El Buscón

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El Buscón
Image illustrative de l'article El Buscón

Auteur Francisco de Quevedo
Genre Roman picaresque, Satire
Pays d'origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Date de parution 1626

Historia de la vida del Buscón, llamado Don Pablos, ejemplo de vagamundos y espejo de tacaños, traduit en français sous le titre de El Buscón, la Vie de l'Aventurier Don Pablos de Ségovie, souvent désigné simplement comme El Buscón, est un roman picaresque de Francisco de Quevedo.

Il s'agit de l'unique roman de Quevedo ; il se situe dans la continuité de la picaresque désabusée lancée par le Lazarillo de Tormes.

L'œuvre est divisée en trois livres, chacun étant respectivement composé de sept, six et dix chapitres.

Résumé[modifier | modifier le code]

Datation[modifier | modifier le code]

Écrite entre 1603 et 1608, il s'agit d'une des premières œuvres de Francisco de Quevedo. Fernando Lázaro Carreter estime que la première version fut rédigée en 1603-1604, tandis que Francisco Rico indique 1605 ; tous deux jugent donc que El Buscón fut écrit par un Quevedo jeune, alors qu'il était encore étudiant, et qu'il constitue donc une démonstration du génie précoce de ce dernier. Face à ces opinions très diffusées, Américo Castro considère au contraire que sa rédaction se situe autour de 1620, et qu'il s'agit par là-même d'une œuvre de maturité de son auteur.

Il fut tout d'abord diffusé par le biais de copies manuscrites[1]. Deux versions ont vraisemblablement circulé : l'une primitive et une autre révisée, que Lázaro Carreter situe entre 1609 et 1614. La version la plus ancienne est attestée dans le manuscrit 303 bis (olim Artigas 101) conservé à la bibliothèque de Menéndez Pelayo à Santander. Le dit Manuscrito Bueno, nommé ainsi car il avait appartenu au bibliothécaire Juan José Bueno, est conservé à la bibliothèque de la fondation Lázaro Galdiano de Madrid.

La première édition du Buscón ne fut publiée qu'en 1626, à Saragosse et sans l'autorisation de l'auteur[2], bien que l'œuvre lui soit attribuée sans aucune ambigüité dans le sous-titre (« Por don Francisco de Quevedo Villegas, Cavallero de la orden de Santiago y Señor de Iuan Abad »). Elle se distingue des manuscrits par diverses corrections et la suppression de certains passages par la censure. Elle rencontra immédiatement un grand succès et fut rapidement traduite en d'autres langues. Entre 1626 et 1648 elle fut éditée à Barcelone, Valence, Saragosse, Rouen, Pampelune, Lisbonne et Madrid. Quevedo persista cependant à l'ignorer et ne l'inclut pas dans la liste de ses œuvres qu'il rédigea en 1640, probablement en raison de problèmes avec l'Inquisition.

Significations[modifier | modifier le code]

Les critiques retiennent avant tout le caractère humoristique du roman. À la différence d'autres récits picaresques antérieurs, Quevedo ne met pas en avant le fait que certains actes soient éthiquement condamnables et finissent toujours par récolter une punition, mais cherche plutôt, en premier lieu, à en faire rire. De nombreux méfaits du protagoniste Don Pablos restent d'ailleurs impunis. Il n'y a de digression moralisatrice qu'à la toute fin du roman : « qui ne fait que changer de lieu et pas de vie et de coutumes n'améliore jamais sa condition » (« nunca mejora su estado quien muda solamente de lugar y no de vida y costumbres »).

Cependant, une idée importante parcourt l'œuvre : celle de l'impossibilité d'ascension sociale. Pablos cherche à devenir un autre et l'affirme à différentes reprises ; il souhaite effacer ses origines sociales et familiales, ainsi qu'il le manifeste dans la lettre qu'il écrit à son oncle, le bourreau.

Il échoue dans toutes ses entreprises en ce sens. Lorsque le protagoniste ou l'un de ses pairs cherchent à se faire passer pour noble ou personne aisée, ils sont immédiatement punis. Domingo Ynduráin affirme que l'usurpation d'ordre social est le principal thème du roman : « L'ensemble de la trame est repose sur le fait qu'aucun roturier ne peut devenir un noble... L'intention et le sens sont burlesques ; la signification, non. »[3]

Depuis sa propre condition nobiliaire, l'auteur traite des vains efforts des classes sociales modestes pour améliorer leur condition. L'auteur ne s'identifie jamais avec le protagoniste et rejette ses vellétiés d'ascension. Il a, en définitive, une perspective « brutalement classiciste »[3].

Style[modifier | modifier le code]

Dans cette œuvre la satire est exagérée jusqu'à devenir une caricature sanglante.

Les lieux et personnages ne sont pas décrits d'une façon réaliste mais extrêmement grotesque, un trait caractéristique du Baroque. Tout est poussé à l'extrême : la saleté devient tout ce qu'il y a de plus répugnant, l'ironie devient un sarcasme brutal, le Dómine Cabra, l'un des personnages, n'est pas seulement pauvre et misérable, il est « archipauvre et protomiséreux » (« archipobre y protomiseria »).

Les personnages sont traités avec froideur, sans compassion ni sympathie. L'auteur les décrit avec la plus grande noirceur, en exagérant leurs difformités physiques et morale, à tel point qu'elles deviennent de pures caricatures.

Quevedo fait preuve d'une haute maîtrise de la langue, non seulement par son vocabulaire riche, mais aussi par son habilité à jouer avec et à créer de nombreux doubles sens alambiqués. Il utilise un style conceptiste soutenu, en contraste frappant avec le protagoniste, censé narrer ses mésaventures à la première personne. Les traits d'humour macabres, les grossièretés et les jeux de mots sont abondants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Historia de la vida del Buscón llamado Don Pablos par Realidad Literal
  2. (en) Summaries of Spanish Literature Books - Vida del Buscón llamado Pablos
  3. a et b Ynduráin, Domingo, Introducción” a La vida..., Madrid, Cátedra, 1985

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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