Deuxième Guerre du Shaba

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Deuxième Guerre du Shaba
Le Shaba
Le Shaba
Informations générales
Date 1978
Lieu Shaba, République démocratique du Congo
Issue Victoire zaïroise et troupes alliées
Belligérants
Flag of Zaire.svg Zaïre
Flag of France.svg France
Flag of Belgium.svg Belgique
Drapeau du Maroc Maroc
Front national de libération du Congo (FLNC)
Commandants
Mobutu Sese Seko Nathaniel Mbumba
Forces en présence
Inconnu Inconnu
Pertes
Inconnu Inconnu

La deuxième guerre du Shaba est une « guerre par procuration » qui se déroula en 1978 lorsque le FLNC, des séparatistes katangais, aidés par les gouvernements d'Angola et de Cuba, envahirent le Shaba (l'actuel Katanga) au Zaïre à partir de l'Angola oriental. Mobutu Sese Seko demanda l'assistance des forces militaires françaises et belges pour venir repousser l'invasion, comme à l'époque de la première guerre du Shaba un an plus tôt[1].

Le Front national de libération du Congo (FNLC) prit Kolwezi[2].

Les États-Unis supervisèrent les négociations entre les gouvernements angolais et zaïrois en vue d'un accord de paix et de l'arrêt du support aux rebellions respectives des deux pays. Le Zaïre interrompit momentanément son aide aux FLEC, FNLA, et UNITA et l'Angola retira son soutien aux séparatistes du Shaba[1].

Les États-Unis coopérèrent avec la France pour repousser les envahisseurs, ce qui fut la première coopération militaire entre les deux pays depuis la guerre du Viêt Nam[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Les forces du FLNC étaient concentrés à Caianda en Angola. Elles feront un détour pour s’infiltrer au départ de la Zambie, à 80 km de Kolwezi, transporté par des véhicules de l'armée cubaine.

Le 11 mai 1978, peu après minuit, de 3 000 à 4 000 rebelles du FNLC s’infiltrent en silence au Zaïre, venant de Zambie.

Organisée en 11 bataillons, chacun de 300 hommes, la force se divise en deux groupes. Un groupe d’environ 1 000 hommes se dirige vers Mutshatsha pour couper le chemin de fer.

Le deuxième groupe doit saisir la ville de Kolwezi et détruire les mines. L’infiltration est facilitée par des éléments katangais infiltrés dans la population.

Le Shaba est défendu par la Division Kamaniola, une division mal formée par les conseillers militaires de l'armée nord-coréenne, mal équipée et mal commandée. Le quartier-général de la 14 brigade et un bataillon se trouve à Kolwezi.

L'offensive commence le 13 mai à 05 h 30 par une attaque surprise de 1 000 hommes du FNLC sur l'aérodrome de Kolwezi. A 14 h 00, l’aérodrome est aux mains du FNLC qui détruit tout le matériel qui s’y trouve (1 hélicoptère Puma, deux Alouettes, six Aermacchi, deux Cessna)

A 17 h 50, le FNLC occupe l’aérodrome, la vieille ville de Kolwezi, l’hôpital de la Gecamines et l’école belge.

Six coopérants militaires français (équipages des hélicoptères) qui se trouvaient à l’hôtel Impala près de la poste sont exécutés.

Au départ, les troupes du FNLC bien disciplinées n’éprouvent aucune animosité envers les Européens, mais elles se livrent à des pillages.

A Kolwezi, le quartier général de la 14 brigade de la division Kamaniola est défendue par une grosse compagnie du 142e bataillon. Ce sera la débandade et la fuite. Il est pris le 15 mai.

La 31e brigade parachutiste, en constitution à Kinshasa, encadrée par les Français, prépare une intervention, mais le cadre français ne peut pas accompagner le 311e bataillon qui est mis en état d’alerte.

Les FAZ sont incapables de redresser la situation, Le FNLC prend Mutshasha le 15 mai ainsi que la sortie de Kolwezi vers Likasi et atteint la Lualaba. Kolwezi est encerclée.

Les troupes du FNLC changent alors de comportement, se livrent à des pillages et à des exactions sur les populations zaïroises et européennes à Kolwezi[3].

Bataille de Kolwezi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sauvetage de Kolwezi.

Six cents parachutistes du 2e REP de la Légion étrangère s'emparèrent de Kolwezi après une bataille de sept jours et repoussent l'agresseur.

Ils évacuèrent vers la Belgique 2 250 citoyens européens, mais les forces du FNLC massacrèrent selon une estimation basse 80 Européens et 200 Africains. Le FNLC exécuta notamment 34 civils européens qui s'étaient réfugiés dans une pièce. Le FNLC se retira en Zambie puis en Angola.

L'armée zaïroise en profita pour évacuer les civils se trouvant le long de la frontière d'une centaine de kilomètres entre l'Angola et le Shaba, avec ordre de tirer à vue[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b George, Edward. The Cuban Intervention in Angola, 1965-1991: From Che Guevara to Cuito Cuanavale, 2005. Page 136.
  2. a et b Widstrand, Carl Gösta, Timothy M. Shaw, and Douglas George Anglin. Canada, Scandinavia, and Southern Africa, 1978. Page 130.
  3. (fr) Kolwezi 1978: 30 ans déjà
  4. Inside Kolwezi: Toll of Terror, 5 juin 1978. TIME magazine

Liens externes[modifier | modifier le code]