Louis Champy

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Louis Champy

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Louis Champy dans les années 1890.

Naissance 21 mars 1870
Rothau, Bas-Rhin (France)
Décès 29 juillet 1955 (à 85 ans)
Caumont, Eure (France)
Nationalité français
Institutions Compagnie des mines d'Anzin
Diplôme École polytechnique (1889),
Corps des mines (1895)
Renommé pour Reconstruction de la Cie d'Anzin

Louis Champy, né le 21 mars 1870 à Rothau dans le Bas-Rhin et mort le 29 juillet 1955 à Caumont dans l'Eure, est un ingénieur du corps des mines, diplômé de l'École polytechnique en 1889 et du Corps des mines six ans plus tard, et un dirigeant de la Compagnie des mines d'Anzin, dans laquelle il est entré dans la seconde partie des années 1900.

Il a notamment dû affronter la Première Guerre mondiale et toutes les destructions qui s'en sont suivies, puis la reconstruction de tout le patrimoine de la Compagnie des mines d'Anzin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

Louis Champy naît le 21 mars 1870 à Rothau dans le Bas-Rhin[1],[2] de Victor Champy, issu d'une famille de maître de forges de Rothau, et de Suzanne Jeanne Bizouard[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Louis Champy vers 1889.

Louis Champy est issu de la promotion 1889 de l'École polytechnique, où entré vingt-et-unième, il est sorti classé major, juste devant Ernest Cuvelette, il a fait l'École des Mines de Paris de 1891 à 1895 et fait partie du Corps des mines[3].

Il assure ensuite des fonctions d'ingénieur des mines à Chalon-sur-Saône puis à Valenciennes. En 1905, il est mis en congé renouvelable et est autorisé à entrer au service de la Compagnie des mines d'Anzin dont il devient assez rapidement le directeur-général[3]. Il arrive dans cette compagnie dans la période où vont commencer le fonçage des puits des fosses Sabatier et Agache[4]. Il existe un certain parallèle entre lui et Ernest Cuvelette, qui est entré à la même époque dans la Compagnie des mines de Lens, rivale de celle d'Anzin[5]. Ses contemporains décrivent Louis Champy comme étant « esprit de finesse, haute culture, diplomatie ». Il devient plus tard président du syndicat européen des producteurs de charbon[3].

La fosse Sabatier reconstruite.

Il prononce le 16 juin 1923 une allocution à l'Assemblée générale de l'association des anciens élèves de l'École des mines de Paris, où il explique notamment qu'il a consacré les quatre dernières années à la reconstruction de la Compagnie des mines d'Anzin, très touchée par la Première Guerre mondiale[3]. Sur les vingt sièges d'extraction utilisés avant la guerre, vingt-neuf chevalements sont abattus, vingt-deux machines d'extraction, vingt-trois compresseurs, trente-et-un ventilateurs, onze génératrices d'électricité, plus ou moins hachés par les explosions avec les bâtiments qui les contenaient, la moitié environ des chaudières sont éventrées à la dynamite, de nombreuses cheminées rasées, quinze ouvrages d'art de la voie ferrée détruits, plus de vingt kilomètres de voies rompus systématiquement. Cent vingt-quatre maisons ouvrières sont démolies. Un lavoir, deux usines à briquettes ont gravement souffert, les criblages sont quelque peu endommagés. Enfin un cuvelage est crevé. Les travaux souterrains, privés d'entretien, s'effondrent, et les eaux s'y élèvent, tout exhaure ayant été supprimé. À peu près rien de tout cela n'était attribuable aux combats qui se sont livrés sur le territoire de la concession. Tout, ou presque tout, est dû aux destructions systématiques accomplies entre le 8 et le 14 octobre 1918. Les fours à coke, les criblages, les ateliers de lavage, les usines à briquettes et les usines à boulets n'ont en revanche pas trop été touchés[3].

Il est parvenu dans une moindre mesure à réduire les destructions en allant voir le capitaine allemand chargé de l'administration des mines, et en lui disant à peu près : « Je sais ce que vous préparez, je sais que vous allez faire sauter l'ensemble de nos installations : avez-vous réfléchi à l'effet que produiront ces destructions sur l'opinion américaine, dont vous attendez le jugement ! Peut-être trouverez-vous à dire au président Wilson, lorsqu'il vous demandera des comptes, que vous obéissiez à des nécessités stratégiques en détruisant nos chevalements et nos machines, qu'il vous fallait empêcher toute extraction de charbon pour l'usage de nos armées. Mais la même explication ne sera possible, certes, ni pour justifier la perforation de nos cuvelages, qu'il faudra bien des années pour réparer, ni pour justifier la destruction de tout un outillage destiné à cribler, à laver, à agglomérer, à carboniser ce même charbon que vous nous avez déjà mis dans l'impossibilité d'extraire. Cette destruction affirmera votre volonté de ruiner la puissance industrielle de la France ». Louis Champy est même allé jusqu'à rencontrer Wilhelm Cuno avec entre autres arguments le fait que la destruction des installations d'Anzin coûterait cher à réparer à l'Allemagne. Un contre-ordre a dont été donné pour limiter la destructions aux installations principales, et en évitant les installations secondaires[3]. Louis Champy rapporte qu'à peu près tous les treuils de secours ont été retrouvés intacts. Calculés pour soulever à la vitesse de 1,50 mètre par seconde une charge utile de 1 000 kilos, ils ne devaient permettre d'assurer qu'une bien faible extraction, ils ont néanmoins été précieux. Les treuils de fonçage retrouvés dans les magasins ont été très utiles, ainsi qu'une machine à cylindres oscillants, digne pièce de musée, trois vieilles machines de 140 chevaux remises en état au prix de fortes réparations, tout un matériel suranné que les précédents dirigeants avaient conservé en magasin sans raisons précises, et que les destructeurs ont dédaigné et qui prenait aux yeux des dirigeants de la compagnie une valeur énorme[3].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Louis Champy épouse en 1892 Anne Marie de Colombel, née en 1871 et morte en 1944. Ils ont ensemble six enfants : Pierre, né en 1893 et mort en 1962 ; Michel, qui épouse Laurette Dupont-Pierrard le 7 avril 1923 ; Victor, né en 1897 et mort en 1986, il épouse Magdeleine Begouen Demeaux; Hélène, née en 1899 et morte en 1983, elle épouse Jean Pauzat ; Jean, né en 1901 et mort en 1959, ingénieur des Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais ; et Charles, qui meurt le 19 août 1929 d'un accident de voiture[3].

Mort[modifier | modifier le code]

Louis Champy meurt le 29 juillet 1955[3] à Caumont dans l'Eure[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Robert Lutz, « Louis Champy », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 6, p. 487
  • Guy Dubois et Jean-Marie Minot, Histoire des Mines du Nord et du Pas-de-Calais : Des origines à 1939-45, t. I,‎ 1991, 176 p., p. 32 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article