Franca Maï

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Franca Maï

Nom de naissance Françoise Baud
Activités romancière, actrice et productrice
Naissance 26 juillet 1959
Paris 14e
Décès 8 février 2012 (à 52 ans)[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7]
Villejuif
Langue d'écriture Français
Genres Roman

Franca Maï, née Françoise Baud le 26 juillet 1959 à Paris 14e, décédée le 8 février 2012 à Villejuif, est une romancière, actrice et productrice française.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Quart vietnamienne par son grand-père maternel, Franca Maï grandit entre Paris et l’Eure-et-Loir.

Elle est l’aînée d’une fratrie comprenant deux autres sœurs et un frère. Son père, un CAP de tourneur et un BP industriel en poche, brillant autodidacte, maquettiste par la suite, crée et entretient dans une vie parallèle des voitures de collection[8]. Il est le constructeur de la Saga 55[9]. Sa mère, eurasienne, manutentionnaire puis secrétaire médicale, forme avec lui un couple dès leurs seize ans.

Brune ténébreuse (aspect renforcé par les fines cicatrices qui émaillent sa pommette gauche, legs d’un accident de voiture, qu’elle nomme ses « cruelles »), Franca Maï revendique au fil de ses nombreuses expériences artistiques un statut d’électron libre.

Actrice (1979-1996)[modifier | modifier le code]

Après avoir débuté au cinéma avec le film culte de Jean Rollin Fascination en 1979[10], Franca Maï (parfois au générique comme "Franka Maï") poursuit sa carrière de comédienne en enchaînant les rôles de personnages atypiques et marginaux (vampire donc, puis terroriste, escort girl, pythie…) qui lui permettent de côtoyer des acteurs de renom comme Jean Rochefort (le Moustachu, 1987)[11], Jean Carmet et Jean-Pierre Marielle (Les Idiots (téléfilm, 1987))[12], ou encore Fabrice Luchini (Zig Zag Story, 1982), tout en travaillant sous la houlette de réalisateurs chevronnés comme Patrick Schulmann ou Jean-Daniel Verhaeghe.

Productrice et réalisatrice (1986-2000)[modifier | modifier le code]

Ces expériences cinématographiques l'orientent tout naturellement vers la production de films indépendants, avec à la clé une prolifique collaboration avec le réalisateur Yorame Mevorach[13] (qui est également le père de sa fille Arena, née en 1993). Elle produit une cinquantaine de films courts sous l'égide de sa production Fatale Morgana films immortels (existence de 1986 à 1996), plusieurs d'entre eux faisant partie de la sélection officielle au Fipa en 1987 et en 1988. Entre 1992 et 2000, le P.-D.G. et le directeur de communication du groupe LVMH décident, au regard de la qualité des films réalisés et des prises de risques fournies, d'accorder leur confiance sur plusieurs projets.

Une œuvre visuellement poétique voit ainsi le jour sous forme d'objets-lights, Franca Maï n’hésitant pas à l’occasion, tant par plaisir que par exigence artistique, à se retrouver des deux côtés de la caméra en tant qu’actrice (Berceaumniaque[14], plusieurs clips des Rétrophobies de Yorame Mevorach) (en Sélection Officielle Fipa Cannes entre 1987 et 1991) et réalisatrice (FuckAnge[15], L’an de mes II[16], Marie Mad[17]). Également coscénariste pour TF1 et France 2 (Scandale, téléfilm, La Barbe-bleue, téléfilm, Horoscope-Victime 12 x 30).

Romancière (2001-2009)[modifier | modifier le code]

En 2001, « pour des raisons familiales et personnelles », Franca Maï change radicalement de cap et se met à écrire des romans. Repérée par Pierre Drachline grâce à « une lettre, écrite sous forme de nouvelle à un homme qui bien sûr n’a rien compris », elle publiera sept romans au Cherche midi entre 2002 et 2009 (le huitième, un roman noir rédigé à quatre mains avec Leny Escudero, sortira en 2012[Quand ?]). "Les images de cruauté déstabilisent le lecteur par leur cadrage net, leur gros plan sans concession. À travers cette violence crue, Franca Maï dissèque les rapports entre tortionnaire et victime. Les mots peuvent-ils désarçonner la violence ? Comment enrayer le mécanisme infernal de la souffrance infligée pour sortir de sa propre souffrance ? La romancière approfondit les questions qui la passionnaient déjà…" - février 2008, Magazine Littéraire no 472[18] .

De ses débuts remarqués avec Momo qui kills[19] (promo sur le plateau télé de Guillaume Durand[20]), au dernier Crescendo[21] en passant par le diptyque de Mata (Speedy Mata[22], Pedro[23]) et le malaise qui se perche aux tripes à la lecture de L’ultime tabou[24], Jean-Pôl et la môme caoutchouc[25] (télé avec PPDA[26]) ou encore L’amour carnassier[27] (télé avec Frédéric Taddeï[28]]), ses romans n'excédent pas les 200 000 signes. Les deux premiers (Momo qui kills et Jean-Pôl et la môme caoutchouc) sont également réédités chez Pocket.

Divino Sacrum (2008-2012)[modifier | modifier le code]

Atteinte d'un cancer en 2008, elle mène un combat de longue durée entre chimiothérapies, radiothérapies et rechutes. Elle se voit contrainte de mettre un terme à sa collaboration avec le E-Torpedo en juillet 2011 et écrit le roman choc Divino sacrum (carnet de bord d'une vieille cancéreuse fripée) (titre provisoire), où elle raconte l'histoire d'une femme animée par une indéfectible rage de vivre confrontée au purgatoire du crabe et de ses dommages collatéraux. Cette fiction crue et poétique est un témoignage de reconnaissance envers les médecins et le personnel soignant, ainsi qu'une forme d'aide concrète pour les patients et leur entourage.

En juin 2011, à la veille d'un troisième protocole (Cyberknife), elle réalise en collaboration avec Sirieix le moyen-métrage Divina sacra[29]. Vinrent ensuite, un court-métrage conçu autour de Momo qui kills (Fleurs vénéneuses[30]) et Soins palliatifs[31], toujours en duo avec Sirieix.

Expériences diverses[modifier | modifier le code]

Nouvelles et poésies (2001-2012)[modifier | modifier le code]

Politiquement située à l'extrême gauche[32], Franca Maï a signé des textes dans de nombreux recueils collectifs militants : Le clochard ricanant[33], La dérive[34], Altermonde sans frontiere, 27 juillet 2009, Avec ma permission[35], L'oisillon décharné (dédié à Nathalie Ménigon[36]), Les repentis chantent faux (dédié à Cesare Battisti - Humanimal, éditions Archipel93[37]), Jardin secret (le catalogue Vive la mode no 1)[38] et La ligne blanche (revue CCAS infos no 270)[39]. En 2004, elle dédie le poème musical Ouvrez les cages à Nathalie Ménigon[40].

Le Web (2004-2011)[modifier | modifier le code]

En 2004 Franca Maï crée avec Didier "Di2" Delaine le webzine "sans barbelés" E-Torpedo. Actualité hors des sentiers battus, culture indépendante et politique antagoniste y sont à l’honneur, loin du mainstream, avec, outre ses propres articles, un ensemble de contributions externes (Philippe Marlière, Laiguillon, Andy Vérol, Régis Duffour, Gilles Delcuse, Serge Rivron, Marc Alpozzo, André Bouny…) cohérentes avec les mouvances de gauche dites libertaires. En plus de gérer son « Blog de feu »[41] sur son propre site, elle écrit également pour les sites Bellaciao[42], Sistœurs[43], Hermaphrodite, Oulala et Lemague, s’engageant en particulier pour la libération des membres d'Action directe, ou pour le site de musiques en licences ouvertes[44].

La Chanson (1985-1986)[modifier | modifier le code]

Dotée d’une voix chaude, Franca Maï fait une brève incursion dans la chanson en créant un groupe auquel elle donne son nom. Le clip réalisé pour l’occasion, Gauche ou Droite (homme pressé)[45], sera en Sélection officielle au Festival St.Tropez et diffusé sur Canal Plus.

Lectures musicales (2003-2010)[modifier | modifier le code]

Dès 2003, Franca Maï conçoit et interprète des « lectures musicales » comme autant de corollaires à chacun de ses romans. Après en avoir choisi les passages les plus à même de vivre de leur "propre vie", Di2 les met en musique en assurant arrangements, interprétation et production. Des représentations live en duo ont régulièrement eu lieu. Un CD, avec musiques additionnelles de Miss Hélium et Sirieix sera bientôt réalisé pour lui rendre hommage.

Exposition (2006)[modifier | modifier le code]

L'Autel des mots, assemblage composite présenté à l’exposition Papiers d'artistes à la Voie Ferrée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Momo qui kills[46], Cherche-midi (2002), rééd. Pocket, nouvelles voix (2004)
  • Jean-Pôl & La môme caoutchouc[47], Cherche-Midi (2003), rééd. Pocket, nouvelles voix (2005)
  • Speedy Mata[48], Cherche-Midi (2005)
  • L’ultime Tabou[49], Cherche-Midi (2006), rééd. Pocket nouvelles voix (2007)
  • Pedro[50], Cherche-Midi (2007)
  • L’Amour Carnassier[51], Cherche-Midi (2008)
  • Crescendo[52], Cherche-Midi (2009)

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • La Passion de la victime[53], recueil collectif, éditions Que, 2003.
  • Humanimal I, recueil collectif humanitaire, éditions Archipel93, 2003, nouvelle : « Le clochard ricanant ».
  • Humanimal II, recueil collectif humanitaire, éditions Archipel93, 2004, nouvelle : « La dérive ».
  • Humanimal III, recueil collectif humanitaire, éditions Archipel93, 2005, nouvelle : « Avec ma permission » et poèmes : « L’oisillon décharné » (dédié à Nathalie Ménigon), « Les repentis chantent faux » (dédié à Cesare Battisti).
  • La Nuit écarlate ou le Repas des fauves, hommage à Grisélidis Réal, éditeur Association Himeros, nouvelle : « Et la lune rit avec ses dents pourries »[54].
  • Jardin secret, nouvelle parue dans le catalogue Vive la mode no 1, 2006.
  • La Ligne blanche, nouvelle parue dans la revue CCAS infos no 270, juillet/août 2006.
  • L’Errance[55], nouvelle parue dans la revue CCAS infos no 282, septembre 2007.
  • Soleil aveuglant[56], nouvelle parue dans la revue CCAS infos no 310, mars 2010.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme actrice[modifier | modifier le code]

Comme réalisatrice et scénariste[modifier | modifier le code]

  • 1993 : L'an de mes II, court-métrage
  • 2003 : FuckAnge, court-métrage

Références[modifier | modifier le code]

  1. Franca Maï, "la singulière" s'est éteinte, SAINT-LUBIN-DES-JONCHERETS, 9 février 2012
  2. Je suis partie aujourd’hui... (video), Bellaciao, 8 février 2012
  3. Je suis partie aujourd’hui... , Sistoeurs, 8 février 2012
  4. Et c’est déjà le bleu du ciel, René BALME, 9 février 2012
  5. Décès de Franca Maï, écrivain singulière et plurielle, Frédéric VIGNALE, 10 février 2012
  6. L’échappée belle, André Bouny, 10 février 2012
  7. Texte dédié à Franca Maï, Andy Vérol, 10 février 2012
  8. Saga 250 GTO : DES GENES D'ALFA, Philippe Dufresne, novembre 2009
  9. SAGA 55, Voitures 1982, 20 juillet 2006
  10. Filmographie, Allo Ciné
  11. le Moustachu, Cinemovies
  12. Les Idiots, Imdb
  13. Yorame Mevorach, Allo cine
  14. Berceaumniaque, Vidéo
  15. FuckAnge, Vidéo
  16. L’an de mes II, Vidéo
  17. Marie Mad, Vidéo
  18. Magazine Littéraire, Magazine Littéraire, février 2008 no 472
  19. Momo qui kills, Tang Loaëc
  20. plateau télé de Guillaume Durand,Vidéo
  21. Crescendo, Séverine Capeille, 31 décembre 2008
  22. Speedy Mata, Marc Alpozzo, 29 janvier 2005
  23. Pedro, Virginie Gruenenberger, 15 décembre 2007
  24. L’ultime tabou, Sarah, 1er mars 2006
  25. Jean-Pôl et la môme caoutchouc, Liberation, 6 novembre 2003
  26. promo avec Patrick Poivre d'Arvor, Vidéo
  27. L’amour carnassier, Anne Marie Koenig, 1er mars 2006
  28. télé avec Frédéric Taddeï, Vidéo
  29. Divina sacra, Vidéo
  30. Fleurs vénéneuses, Vidéo
  31. Soin palliatif, Vidéo
  32. Décès de Franca Maï, écrivain singulière et plurielle, Le Mague, 10 février 2012
  33. Le clochard ricanant, Diogene 2001
  34. La dérive, Altermonde sans frontiere
  35. Avec ma permission, Arts livres
  36. L'oisillon décharné, Jc Cabanel
  37. Les repentis chantent faux, Hermaphrodite
  38. Jardin secret, altermonde-sans-frontiere
  39. La ligne blanche, Andy Vérol
  40. Ouvrez les cages, Hermaphrodite
  41. Blog de feu, Blog de feu
  42. bellaciao.org/fr : dossier Franca Maï, Bellaciao, dossier Franca Maï
  43. Sistœurs.net : vous n'avez jamais lu de site féminin, Sistoeurs, Séverine Capeille
  44. Musique libre, pourquoi? comment?, Dogmazic
  45. Gauche ou Droite (homme pressé), Gauche ou Droite (homme pressé)
  46. Momo qui kills, Collection Romans, 26 août 2002
  47. Jean-Pôl & La môme caoutchouc , Collection Romans, 25 août 2003
  48. Speedy Mata, Collection Romans, 06 janvier 2005
  49. L’ultime Tabou, Collection Romans, 05 janvier 2006
  50. Pedro, Collection Romans, 11 janvier 2007
  51. L’Amour Carnassier, Collection Romans, 10 janvier 2008
  52. Crescendo, Collection Romans, 08 janvier 2009
  53. La Passion de la victime, Francois Xavier, 31 mars 2004
  54. Et la lune rit avec ses dents pourries, Diogene, 2008
  55. L’Errance, Diogene, 2008
  56. Soleil aveuglant, Vendemiaire, 22 mars 2010
  57. Quatre femmes, quatre vies: Des chandails pour l'hiver, imdb
  58. La colère de Maigret, imdb
  59. Point mort, imdb

Liens externes[modifier | modifier le code]