Georges Corm
Georges Corm (arabe : جورج قرم), né le 15 juin 1940 à Alexandrie en Égypte, est un homme politique, historien de renommée mondiale, consultant économique, financier international et juriste libanais.
Ancien ministre des Finances (1998–2000) de la République libanaise, il est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire du Proche-Orient.
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Biographie[modifier]
Né en Égypte, Georges Corm est issu d'une famille chrétienne maronite. Après une jeunesse durant laquelle il assiste en Egypte à la révolution de 1952, à l'attaque franco-britannique et israélienne en 1956 sur l'Egypte en représailles à la nationalisation du Canal de Suez par Gamal Abdel Nasser, il part en France pour ses études. Après avoir fréquenté l'Institut d'études politiques de Paris de 1958 à 1961, il obtient un doctorat en droit public en 1969 de la Faculté de droit et de sciences économqiues de Paris.
En 1962, il rentre au Liban dans la fonction publique où il est successivement économiste au Ministère du Plan, puis expert en questions monétaires at financières au Commissariat du Gouvernement auprès de la Banque Centrale. En 1969, il quitte l'Administration libanaise pour intégrer le secteur bancaire (Crédit Lyonnais) et en 1970 il est transféré à Paris où il restera jusqu'en 1973. Cette année-là, il rentre à Beyrouth où il est nommé représentant général de la Banque nationale d'Algérie pour le Moyen-Orient, ce qui lui fait connaître les élites du FLN qui ont forgé l'indépendance de ce pays. En 1980, il quitte ce poste pour devenir Conseiller du Gouverneur de la Banque centrale libanaise, poste qu'il occupera jusqu'en 1985, année où il quitte le Liban en proie aux violences pour s'installer à Paris comme consultant économique international auprès de nombreux organismes internationaux. Il revient au Liban en 1998, lorsqu'il est nommé ministre des finances. Il y demeure jusqu'aujourd'hui.
Il enseigne de 1969 à 1985 dans plusieurs universités libanaise et depuis 2001, il est professeur à l'université Saint-Joseph de Beyrouth où il enseigne les « politiques publiques dans le monde arabe », la « coopération économique internationale », la "dynamque des conflits au Moyen-Orient", ainsi que la "pensée politique arabe contemporaine" dans le cursus de M1 et M2 sciences politiques.
Parallèlement, il a occupé les fonctions de consultant pour plusieurs organismes internationaux et régionaux de financement parmi lesquels la Banque mondiale, le Programme des Nations unies pour le développement, la FAO, le Conseil de l'Europe ou l'Union européenne.
Il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009 et membres de nombreuxs conseils scientifiques de centres de recherches.
Publications[modifier]
Ce riche parcours lui a inspiré beaucoup de ses écrits, notamment son oeuvre majeure (Le Proche-Orient éclaté 1956-2010) qui lui a valu d'être taxé de "nassérien" pour avoir donné un récit complexe des évènements qu'il a vécu dans sa jeunesse. Georges Corm défend l'idée d'un monde arabe plus uni et plus indépendant. Il se méfie d'un Occident mythifié dont il juge le bilan au Moyen-Orient plus que mitigé, et milite pour une réflexion arabe sans complexe à son égard, ni occidentaliste ni anti-occidentale. Enfin, il ne manque pas de dénoncer les pratiques israéliennes à l'égard du peuple palestinien spolié et toujours sans État, mais aussi les souffrances infligées par Israël au Liban, notamment depuis 1975 et jusqu'en 2006, du fait de la présence armée palestinienne sur son sol, puis aujourd'hui celle du Hezbollah. En dépit de toutes les difficultés intercommunautaires au Liban, il considère que ce pays est un contre-modèle par son pluralisme à l'exclusivisme communautaire israélien.
Imbu de culture européenne, mais aussi de culture arabe, ses ouvrages tentent de combler les incompréhensions entre l'Orient et l'Occident, facteurs de tant de violences depuis des décennies.
Dans L'Europe et l'Orient, il analyse la situation de l'ancien Empire ottoman, tolérant face aux différentes religions, du fait de son cosmopolitisme, et parce qu'il n'était pas un État national mais un empire. Il dénonce la volonté de soutien des États occidentaux aux États théocratiques, comme l'Arabie saoudite et le Pakistan notamment, sans parler de l'appui à l'État d'Israël qui se proclame "Etats des Juifs" et dénonce la politique des deux poids deux mesures dans la défense des droits de l'homme au Moyen-Orient[1].
Ouvrages[modifier]
- La Mue, Noël Blandin, 1989
- Le nouveau Désordre économique mondial, La Découverte, 1993
- Le Moyen-Orient, Flammarion/dominos, 1994
- Histoire du pluralisme religieux dans le bassin méditerranéen, Geuthner, 1998
- Le Liban contemporain : histoire et société La Découverte, 2003 et 2005
- L'Europe et l'Orient : de la balkanisation à la libanisation : histoire d'une modernité inaccomplie, La Découverte, 1998,2001 et 2003
- Yoakim Moubarac. Un homme d'exception. Textes choisis et présentés par Georges Corm, La Librairie orientaler, Beyrouth.
- Orient-Occident, la fracture imaginaire, La Découverte, 2002 et 2004
- Le Proche-Orient éclaté (1956–2007), Gallimard/Histoire
- La Question religieuse au XXIe siècle : géopolitique et crise de la post-modernité, La Découverte, 2006
- Histoire du Moyen-Orient : de l'Antiquité à nos jours, La Découverte, 2007
- L'Europe et le mythe de l'Occident : La construction d'une histoire, Paris, La Découverte, 2 avril 2009, 275 p. (ISBN 978-2707157072).
Essai
- Le nouveau Gouvernement du monde : idéologies, structures, contre-pouvoirs, Paris, La Découverte, coll. « Cahiers libres », 28 octobre 2010, 275 p. (ISBN 978-2707164193) [présentation en ligne].
Essai
- Pour une lecture profane des conflits : sur le "retour du religieux" dans les conflits contemporains du Moyen-Orient, Paris, La Découverte, coll. « Cahiers libres », 31 octobre 2012 (ISBN 978-2707174734) [présentation en ligne].
Essai
Ses ouvrages sont traduits en plusieurs langues. Il faut y ajouter les ouvrages écrits en langue arabe par cet auteur.
Prix[modifier]
Bibliographie[modifier]
Notes et références[modifier]
- « L'Occident a soutenu à la fois les mouvements politiques intégristes et les régimes dictatoriaux », L'Occident a planté les graines de la violence, Georges Corm, L'Express, 27 février 2003
Liens externes[modifier]
- (en) Site personnel
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Fouad Siniora 2000-2004 |
- Écrivain libanais
- Personnalité politique libanaise
- Ministre libanais
- Ministre des Finances ou équivalent
- Parrain du Tribunal Russell sur la Palestine
- Élève de l'Institut d'études politiques de Paris
- Professeur à l'université Saint-Joseph de Beyrouth
- Lauréat du prix de l'amitié franco-arabe
- Naissance en 1940
- Naissance à Alexandrie