d'un couple façonné dans l'argile par Amma.

La légende de Sirius[modifier | modifier le code]

Si le « Dieu d'eau » est une interprétation inconsciente de la cosmogonie dogon, c'est à Robert KG Temple, auteur lié aux mouvements ésotériques que nous devons la description courante de la cosmogonie dogon dans son ouvrage The Sirius Mystery (1976)[8] :

Dans ce même ouvrage, Robert KG Temple n'hésite pas à affirmer que les Dogons tiennent leur savoir ancestral des suites de la visite chez eux d'extraterrestres amphibiens venus de Sirius.

Une équipe conduite par un ethnologue belge, Walter Van Beek, passa une dizaine d'années chez les Dogons à partir de 1991. Elle conclut n'avoir trouvé aucune trace d'une tradition autour de Sirius dans la cosmogonie dogon telle que l'avaient décrite Marcel Griaule et Robert KG Temple[9].

Il n'en reste pas moins vrai que la cosmogonie dogon intègre des faits astronomiques non observables à l'œil nu :

  • les quatre gros satellites de Jupiter
  • les anneaux de Saturne
  • Neith, le satellite de Vénus. Or ce dernier qui n'existe pas a pourtant été validé pendant deux siècles par la communauté astronomique (sa pseudo-découverte remonte à 1645). Cette erreur astronomique pourrait laisser penser que les Dogons auraient été visités entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle par un érudit qui leur aurait alors transmis une partie du savoir astronomique européen de l'époque et aurait eu une influence non négligeable dans la réécriture de leur cosmogonie[10].

Culture[modifier | modifier le code]

Coupe de Hogon (ogo banya, XVIIIe siècle), servant notamment lors de la cérémonie d'intronisation du Hogon, musée du quai Branly, Paris.

La majorité des Dogons pratiquent une religion animiste incluant l'esprit ancestral Nommo, avec ses festivals et une mythologie dans lesquels Sirius joue une part importante. Une minorité significative des Dogons s'est convertie à l'islam et quelques autres au christianisme[11].

Les Dogons tracent leur ascendance par un système patrilinéaire. Chaque communauté, ou chaque famille au sens large, est dirigée par un patriarche. Ce chef est l'aîné survivant de l'ancêtre de la branche locale de la famille. Selon la base de données NECEP, dans ce système patrilinéaire, des mariages polygames avec jusqu'à quatre épouses peuvent se produire.

La plupart des hommes, cependant, n'ont qu'une seule épouse, et il est rare qu'un homme ait plus de deux épouses. Selon les us, les épouses n'intègrent le foyer marital qu'après la naissance de leur premier enfant. Les femmes peuvent quitter leur mari peu après le mariage, avant la naissance de leur premier enfant. Après un accouchement, le divorce est rare et pris très aux sérieux, exigeant la participation de tout le village. Une famille au sens large peut compter jusqu'à cent personnes et s'appelle le guinna.

Les Dogons recherchent fortement l'harmonie, ce qui se traduit dans plusieurs de leurs rites. Par exemple, dans un de leurs rituels les plus importants, les femmes félicitent les hommes, les hommes remercient les femmes, les jeunes expriment leurs appréciations envers les vieux et les vieux identifient les contributions des jeunes. Un autre exemple est la coutume des salutations raffinées toutes les fois qu'un Dogon en rencontre un autre. Cette coutume est répétée à plusieurs reprises, dans tout le village de Dogon, toute la journée. Au cours ces salutations formelles, la personne entrant répond à une série de questions au sujet de toute sa famille, posée par la personne qui était déjà là. Invariablement, la réponse est sewa, signifiant que ça va bien. Puis le Dogon entrant répète le rituel, demandant au résidant comment va sa famille entière. En raison de la répétition du terme sewa dans tout village Dogon, les peuples voisins ont nommé les Dogons les personnes de sewa.

Le Hogon est le chef spirituel du village. Il est élu parmi les hommes les plus âgés des familles du village. Après son élection il doit suivre six mois de réclusion, pendant lesquels il ne lui est permis ni de raser ni de se laver. Il porte des vêtements blancs et personne n'est autorisé à le toucher. Ses repas, préparés par des jeunes filles impubères, lui sont apportés dans des coupes particulières, les ogo banya. Il reçoit ces coupes de son prédécesseur ou au cours de sa cérémonie d'intronisation[12].

Après son initiation, il portera un bonnet rouge. Il a un brassard avec un coquillage sacré qui symbolise sa fonction. Le Hogon doit vivre seul dans sa maison. Le Dogon croit que le serpent sacré Lébé vient pendant la nuit pour le purifier et lui communiquer la sagesse.

Les Dogons sont des agriculteurs et cultivent le millet perlé, le sorgho et le riz, ainsi que l'oignon, le tabac, les arachides et quelques autres légumes. Marcel Griaule a encouragé la construction d'un barrage près de Sangha et a incité la culture des oignons. L'économie de la région de Sangha a doublé depuis lors et ses oignons sont vendus jusque sur le marché de Bamako et même de la Côte d'Ivoire. Les Dogons élèvent également des moutons, des chèvres et des poulets. Le grain est stocké dans les greniers.

Société et rites religieux[modifier | modifier le code]

Le togouna du village de Endé au pays Dogon.
Pilier dogon soutenant jadis le « vestibule » (salle du Conseil) de la chefferie de Bankass.

Toguna[modifier | modifier le code]

La shônan, communément appelée toguna (ou « case à palabres »), est une construction présente dans chaque village, sous laquelle les hommes du village, et plus particulièrement les anciens, se réunissent pour parler des affaires communes. Sa taille basse est conçue pour préserver l'ombre et la fraîcheur du lieu de réunion. Selon une explication plus récente inventée par les guides dogons, la hauteur restreinte de la toguna obligerait les hommes à s’asseoir et interdirait l’emportement (puisqu'en se levant brusquement, on se cogne le crâne)[13]. La toguna est constituée de huit piliers en bois sur lesquels reposent jusqu'à huit couches de chaume. Le nombre 8 fait référence au nombre des premiers ancêtres dogons. Des symboles dogons sont sculptés sur les piliers.

Rite funéraire[modifier | modifier le code]

Le rite funéraire se déroule en trois temps  :

  • Lors du décès, un enterrement est organisé. Le corps du défunt est lavé avant d'être déposé à l'air libre dans les failles des falaises qui servent de cimetière. Son âme reste dans le village.
  • Quelques mois plus tard, sont organisées des funérailles qui permettent à la famille et aux proches de rendre un hommage au défunt. Son âme continue d’errer dans les alentours.
  • Le troisième temps est le dama. Cette cérémonie est collective et concerne toutes les personnes décédées au cours des années précédentes. Les âmes sont appelées à rejoindre les ancêtres. Au cours de la cérémonie qui peut durer trois jours, les différents masques sont sortis et défilent et dansent dans le village. Cette cérémonie marque la levée du deuil.

Cérémonies du Sigui[modifier | modifier le code]

Les cérémonies du Sigui ont lieu. Il s’agit d’un important rituel de régénération. Elles commémorent la révélation de la parole orale aux hommes, ainsi que la mort et les funérailles du premier hogon. Jean Rouch a réalisé plusieurs films lors des dernières fêtes entre 1967 et 1974.

Société des masques[modifier | modifier le code]

La société Awa (société des masques) dirige les danses masquées organisées lors des différentes cérémonies. La société comprend tous les hommes. Les garçons y entrent après la circoncision. Les femmes ne sont pas admises dans cette société, sauf celles nées l'année du sigui.

Hogon[modifier | modifier le code]

Le hogon est le chef religieux du village dogon. Il est le prêtre du culte du lébé (Lébé Seru est le premier ancêtre Dogon qui, enterré au pays du Mandé, ressuscita sous forme du renard). C'est le plus vieil homme du village qui devient hogon. Certains interdits lui sont prescrits. Il n’a plus le droit d’avoir un contact physique avec personne, il ne doit plus sortir de sa maison...

Castes et organisation de la société[modifier | modifier le code]

La société dogon est patrilinéaire, mais la famille maternelle l'emporte sur les enfants. En effet, tout Dogon de retour au pays doit obligatoirement passer dans sa famille maternelle avant de rendre visite à ses parents paternels. Les descendants d’un ancêtre commun font partie d’une ginna qui regroupe tous les adultes hommes, leurs femmes et leurs enfants. La ginna inclut également les maisons de famille et les champs leur appartenant. Le chef, le ginna bana, est l’homme le plus âgé.

Les forgerons sont endogames. Les hossobé sont les bannis, les impurs. Deviennent hossobé tous ceux qui ont trahi le clan auquel ils appartiennent. Les jeunes gens se retrouvent dans les classes d'âge, chaque classe construisant sa maison toguna. C'est là qu'ils se retrouvent, le plus souvent la nuit, pour pratiquer leurs rites, les festivités.

Architecture[modifier | modifier le code]

Village de Banani, la Togouna est visible au centre de l'image.

L'architecture dogon est spécifique. La plupart des villages sont implantés dans la falaise, et accessibles par des chemins escarpés qui empruntent les failles du plateau ou par des chemins tout à fait accessibles.

Village dogon construit au flanc de la falaise.

La case traditionnelle est organisée autour d'une cour, chaque femme ayant son grenier auquel le mari n'a pas accès. Le grenier du mari sert à conserver le mil, le grenier des femmes sert, lui, à conserver les condiments et différents objets. Les greniers sont clairement identifiables par leur toiture en seko (paille), celui du mari étant en général, le plus important.

Il existe différentes sortes de greniers (appelés gôh) d'architecture spécifique, et ayant une attribution et une symbolique particulière :

  • le gôh Karï, divisé en trois parties, est obligatoirement la propriété d'un homme.
  • le gôh nân, plus grand, qui peut appartenir à un homme ou une femme, est construit sur deux étages, et divisé en quatre compartiments par étage. Il sert à la conservation des céréales (mil, sorgho, fonio). Il sert aussi de coffre fort et renferme alors des objets précieux.
  • le gôh Anan qui est le plus grand et fait d'un seul bloc, est sous la responsabilité du chef de lignage. Il renferme les récoltes des champs collectifs (Anan signifiant village). Il est descellé uniquement lors de sécheresses, ou pour la cérémonie du Dama.
  • le gôh Pôron, un grenier castré, est sous la responsabilité du chef de lignage. Il présente un petit muret central.

Musique[modifier | modifier le code]

La musique dogon est étroitement associée aux différents rites  : mariages, funérailles, etc.

Danses[modifier | modifier le code]

Très codifiées, les danses dogons expriment la formation du monde, l'organisation du système solaire, le culte des divinités ou les mystères de la mort. La plus spectaculaire s'exécute sur des échasses appelées "touterelles".

La table du renard[modifier | modifier le code]

Table du renard (près de Sangha)

La "Table" sert d'instrument de divination. La personne qui a des problèmes, va trouver le "devin" pour qu'il lui prédise l'avenir ou lui donne quelques conseils. A l'écart du village, le devin, suite aux explications du client, trace un grand rectangle divisé en plusieurs cases, dont chacune reçoit différents signes et petits bâtons plantés dans le sol. Ensuite le devin demande au client de lancer sur cette "table" une poignée de cacahuètes, puis tous deux quittent les lieux jusqu'au lendemain matin. Pendant la nuit un renard (ou Chacal), vient manger les cacahuètes en piétinant la "table". Le matin, le devin revient avec son client, et interprète les traces laissées par le renard, et en fonction de celles-ci et des bâtons renversés lui prédit l'avenir.

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Séchage des boulettes d'oignon sur la falaise de Bandiagara

Les Dogons sont avant tout des cultivateurs, de petit mil, de sorgho et de riz, ainsi que d'oignons et de quelques autres légumes peu exigeants en eau. Le mil, qu'ils entreposent dans des greniers, est la base de leur alimentation, mais la culture de l'oignon (qui représente près d'un tiers des surfaces cultivables de la falaise) est essentielle à leur économie, puisqu'ils sont exportés dans les villes des alentours et servent de monnaie d'échange avec les autres ethnies (par exemple pour l'achat de poissons aux Bozos). Ils élèvent aussi du petit bétail, surtout des moutons et des poulets. Les bovins et les ovins sont confiés aux Peuls vivant plus bas, en plaine. Les Dogons pratiquent aussi l'apiculture.

Grenier à grain

Traditionnellement les dogons sont aussi des forgerons réputés. Une étude récente[14] a mis en évidence la production de fer et d'outils en fer forgé du temps des Tellems au VIe siècle, production devenue quasi industrielle du XIVe siècle au XIXe siècle à l'époque Dogon. Il apparaît que diverses techniques de récupération du fer, à partir du minerai trouvé en divers endroits de la falaise de Bandiagara, aient été mises au point dans différents villages parfois séparés de quelques dizaines de kilomètres[14]. Cette production, déjà avérée sur le site de la falaise pendant plus de mille trois cents ans (à raison d'environ 15 tonnes estimées par an), permet de mieux comprendre le statut particulier et respecté des forgerons dans la société dogon, ainsi que les échanges commerciaux que pratiquaient les Dogons.

Le tissage du coton est l’affaire des hommes. Les tisserands installent leur métier à tisser sur la voie publique.

Dans les villages, le marché a lieu tous les 5 jours, ce qui correspond à la semaine dogon.

La lutte traditionnelle est très pratiquée par les garçons et les jeunes hommes. Des tournois réguliers sont organisés entre quartiers et entre villages.

Le tourisme[modifier | modifier le code]

Le pays dogon est devenu la première région touristique du Mali et de l’Afrique de l’ouest, en raison de ses attractions majeures : l'exceptionnalité du site naturel et de sa richesse culturelle

S’il constitue une source importante de revenus pour les villageois, et bénéficie dans l'ensemble grandement au peuple dogon, il ne va pas sans poser problèmes. Des enfants deviennent des mendiants, certains jeunes quittent l’école pour devenir guides sans aucune formation.

Vue générale panoramique

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) McGinley Mark, « Cliffs of Bandiagara (Land of the Dogons), Mali. », Encyclopedia of Earth, Washington, D.C.: Environmental Information Coalition, National Council for Science and the Environment, Cutler J. Cleveland,‎ 16 avril 2009 (lire en ligne)
    United Nations Environment Programme-World Conservation Monitoring Centre (Content Partner)
  2. Bandiagara au Patrimoine mondial de l'UNESCO
  3. Véronique Petit, « Société d'origine et logiques migratoires. Les Dogon de Sangha », Population, Institut national d'études démographiques, vol. 52, no 3,‎ 1997, p. 515-543 (ISSN 0032-4663, DOI 10.2307/1534431, lire en ligne)
  4. http://lintermede.com/exposition-dogon-musee-quai-branly-mali.php, Les Dogons au Quai Branly, 2011.
  5. « Mélanges et nouvelles africanistes » (consulté le 25 avril 2013)
  6. Marcel Griaule, Dieu d'eau : entretiens avec Ogotemmêli, Le Livre de poche, Paris, 1987 (éditions antérieures), 255 p. (ISBN 2253039918)
  7. Marcel Griaule, Le Renard Pâle, Tome 1, Fasc. 1 , Le mythe cosmogonique. La création du monde, Institut d'Ethnologie, Université de Paris, 1965, 538 p.
  8. Robert KG Temple, The Sirius Mystery, Sidgwick and Jackson, Londres, 1976, 290 p. (ISBN 0283981369)
  9. Walter E. A. van Beek et Jan Jansen : La mission Griaule à Kangaba (Mali) dans Les Cahiers d'études africaines n'158 - 2000
  10. L'Astronomie dogon, les étoiles du sacrifice [PDF] dans Ciel et Espace de mai 1996 par Serge Jodra.
  11. Caroline Grimberghs, « Le pays Dogon, à voir avant de mourir ! », La Libre Belgique,‎ 3 janvier 2010 (consulté le 21 janvier 2010)
  12. Musée du quai Branly, Présentation de l'exposition Dogon (5 avril - 24 juillet 2011) [PDF], p. 16 « 3.3. Les coupes et les auges du hogon ». Consulté le 22 juillet 2011.
  13. Dominique Fleurmont, « Kanaga sans frontière », dans Télérama hors série « Dogon », avril 2011, p. 93.
  14. a et b Le pays dogon a produit pendant des siècles de grandes quantités de fer, Le Monde du 28/12/06

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Beaudoin, Les Dogons du Mali, Armand Colin, Paris, 1984, 222 p. (ISBN 2200370695)
  • Thierry Berche, Anthropologie et santé publique en pays dogon, Karthala, Paris, 1998, 232 p. (ISBN 2865378144)
  • Jacky Bouju, Graine de l'homme, enfant du mil, Société d'ethnologie (Nanterre), n°6, Paris, 1984, 255 p., (ISBN 9782901161240)
  • Geneviève Calame-Griaule (dir.), Contes dogon du Mali, Karthala, Paris, 2006, 243 p. (ISBN 2845868006)
  • Germaine Dieterlen, Les Âmes des Dogons, Institut d'Ethnologie, Paris, 1941, 268 p.
  • Germaine Dieterlen, Les Dogon, notion de personne et mythe de la création, Paris, l'Harmattan, 1999 (ISBN 2-7384-8235-X)
  • Anne Doquet, Les Masques dogon : ethnologie savante et ethnologie autochtone, Karthala, Paris, 1999, 314 p. (ISBN 2865379620)
  • Isaïe Dougnon, Travail de blanc, travail de noir : la migration des paysans dogon vers l'office du Niger et au Ghana, 1910-1980, Karthala, Paris ; SEPHIS, Amsterdam, 2007, 279 p. (ISBN 2845868421)
  • Ferdinando Fagnola, Voyage à Bandiagara : Sur les traces de la Mission Desplagnes 1904-1905, la première exploration du Pays Dogon, Milan, Officina Libraria,‎ 2009, 320 p. (ISBN 9788889854433, présentation en ligne)
  • Solange de Ganay, Les Devises des Dogons, Institut d'Ethnologie, Paris, 1941, 194 p.
  • Marcel Griaule, Jeux dogons, Travaux et mémoires de l'Institut d'Ethnologie, Université de Paris, 1938, 290 p.
  • Marcel Griaule, Masques dogons, Institut d'ethnologie, Université de Paris, 1938, 869 p.
  • Jean-Christophe Huet, Villages perchés des Dogon du Mali : habitat, espace et société, L'Harmattan, Paris, 1994, 191 p. (ISBN 2738429416)
  • Eric Jolly, Boire avec esprit : bière de mil et société dogon, Société d'ethnologie, Nanterre, 2004, 499 p. (ISBN 290116174X)
  • Wolfgang Lauber (dir.), L'architecture dogon : constructions en terre au Mali, Adam Biro, Paris, 1998, 173 p. (ISBN 2876602180)
  • Michel Leiris, Objets rituels dogon, Toguna, Toulouse, 2000, 21 p. (ISBN 2-913243-14-2)
  • Montserrat Palau Martí, Les Dogon, Presses universitaires de France, Paris, 1957, 122 p.
  • Francine Ndiaye (et al.), L'Art du pays dogon dans les collections du Musée de l'homme, Museum Rietberg, Zurich, 1995, 84 p. (ISBN 3-907070-57-7)
  • Paul Parin et Fritz Morgenthaler, « Moi et oralité dans l'analyse des Dogons », in Connexions, Paris, 1975, n° 4, 15, p. 43-48
  • Agnès Pataux, Dogon : gens de la falaise, 5 continents, Milan, 2004, 74 p. (ISBN 8874390874)
  • Famedji-Koto Tchimou, Langage de la danse chez les Dogons, L'Harmattan, Paris, 1995, 172 p. (ISBN 2738428096)
  • Amadou Kizito Togo, L'Assaut des "nouvelles" religions au Pays Dogon : islam, protestantisme et catholicisme face aux croyances traditionnelles, L'Harmattan, 2011 (ISBN 978-88-7892-185-6)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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