Fandom furry

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Une renarde anthropomorphe, personnage typique du furry.

Le fandom furry (de l'anglais fan, « admirateur », -dom, « appartenant à une idéologie », et furry, « poilu ») est le nom donné au groupe de personnes intéressées par le furry[N 1], un mouvement culturel apparu sous ce terme vers le milieu des années 1980[1]. Le mouvement furry est défini comme étant l’attrait pour les animaux imaginaires ou non, mythologiques ou anthropomorphes[2], c’est-à-dire l’attrait pour les animaux possédant des caractéristiques humaines  : usage de la parole, port d’habits, utilisation d’un style de vie humain, etc. Les personnes qui appartiennent au fandom furry sont appelées furs.

Historique[modifier | modifier le code]

C'est en septembre 1966 que l’œuvre d’Osamu Tezuka, Le Roi Léo, amena pour la première fois les téléspectateurs à adhérer aux idées véhiculées par ce film[N 2] et à s'identifier à un animal anthropomorphe[1] ; mais c'est véritablement en novembre 1973, date de sortie de Robin des Bois par Walt Disney, que les furs d'aujourd’hui reconnaissent avoir eu des affinités pour ces drôles d’animaux (en)[1]. En 1980, lors du week-end du Labor Day américain, prit place la 38e World Science Fiction Convention, une convention ayant pour thème la science-fiction, dans laquelle Steve Gallacci (en) présenta une bande dessinée alternative en noir et blanc, Albedo Anthropomorphics, mettant en scène des mammifères et oiseaux anthropomorphes dans un monde futuriste où tient lieu une guerre spatiale[1]. Les années qui suivirent furent l'occasion pour les fans des drôles d’animaux de s’organiser, se rassembler, ou créer des romans graphiques. En octobre 1983, Marc Schirmeister appelle ses fans à rejoindre l’équipe du magazine Rowrbrazzle, et en février 1984, le premier numéro paraît. Selon Fred Patten, cette date est « un point de repère pratique pour dire que le fandom furry existait à cette époque »[3].

La popularisation d'internet dans les années 1990 permit au furry de se faire connaître via l'utilisation simultanée du World Wide Web et des forums de discussion Usenet[4] comme moyen de communication. Actuellement, le furry en tant que mouvement culturel est, bien qu'occupant une place importante sur Internet, soit inconnu par le reste de la population, soit — particulièrement en Amérique — sujet à des critiques.

Analyse sociologique[modifier | modifier le code]

[PDF] L’analyse sociologique du fandom furry.

L'inclusion d'une personne (un fur) dans le fandom furry dépend de l'acceptation de la définition même du furry. Ainsi, l'art pratiqué par des artistes comme Philippe Geluck, avec son personnage Le Chat, n'est pas considéré comme appartenant au furry, car le dessinateur n'a pas montré son acceptation au furry fandom[réf. nécessaire]. Pour les mêmes raisons, une personne appréciant par exemple les dessins animés dont les protagonistes sont des animaux anthropomorphes, et pratiquant le jeu de rôle avec un alter-égo animal (fursona), ne sera pas reconnue en tant que fur si elle repousse l'idéologie furry[réf. nécessaire]. Le site Internet deviantART, connu des artistes et graphiques, notamment amateurs a dû créer une section Anthromorphique à la demande générale. Il existe des communautés un peu plus développées concernant l'interaction socio-culturel tel que SoFurry où les Furs s'adonnent à leur(s) personnage(s) furry au-travers de discussions et échanges créatif.

Il existe quelques types de rassemblements dans la catégorie fandom furry. Une convention furry est un rassemblement annuel à grande échelle de furs, de l'ordre de plusieurs centaines à plusieurs milliers de participants sur plusieurs jours. En Europe, la plus grande convention est l'Eurofurence (~750 participants), fondé en 1995, et se tient généralement en Allemagne. Aux États-Unis, la plus grande est l'Anthrocon (~3000 participants), et se déroule en général au mois de juillet en Pennsylvanie. Les activités et expositions principales sont galeries d'art, ventes aux enchères d'œuvres artistiques, parade de fursuits, danses de tout types, jeux de rôle, tournois DDR et spectacles de marionnettes/sketchs[réf. nécessaire]. Une furmeet est un regroupement à petite échelle de furs, souvent moins d'une dizaine d'individus le temps d'une journée. Il s'agit de simples sorties, dont les activités varient d'une furmeet à l'autre. En France, lorsqu'une furmeet se fait autour d'un repas, on parle de furmiam[réf. nécessaire].

Aspects sexuels[modifier | modifier le code]

Image suggestive impliquant le fandom furry.

Selon quatre différents sondages, 14–25 % des membres fandom rapportent être homosexuels, 37–52 % bisexuels, 28–51 % hétérosexuels, et 3–8 % dans une autre forme d'orientation sexuelle[5],[6],[7]. De tous les fans sondés (sur approximativement la moitié), 76 % d'entre eux sont en relation avec d'autres fans de fandom furry[6]. Des exemples d'aspects sexuels impliquant le fandom furry incluent l'art érotique et le cybersexe dont le thème est le furry[8],[9]. Le terme « yiff » est principalement utilisé pour décrire une activité sexuelle[10],[11].

L'attirance sexuelle pour des personnages à l'allure furry fait partie du fandom furry ; dans un sondage de 4 300 fans de furry, 37 % d'entre eux répondent que l'activité sexuelle dans le fandom furry est importante, 38 % y sont indifférents, et 24 % répondent qu'elle n'a qu'une petite part, voir aucune, dans le fandom furry[5]. Dans un autre sondage en-ligne, 33 % des fans répondent qu'ils ont « un intérêt sexuel significatif dans le furry », 46 % expliquent qu'ils ont un « intérêt sexuel mineur » et 21 % expliquent qu'ils n'ont aucun intérêt sexuel. Le sondage s'est effectué sur un site web orienté pour adultes[7].

Art et littérature[modifier | modifier le code]

Les artistes furry, les écrivains, et les éditeurs produisent une quantité prolifique de dessins, de peintures, de nouvelles, de bandes dessinées, de fanzines, de peluches/marionnettes, de livres à tirages limités, ainsi que de sculptures, de compositions musicales, et de photographies. Bien que la plupart de cet art ne soit distribué qu'à travers des médias non professionnels, des sites personnels/blogs, la presse amateur, ou dans des APAzines (terme à définir). Des œuvres furry sont également (et principalement) disponibles sur des sites web entièrement consacrés à l'art furry. Ainsi, des galeries comme VCL (Velan Central Library) ou furaffinity ont vu le jour afin de permettre aux artistes furry d'exposer leur art dans un contexte et une atmosphère voulue « furry » plus qu'« anthropomorphe ». Le film The Cat, the Reverend and the Slave de Alain Della Negra et Kaori Kinoshita suit la vie de Markus, un furry chat[réf. nécessaire].

Jeu de rôle[modifier | modifier le code]

Le jeu de rôle (abrégé RP, de l’anglais « role-playing ») est une activité qui consiste en l’incarnation d’un ou de plusieurs personnages par une ou plusieurs personnes, dans une situation imaginaire, et en la narrant leurs faits et gestes (dialogues, sentiments, expressions), dans l'objectif de se divertir (voir jeu de rôle).

Fursuiting[modifier | modifier le code]

Le fursuiting est l'action d'incarner un personnage anthropomorphe, la plupart du temps le fursona du porteur (ou (fur)suiter) par le port d'une fursuit (de l'anglais, littéralement « Costume de fourrure »)[réf. nécessaire].


Fursona[modifier | modifier le code]

Un fursona est un personnage animal ou parfois anthropomorphe crée en vue de son incarnation la plupart du temps dans le cadre d'un jeu de rôle ou de fursuiting. Il peut représenter tout animal, hybride ou non, avec un degré de réalisme et d'humanisation défini. C'est souvent par leurs fursonas que les furs se reconnaissent. Celui-ci peut être perçu par certains comme un totem, une représentation externe de ce que le fur ressent être à l'intérieur, et peut en découler la création d'une fursuit[réf. nécessaire].

Conventions[modifier | modifier le code]

Une convention furry est un rassemblement de furries, parmi lesquels on retrouve des fursuiters et artistes. Les conventions sont la plupart du temps organisées dans de grandes villes dont l'accès est aisé (aéroports, gares) et durent trois jours ou plus, généralement sur un weekend ou durant les vacances. Le coût d'inscription est généralement inférieur à 50 euros pour la réservation des locaux. Mais si l'on prend en compte les coûts de déplacement, le logement et les repas, cela peut vite revenir cher. Certains furries ne participent pas aux conventions tandis que d'autres n'en rateraient aucune[réf. nécessaire].

Méthodes de jeu de rôle via internet[modifier | modifier le code]

Les méthodes les plus courantes pour roleplayer (anglicisme tiré du mot Roleplay désignant aussi le jeu de rôle) sont :

  • JPM, (« Jouer Par Message », l'expression de base étant « PBP » de l'anglais « Play by post ») est une méthode consistant à jouer en différé via des forums, des « boards » ou par courriel. Chaque participant incarne son propre personnage en répondant aux actions et aux dires des autres personnages.
  • MUCK (de l'anglais « Multi-User Created Kingdom », signifiant « Royaume créé par ses utilisateurs » est le premier moyen utilisé par les furs (à partir de 1990 aux États-Unis) pour jouer et créer son propre univers par le biais d'internet.
  • Salons de chat (tels Anthrochat ou Furnet, deux serveurs furry sur IRC) fonctionnant sur le même principe que le PBP mais dans un cadre instantané.
  • Fan fictions, histoires écrites par des fans d'une série, bande-dessinée, roman, se basant sur l'univers de celui-ci, mais dont la trame est inédite.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le pluriel d’un « furry » est des « furries », et se prononce /fyʁɪz/.
  2. Le lionceau Kimba, personnage principal du Roi Léo, œuvre dans le but qu’une amitié se noue entre carnivores et herbivores, et que les humains considèrent les animaux intelligents comme leurs égaux.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Fred Patten, « A Chronology of Furry Fandom », sur YARF! The Journal of Applied Anthropomorphics,‎ 2 février 1999
  2. (en) Daveen Rae Kurutz, « It's a furry weekend », sur Pittsburgh Tribune-Review,‎ 17 juin 2006
  3. (en) Fred Patten, « News of Fandom », sur File 770,‎ novembre 1998 : « Rowrbrazzle started in February 1984. Since it was specifically an apa for writing and drawing funny animals as a genre and discussing the new fandom that was forming about them, it is a handy landmark to say that 'furry fandom existed at this time. »
  4. « creation of alt.fan.furry »,‎ 17 décembre 1990
  5. a et b (en) Gerbasi et al, « International Online Furry Survey: Winter 2011 »,‎ 2011 (consulté le 1er septembre 2012)
  6. a et b (en) Davis Department of Psychology University of California, « Furry Survey Results »,‎ 2007 (consulté le 5 mai 2007)
  7. a et b (en) Kyle Evans, « The Furry Sociological Survey » (consulté le 1 septembre 2012)
  8. (en) Bardzell, Jeffery, and Shaowen Bardzell. Sex-Interface-Aesthetics: The Docile Avatars and Embodied Pixels of Second Life BDSM. Indiana University, 2005.
  9. (en) Thomas ; Godson Stuttaford, « I like dressing up as a bear during sex », The Times, Londres,‎ 2007 (lire en ligne)
  10. (en) Melissa Meinzer, « Animal Passions: The furries come to town — and our correspondent tails along », Pittsburgh City Paper,‎ 2006 (lire en ligne)
  11. (en) Padva, Gilad. Dreamboys, Meatmen and Werewolves: Visualizing Erotic Identities in All-Male Comic Strips. Sexualities 8:5 (2005). 587–99

Liens externes[modifier | modifier le code]