Georges Rivière (muséologue)

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Georges Henri Rivière[1], né le 5 juin 1897 à Paris et mort le 24 mars 1985 à Louveciennes (Yvelines)[2], est un muséologue français, fondateur du Musée national des arts et traditions populaires à Paris.

Surnommé « le magicien des vitrines »[3], il a joué un rôle important dans la nouvelle muséologie et dans le développement des musées d'ethnographie à l'échelle mondiale au sein du Conseil international des musées (ICOM).

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Né dans le 18e arrondissement de Paris, il est le neveu du dessinateur Henri Rivière, auquel il emprunta son second prénom[réf. nécessaire], et le frère aîné de l'ethnographe Thérèse Rivière.

Jusqu'en 1925, Georges Henri Rivière étudie la musique puis, de 1925 à 1928, suit les cours de l'École du Louvre et qui éveillent son intérêt pour les musées.


Le Musée de l'Homme[modifier | modifier le code]

En 1928, il devient conservateur de la collection David-Weill.

Avec Paul Rivet, il réorganise le Musée d'ethnographie du Trocadéro, qui, en 1936, devient le Musée de l'Homme.

Sous la direction de Rivet, il y présente quelque 70 expositions de 1928 à 1937.

Le Musée des arts et des traditions populaires[modifier | modifier le code]

De 1937 à 1967, il dirige le Musée national des arts et traditions populaires qu'il a conçu et réalisé.

Bien que la création du musée remonte à 1937, l'ethnologie du domaine français ne prend véritablement son essor qu'avec la mise en place des enquêtes scientifiques (Chantiers 1425, 909 et 1810) organisées sous le patronage de l'État français durant l'Occupation[4]. Il parvient à l'installer sur le site de l'avenue du Mahatma Gandhi, en bordure du bois de Boulogne. Il y développe une muséographie révolutionnaire et en assurera le couronnement scientifique par la création du Centre d'ethnologie française.

Grand découvreur de talents, meneur d'hommes, il joue un rôle essentiel dans la fondation de l'ICOM (Conseil international des musées), dont il est le premier directeur de 1948 à 1965, puis le conseiller permanent jusqu'à sa mort. Il travailla à la mise sur pied de l'organisation à travers ses comités, ses conférences générales et son centre de documentation[5].

Théorie du musée[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ait laissé très peu d'écrits, George Henri Rivière a fortement renouvelé la muséologie en France. Ses idées très innovantes et son goût pour les mondanités l'ont amené à mettre en place de véritables « opérations de communication »  : il met Joséphine Baker en vitrine au Musée de l'Homme, ou encore place des gardiens de musée aux quatre coins d'un ring[6].

George Henri Rivière (à l'extrémité droite) dans le salon de la comtesse de Noailles en 1977

Il participe également au développement du concept d'écomusée qui se répan dans le monde au début années 1970. Environnement et pluridisciplinarité sont ses idées maîtresses sur lesquelles sont fondées, entre autres, les « Recherches coopératives sur programme d'Aubrac et du Châtillonnais » dans les années 1960. Même à la fin de sa vie, il continue de conseiller ceux qui poursuivent son œuvre et de les pousser à l'innovation.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Archives personnelles[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nina Gorgus, Le Magicien des vitrines. Le muséologue Georges Henri Rivière, Éditions de la Maison des Sciences de l'homme, Paris, 2003, 416 p.
  • Christian Faure, Le Projet culturel de Vichy, Folklore et Révolution nationale 1940-1944, Presses universitaires de Lyon/Éditions du CNRS, 1989, 335 p. [présentation]
  • Isac Chiva, « George Henri Rivière : un demi-siècle d'ethnologie de la France », dans Terrain, n°5, octobre 1985

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour l'état civil « Georges Henri Léon Benjamin Rivière », cf. La muséologie de Georges Henri Rivière, Paris, Dunod, 1989, 404 p. L'orthographe usuelle « Georges-Henri » utilisée par la BnF (notice BnF no FRBNF11922116d) et l'Encyclopédie Universalis n'est pas conforme à celle qu'il utilisait : « Georges Henri »). Voir pdd.
  2. Cf. Acte de naissance. À l'époque, Louveciennes faisait partie de la Seine-et-Oise.
  3. Nina Gorgus, 2003.
  4. Christian Faure, 1989.
  5. Sid Ahmed Baghli, Patrick Boylan & Yani Herreman, Histoire de l'ICOM (1946-1996), Paris: ICOM, 1998, 103p.
  6. « L'homme qui a mis Joséphine Baker en vitrine, au musée de l'Homme et placé des gardiens de musée aux quatre coins d'un ring fut aussi l'animateur de certaines des plus vastes recherches ethnographiques collectives de notre temps. » (Isac Chiva, 1985)
  7. Archives nationales