Fosse Chabaud-Latour (Condé-sur-l'Escaut)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Fosse François de Chabaud-Latour
La fosse Chabaud-Latour vers 1900, les puits nos 2 et 1. Le troisième ne semble pas équipé de chevalement.
La fosse Chabaud-Latour vers 1900, les puits nos 2 et 1. Le troisième ne semble pas équipé de chevalement.
Puits Chabaud-Latour n° 1
Coordonnées 50° 27′ 49″ N 3° 36′ 14″ E / 50.463548, 3.603929 (Puits Chabaud-Latour n° 1)50° 27′ 49″ N 3° 36′ 14″ E / 50.463548, 3.603929 (Puits Chabaud-Latour n° 1)  [BRGM 1]
Début du fonçage 5 juin 1873
Mise en service 1875
Profondeur 337 mètres
Arrêt mars 1910 (extraction)
Remblaiement ou serrement 1915
Puits Chabaud-Latour n° 2
Coordonnées 50° 27′ 49″ N 3° 36′ 15″ E / 50.463698, 3.604256 (Puits Chabaud-Latour n° 2)  [BRGM 2]
Début du fonçage 5 juin 1873
Mise en service 1875
Profondeur 336 mètres
Arrêt mars 1910 (extraction)
1972 (aérage)
Remblaiement ou serrement 1973
Puits d'aérage Chabaud-Latour n° 3
Coordonnées 50° 27′ 50″ N 3° 36′ 17″ E / 50.463847, 3.604612 (Puits d'aérage Chabaud-Latour n° 3)  [BRGM 3]
Début du fonçage 5 juin 1873
Mise en service 1875
Profondeur 417 mètres
Arrêt 1972 (aérage)
Remblaiement ou serrement 1973
Administration
Pays France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Nord
Commune Condé-sur-l'Escaut
Caractéristiques
Compagnie Compagnie des mines d'Anzin
Groupe Groupe de Valenciennes
Unité de production UP de Valenciennes
Ressources Houille
Concession Vieux-Condé
Protection  Patrimoine mondial (2012)[note 1]

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Fosse François de Chabaud-Latour

Géolocalisation sur la carte : Nord

(Voir situation sur carte : Nord)
Fosse François de Chabaud-Latour
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Fosse Chabaud-Latour (Denain).

La fosse Chabaud-Latour[note 2] ou François de Chabaud-Latour de la Compagnie des mines d'Anzin est un ancien charbonnage du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Condé-sur-l'Escaut. Les trois puits sont commencés le 5 juin 1873 et la fosse commence à extraire avec deux puits en 1875, le puits no 3 assurant l'aérage. Tous trois sont alignés sur un même axe. Les venues d'eau sont fortes, puisqu'en 1884, il faut exhaurer 900 m3 par jour. Avec la mise en service de la fosse Ledoux, la fosse Chabaud-Latour cesse peu à peu de remonter sa production à partir de 1904 au profit de celle-ci. L'extraction cesse définitivement en mars 1910. Le puits no 1 est serrementé et comblé en 1915 tandis que les puits nos 2 et 3 assurent le retour d'air. La fosse est détruite durant la Première Guerre mondiale, elle est ensuite reconstruite dans des proportions plus modestes, des cités étant bâties sur une partie du carreau de fosse, c'est ainsi que le puits no 1 se retrouve dans le jardin d'une maison.

La Compagnie des mines d'Anzin est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe de Valenciennes. Les puits Chabaud-Latour nos 2 et 3 cesse d'aérer en 1972 et sont comblés l'année suivante.

Au début du XXIe siècle, Charbonnages de France matérialise les têtes des puits Chabaud-Latour nos 1, 2 et 3, et installe un exutoire de grisou sur le puits no 1. Les cités ont été rénovées, le carreau de fosse des puits nos 2 et 3 est un espace vert. La cité pavillonnaire Chabaud-Latour a été classée le 30 juin 2012 au patrimoine mondial de l'Unesco.

La fosse[modifier | modifier le code]

Fonçage[modifier | modifier le code]

La fosse Chabaud-Latour est la plus rapprochée de la frontière belge, elle est située à environ 1 800 mètres au nord-est du clocher de la ville de Condé-sur-l'Escaut, et à 800 mètres à l'est de la route de Condé à Bonsecours[F 1]. Elle a été entreprise à partir du 5 juin 1873[A 1] par la Compagnie des mines d'Anzin qui s'est proposée d'en faire une fosse à grande production, c'est pourquoi elle y a creusé trois puits[F 1]. La fosse est située sur un riche gisement de houille maigre. Des découvertes préhistoriques ont lieu durant le fonçage[A 1].

Les orifices des puits sont situés à l'altitude de 23 mètres[JD 1]. Le terrain houiller est atteint à la profondeur de 61[A 1],[F 1] ou 64 mètres[JD 1].

La fosse est nommée en l'honneur de François de Chabaud-Latour, général, baron, et président du conseil d'administration[A 1]. Une fosse commencée en 1842 a porté son nom à Denain, mais les puits nos 57 et 58 ont été comblés en 1877[1],[2].

Exploitation[modifier | modifier le code]

La fosse commence à extraire en 1875 via ses puits nos 1 et 2, poussés à la profondeur de 200 mètres. L'aérage est assuré par le puits no 3, profond de 160 mètres[A 1]. Le puits no 2 est situé à 28 mètres au nord-est du puits no 1, et le puits no 3 à 58 mètres dans la même direction. Les puits nos 2 et 3 sont distants de trente mètres. Les trois puits sont alignés[note 3]. La production de la fosse est de 218 533 tonnes en 1883. L'exhaure est de 900 m3 l'année suivante, l'eau est très abondante dans cette partie du gisement[A 1].

La fosse cesse progressivement d'extraire à partir de 1904, la production remontant par la fosse Ledoux[A 1] nouvellement mise en service dans la même commune[A 2] à 1 345 mètres au sud-est[note 3]. La fosse Chabaud-Latour cesse définitivement d'extraire en mars 1910, après avoir remonté 6 143 000 tonnes[A 1]. Le puits Chabaud-Latour no 1, profond de 337 mètres, est serrementé et remblayé en 1915, tandis que les deux autres puits assurent le retour d'air pour la fosse Ledoux. La fosse Chabaud-Latour est détruite lors de la Première Guerre mondiale. Lors de la reconstruction, une cité empiète en grande partie sur le carreau de fosse, en dehors de l'espace des puits nos 2 et 3. Une maison est construite à proximité du puits no 1, et celui-ci se trouve dans son jardin[3].

La Compagnie des mines d'Anzin est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe de Valenciennes[B 1]. Les puits Chabaud-Latour nos 2 et 3 cessent d'aérer en 1972, et sont remblayés l'année suivante. Ils étaient alors respectivement profonds de 336 et 417 mètres[B 1].

Reconversion[modifier | modifier le code]

Au début du XXIe siècle, Charbonnages de France matérialise les têtes des puits Chabaud-Latour nos 1, 2 et 3, et installe un exutoire de grisou sur le puits no 1. Le BRGM y effectue des inspections chaque année[4]. Il ne reste rien de la fosse[5].

Les cités[modifier | modifier le code]

Des cités ont été bâties à proximité de la fosse, et en partie sur son carreau après la Première Guerre mondiale. La cité pavillonnaire Chabaud-Latour fait partie des 353 éléments répartis sur 109 sites qui ont été classés le 30 juin 2012 au patrimoine mondial de l'Unesco. Elle constitue une partie du site no 8[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. L'inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco concerne la cité pavillonnaire Chabaud-Latour.
  2. Il est également possible de trouver les orthographes erronées « Chabaud la Tour » ou « Chabaud-la-Tour ».
  3. a et b Les distances sont mesurées grâce à Google Earth. Dans le cas de puits, la distance est mesurée d'axe en axe, et arrondie à la dizaine de mètres la plus proche. Les têtes de puits matérialisées permettent de retrouver l'emplacement du puits sur une vue aérienne.
  4. Les puits Chabaud-Latour nos 1 et 2 sont situés en arrière-plan : le second est dans la pelouse, le premier est juste devant la maison, il est d'ailleurs possible de distinguer son exutoire de grisou.
Références
Références aux fiches du BRGM
Références à Guy Dubois et Jean Marie Minot, Histoire des Mines du Nord et du Pas-de-Calais. Tome I,‎ 1991
  1. a, b, c, d, e, f, g et h Dubois et Minot 1991, p. 27
  2. Dubois et Minot 1991, p. 31
Références à Guy Dubois et Jean Marie Minot, Histoire des Mines du Nord et du Pas-de-Calais. Tome II,‎ 1992
Références à Albert Olry, Bassin houiller de Valenciennes, partie comprise dans le département du Nord, Imprimerie Quantin. Paris,‎ 1886
  1. a, b et c Olry 1886, p. 111
Références à Jules Gosselet, Les assises crétaciques et tertiaires dans les fosses et les sondages du Nord de la France : Région de Valenciennes, vol. IV, Imprimerie nationale, Paris,‎ 1913
  1. a et b Gosselet 1913, p. 184

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Geographylogo.svg

Les coordonnées de cet article :

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Guy Dubois et Jean-Marie Minot, Histoire des Mines du Nord et du Pas-de-Calais : Des origines à 1939-45, t. I,‎ 1991, 176 p., p. 27, 31 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Guy Dubois et Jean-Marie Minot, Histoire des Mines du Nord et du Pas-de-Calais : De 1946 à 1992, t. II,‎ 1992 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Albert Olry, Bassin houiller de Valenciennes, partie comprise dans le département du Nord : Études des gîtes minéraux de la France, Imprimerie Quantin. Paris,‎ 1886, 414 p. (lire en ligne), p. 111 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jules Gosselet, Les assises crétaciques et tertiaires dans les fosses et les sondages du Nord de la France : Région de Valenciennes, vol. IV, Imprimerie nationale, Paris,‎ 1913, p. 184 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article