Familles de France

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Familles de France

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Fédération d'associations
reconnue d'utilité publique
But Service aux familles
Zone d’influence Drapeau : France France
Fondation
Fondation 1947
Identité
Siège Paris
Président Patrick Chrétien
Site web familles-de-france.org

Familles de France, association reconnue d'utilité publique, est la Fédération nationale des associations locales et régionales des associations familiales Familles de France. Elle est agréée comme association de consommateurs.

Cette confédération fait partie des huit mouvements familiaux nationaux « généralistes »[1], membres de l'Union nationale des associations familiales (UNAF).

Histoire[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Familles de France est créée le 29 juin 1947 et la première Assemblée Générale de Familles de France se tient à Paris les 15 et 16 novembre de la même année[2]. Le mouvement nait de la fusion de la « Fédération des familles nombreuses », de « La plus grande famille » et de la « Confédération générale des familles (Le Moulin Vert) »[3]. Familles de France souhaite rassembler en un grand mouvement les nombreuses associations de familles indépendantes, souvent créées sous l'Occupation pour répondre aux besoin matériels des familles[2].

En 2002, selon la journaliste Laurence de Charette, c'était la seconde association familiale française mais « la puissante association souffre de profondes divisions qui menacent aujourd'hui de la pousser à la scission »[4].

En 2013, la Fédération rassemble plus de 60 000 familles[FF 1].

Depuis 2011, Thierry Vidor est le directeur général de la Fédération.

Liste des présidents[modifier | modifier le code]

Dix présidents se sont succédé depuis la création du mouvement[2] :

  • juin 1947 - avril 1951 : Robert Facque ;
  • avril 1951 - février 1954 : Jean Nuyts ;
  • février 1954 - mars 1963 : Georges Bellut ;
  • mars 1963 - juin 1969 : Guy Houist ;
  • juin 1969 - mai 1976 : Jacques Faucon ;
  • mai 1976 - mai 1982 : André Morel ;
  • juin 1982 - juin 1986 : Serge Bellanger ;
  • juin 1986 - avril 2001 : Jacques Bichot ;
  • avril 2001 - juillet 2013 : Henri Joyeux ;
  • depuis juillet 2013 : Patrick Chrétien.

Défense des intérêts éthiques et matériels des familles[modifier | modifier le code]

Familles de France est organisée en 350 associations selon le modèle de l'association loi 1901. Ces associations sont implantées dans 80 départements[FF 1].

Représentativité des familles[modifier | modifier le code]

Familles de France, en tant qu'association familiale et membre du réseau UNAF, représente les familles dans de nombreuses instances[FF 2], notamment au Conseil économique, social et environnemental (CESE) en la personne d'Henri Joyeux[5], au Haut Conseil de la famille en la personne de Patrick Chrétien[6], au Conseil national de la consommation[7], à la Confédération des organisations familiales de l'Union européenne (Patrick Chrétien, suppléant)[8].

Défense des consommateurs et informations aux familles[modifier | modifier le code]

En tant qu'agréée organisation national de consommateurs, Familles de France propose des services aux familles dans plusieurs domaines : espaces de vie sociale, crèches et halte garderie, activités péri-scolaires, bibliothèques, conseil conjugal et familial, aide aux démarches administratives, aide à la gestion du budget, services à la personne, ateliers de cuisine, etc[FF 1]. Les services de Familles de France se résument en grandes catégories : droits des consommateurs, droits familiaux, accompagnements familiaux, prévention santé[FF 3]. Pour une meilleure défense des droits des consommateurs et des actions jointes, plusieurs agences ORGECO[FF 4] sont affiliées avec des associations Familles de France.

Chaque année, en août, Familles de France publie les résultats de son enquête « Coût de la rentrée scolaire pour un élève de 6e »[FF 5].

Développement durable[modifier | modifier le code]

En 2012, Familles de France lance une tournée de sensibilisation aux enjeux du développement durable : L'Odyssée des Familles, à la découverte du 6e continent. Le projet est parrainé par le ministère de l'écologie et du développement durable[FF 6].

Les associations locales proposent des actions familiales pour encourager les familles à adopter des comportements plus durables : randonnées familiales, semaine du développement durable, repas partagé, etc.[FF 1]

Prévention du suicide[modifier | modifier le code]

Le 31 janvier 2008, Familles de France a publié, pour la semaine de prévention du suicide en France, un livre sur le sujet[9].

Éducation[modifier | modifier le code]

Familles de France est agréée par l'Éducation nationale au titre d'association nationale éducative complémentaire à l'Enseignement public[FF 1].

En 2011, elle s'oppose à l'introduction d'un chapitre sur les études de genre dans le programme scolaire de sciences de la vie et de la Terre de première, qu'elle dénonce comme visant à « orienter les jeunes vers des expériences sexuelles diverses, considérant que le sexe social est plus important que le sexe biologique »[FF 7]. Dans un communiqué, elle déclare « Certains disent : il ne s'agit que d'études du genre pas d'une théorie, mais pourtant la théorie est bien présente. Elle est le fondement des réflexions actuelles dès que l'on évoque la place de l'homme et de la femme dans la société. [...] et voilà que ces théories s'incarnent maintenant dans des lois qui s'appliquent à tous les Français ! »[10]

Prises de position[modifier | modifier le code]

En 1999, elle s'oppose au Pacs[11]. Elle est accusée d'être opposée à la reconnaissance de l'homoparentalité[12]. Familles de France reconnaît l'existence des familles homoparentales, est favorable à l'instauration d'un contrat d'union civile entre deux personnes de même sexe et l'a soutenu lors des manifestations contre la loi Taubira en 2013. La Fédération reconnaît et protège le droit des enfants à avoir un père et une mère[FF 1].

En 1999, l'association a attaqué en justice le magazine Joystick, pour diffamation. Le magazine avait publié des accusations de racisme et de fascisme envers Familles de France, considérées comme étant diffamatoires par l'association. Joystick est condamné à 40 000 francs d'amende et 40 000 francs de dommages et intérêts au profit de Familles de France[13].

En 2007, l'association a attaqué en justice le jeu vidéo Second Life ainsi que les fournisseurs d'accès à internet français car, selon son avocat Maître Antoine Chéron, « de la scatologie, de la pornographie, des jeux d'argent, de la visualisation de contenus sensibles » y ont été constatés. D'autant qu'« il y a même des sex-shops, avec des pancartes « interdits aux moins de 18 ans », et on peut basculer dans le monde réel et rencontrer de vrais gens »[14]. L'association a été déboutée par le tribunal des référés du TGI de Paris en juillet 2007[15],[16].

En 2011, Familles de France met en garde contre les effets des drogues, les problèmes liés à l'addiction et établit des liens entre elles et les jeux vidéo[17].

Controverses[modifier | modifier le code]

Selon la journaliste Catherine Maussion, l'association est « spécialisée dans la défense de l'ordre moral »[14]. Alors que selon la journaliste Blandine Grosjean, l'association est « ultraconservatrice » et pratiquant un lobbying politique percutant[11]. Selon Fiammetta Venner, Familles de France est « toujours en accord avec les canons de l'intégrisme chrétien », elle la qualifie d'association intégriste[18]. Selon Lydie Garreau, les associations de « familles de France » seraient contrôlées par des ultramontains et dirigées par des proches de l'Opus Dei[19].

Les conférences de son ancien président Henri Joyeux, sur le sida ont été critiquées en 1994 par Act Up comme stigmatisant les homosexuels et les séropositifs[20]. Les publications d'Henri Joyeux sur l'éducation sexuelle ont été critiquées par Me Guy Nagel, pour leur morale considérée « rétrograde »[21], et leur image des femmes. Selon Marcela Iacub et Patrice Maniglier, il montre aussi une vision de la sexualité très marquée par la religion catholique et l'homophobie[22].

Publications de l'association[modifier | modifier le code]

  • Katarina de Vaucorbeil-Masalovitch, Aux origines du mouvement familial, in revue Familles de France, no 650 et 651, mars et avril 1997, p. 4-14 et p. 4-13. Brève histoire des associations familiales en trois parties : 1871-1914 : Les tribulations du Capitaine Maire 1918 à 1939 : Famille d’abord 1939 à 1945 : Les adhérents "pomme de terre". Le deuxième article concerne plus particulièrement la création de l’UNAF, la naissance de la Fédération des Familles de France et ses premières batailles, puis les grandes figures historiques des associations familiales.
  • Henri Joyeux, Jean Esptein et Philippe Vaur, préface du Dr Xavier Pommereau, Le suicide qui n'y a jamais pensé ? : des clefs pour comprendre, parler, prévenir, Éditions François-Xavier de Guibert, 2008.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Source Familles de France[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Rapport d'activité, Fédération nationale Familles de France, 2013.
  2. « Représentations » (consulté le 18 mars 2015).
  3. « Familles de France « Les services internet. » »,‎ non daté (consulté le 18 mars 2015).
  4. « Organisation Générale des Consommateurs »,‎ (consulté le 18 mars 2015).
  5. « coût de la rentrée scolaire pour un enfant entrant en 6ème »,‎ 1er août 2013 (consulté le 18 mars 2015).
  6. Plaquette du projet, [lire en ligne], 2012.]
  7. « Familles de France écrit au président de la République » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 25 juillet 2011, consulté le 3 mars 2012

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. « UNAF - Les membres de l'UNAF », sur le site de l'Union nationale des associations familiales (consulté le 18 mars 2015).
  2. a, b et c Katarina de Vaucorbeil, Historique du mouvement familial, Paris, Éd. FF,‎ .
  3. Mathias Gardet, Jean Viollet et l'apostolat laïc : les œuvres du Moulin-Vert, 1902-1956, Éditions Beauchesne, 2005.
  4. Laurence de Charette, Familles de France : un président contesté in Le Figaro, 2002.
  5. « Représentations », sur le site du Conseil économique, social et environnemental,‎ non daté (consulté le 18 mars 2015).
  6. « membres du HCF », sur le site du Haut Conseil de la famille,‎ non daté (consulté le 18 mars 2015).
  7. Collège des consommateurs et usagers, arrêté du 12 mai 2014, [lire en ligne].
  8. « Gouvernance », sur le site de la Confédération des organisations familiales de l'Union européenne,‎ (consulté le 18 mars 2015).
  9. Henri Joyeux, Jean Esptein et Philippe Vaur, préface du Dr Xavier Pommereau), Le suicide qui n'y a jamais pensé ? : des clefs pour comprendre, parler, prévenir, Éditions François-Xavier de Guibert, 2008.
  10. Georgina Dufoix, Comprendre la théorie du genre, 25 juin 2013, [lire en ligne].
  11. a et b Blandine Grosjean, « La famille anti-pacs se lifte pour la manif. Dimanche à Paris, «tenue décontractée» et tolérance exigées », sur le site du quotidien Libération,‎ (consulté le 18 mars 2015).
  12. Michel Chauvière, Le familialisme face à l'homoparentalité in Homoparentalités, état des lieux, [lire en ligne], 2005.
  13. Le Figaro, no 17267, mercredi 16 février 2000 : Bruno Lesouef, le directeur de la revue Joystick publiée par Hachette Disney Presse, a été condamné à Paris à 40 000 francs d'amende, pour avoir publié des accusations de racisme et de fascisme envers la Fédération des familles de France (FFF). Le jugement ajoute que M. Lesouef devra payer 40 000 francs de dommages-intérêts à la FFF. Ces accusations avaient été publiées dans le numéro d'avril 1999 de la revue consacrée aux jeux vidéo, sous le titre « Familles de France, la guère sainte », et il était signé « Ivan le fou ». FFF était critiquée pour avoir obtenu le retrait de la vente de certaines cassettes vidéo violentes.
  14. a et b Catherine Maussion, « Familles de France attaque Second Life », sur le site du quotidien Libération,‎ 1er juin 2007 (consulté le 18 mars 2015).
  15. Arnaud Devillard, « Second Life restera accessible aux internautes français », sur le site 01net.com de l'actualité informatique et des nouvelles technologies,‎ (consulté le 18 mars 2015).
  16. Étienne Wery, « Second Life sort indemne de son premier combat judiciaire en France », sur le site de la société belge SPRL Max & Zoé,‎ (consulté le 18 mars 2015).
  17. « MISSION D'INFORMATION SUR LES TOXICOMANIES, RAPPORT D'INFORMATION sur les toxicomanies, p. 151 », sur le site de l'Assemblée nationale,‎ (consulté le 18 mars 2015).
  18. Charlie Hebdo (no 670) du 20 avril 2005, Chronique de Fiammetta Venner « Familles de France. Les cathos intégristes invités à l'école » « Familles de France vient de recevoir l'« agrément national d'association éducative complémentaire de l'enseignement public. ». En clair cela signifie que cette association intégriste va pouvoir intervenir dans les écoles. Régulièrement consultée par l'Assemblée nationale sur les sujets autour des mœurs, Familles de France répond toujours en accord avec les canons de l'intégrisme chrétien »
  19. Lydie Garreau, Sexes, morales et politiques : Une reconnaissance progressive du plaisir sexuel (1956-2000), Éditions L'Harmattan, 2001. p. 240.
  20. Act Up-Paris, Sida, combien de divisions ?, éditions Dagorno, 1994.
  21. Me Guy Nagel, « Mariage : le sens change, le mot ne meurt pas », ProChoix no 50-51, mars 2010, p. 171-186.
  22. Marcela Iacub et Patrice Maniglier, Antimanuel d'éducation sexuelle, Éditions Bréal, 2005, p. 8-9.